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Cantique des cantiques 7

QUE verrez-vous dans la Sulamite, sinon des chœurs de musique dans un camp d’armée ? Que vos démarches sont belles, ô fille du prince ! par l’agrément de votre chaussure ! Les jointures de vos hanches sont comme des colliers travaillés par la main d’un excellent ouvrier.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que verras-tu. Suivant les uns, ce sont les paroles de l’Epoux qu’il s’adresse à lui-même ou qu’il adresse aux filles de Jérusalem, d’autant que l’hébreu et les Septante portent le pluriel que verrez-vous ; suivant les autres, c’est l’Epouse elle-même qui parle ; suivant d’autres enfin ce sont les filles de Jérusalem. ― Les chœurs des camps ; c’est-à-dire, probablement, les assemblées, les réunions dans les camps, l’armée. L’Epouse a été déjà comparée (voir Cantique, 6, 9) à une armée rangée en bataille.

Votre nombril est comme une coupe faite au tour, où il ne manque jamais de liqueur. Votre ventre est comme un monceau de froment, tout environne de lis.

Vos deux mamelles sont comme deux petits jumeaux de la femelle d’un chevreuil.

Votre cou est comme une tour d’ivoire. Vos yeux sont comme les piscines d’Hésébon, situées à la porte du plus grand concours des peuples. Votre nez est comme la tour du Liban, qui regarde vers Damas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tes yeux, etc. Les Hébreux donnaient aux fontaines le nom d’yeux ; c’est ce qui fait ici une des beautés de la comparaison. ― Hésébon, ville ancienne et célèbre au-delà du Jourdain. ― La fille ; c’est-à-dire, suivant le style des Hébreux, la ville. ― De la multitude ; du peuple. Ainsi la fille de la multitude signifie la ville où réside le peuple. ― Les piscines d’Hésébon sont mentionnées dans 2 Machabées, 12, 16, (?) qui nous apprend qu’elles étaient très grandes. ― A la porte de la fille de la multitude, en hébreu, à la porte de Bath-Rabim.

Votre tête est comme le mont Carmel ; et les cheveux de votre tête sont comme la pourpre du roi, liée et teinte deux fois dans les canaux des teinturiers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’auteur compare les rubans, les frisures et les autres ornements de la tête de l’Epouse au Carmel, montagne magnifique, fertile, chargée de vignes, d’arbres fruitiers, etc. ― Sicut purpura, etc. Anciennement on liait les tresses des cheveux avec des rubans de pourpre.

Que vous êtes belle et pleine de grâces, à vous qui êtes ma très-chère, et les délices de mon cœur !

Votre taille est semblable à un palmier, et vos mamelles à des grappes de raisin.

J’ai dit : Je monterai sur le palmier, et j’en cueillerai des fruits, et vos mamelles seront comme des grappes de raisin, et l’odeur de votre bouche comme celle des pommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je monterai sur un palmier, et j’en prendrai les fruits. Il y a des palmiers mâles et des palmiers femelles. Le fruit de ces derniers n’est bon qu’autant qu’il a été fécondé par le palmier mâle. « Le 21 mars, raconte Hasselquist dans son Voyage en Palestine, les fleurs d’un palmier femelle s’étaient ouvertes pendant la nuit. J’allai les voir le matin, pendant que la rosée tombait encore. Je trouvai le jardinier qui était monté sur ce palmier, aussi grand que nos plus grands sapins. Il avait pris avec lui un bouquer du palmier mâle et s’en servit pour en imprégner les fleurs écloses, s’assurant ainsi de bons fruits pour la récolte. »

Ce qui sort de votre gorge est comme un vin excellent. Il est digne d’être bu par mon bien-aimé, et longtemps goûté entre ses lèvres et ses dents.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Digne d’être bu, etc. ; littéralement digne de mon bien-aimé pour boire, et pour savourer, etc. : ce qui est une construction purement hébraïque.

Je suis à mon bien-aimé, et son cœur se tourne vers moi.

Venez, mon bien-aimé, sortons dans les champs, demeurons dans les villages.

Levons-nous dès le matin pour aller aux vignes : voyons si la vigne a fleuri ; si les fleurs produisent des fruits ; si les pommes de grenade sont en fleur : c’est là que je vous offrirai mes mamelles.

Les mandragores ont répandu leur odeur : nous avons toutes sortes de fruits à nos portes. Je vous ai gardé, ô mon bien-aimé ! les nouveaux et les anciens.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le terme hébreu, traduit dans la Vulgate par mandragores, a été rendu de bien de manières différentes par les interprètes. Celle de mandragores, qu’on lui donne assez généralement, ne nous paraît pas être la vraie, d’autant que la mandragore appartient à la famille des solanées, laquelle comprend les plantes qui ont une odeur désagréable, un aspect sombre. De plus, la mandragore est justement classée parmi les végétaux vénéneux. Le mot hébreu signifie, d’après sa racine, fleur d’amour ; mais on ne sait quelle est cette espèce de fleur.