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Cantique des cantiques 1
QU’IL me donne un baiser de sa bouche : car vos mamelles sont meilleures que le vin ;
elles ont l’odeur des parfums les plus précieux. Votre nom est comme une huile qu’on a répandue : c’est pourquoi les jeunes filles vous aiment.
Entraînez-moi après vous : nous courrons à l’odeur de vos parfums. Le Roi m’a fait entrer dans ses appartements secrets. C’est là que nous nous réjouirons en vous, et que nous serons ravis de joie, en nous souvenant que vos mamelles sont meilleures que le vin. Ceux qui ont le cœur droit vous aiment.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans ses celliers. Chez les anciens le cellier n’était pas une cave obscure, mais un lieu élevé de la maison où l’on mettait non seulement le vin, mais encore d’autres provisions et tout ce qu’on avait de plus précieux ; ce lieu était voisin de la chambre nuptiale. Homère nous apprend, en effet, que dans le palais d’Ulysse on conservait le vin et l’huile dans de grandes cruches rangées le long de la muraille dans un appartement d’en haut, où était aussi beaucoup d’or, d’argent et d’habits, outre le lit nuptial. Ainsi il n’est pas étonnant que l’Epouse dise plus d’une fois dans ce livre qu’elle a été introduite dans le cellier de l’Epoux.
Je suis noire, mais je suis belle, ô filles de Jérusalem ! je suis noire comme les tentes de Cédar, et belle comme les pavillons de Salomon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les tabernacles ou tentes de Cédar ; c’est-à-dire des Arabes cédaréniens ou Scénites, étaient de poils de chèvres, lesquelles sont presque toutes noires en ce pays. ― Les pavillons ou tentes ; littéralement les peaux ; parce que cette sorte d’habitations étaient anciennement faite avec des peaux ; mais disons que les voyageurs qui nous dépeignent les tentes des rois d’Orient, et celles de leur vizirs et de leurs généraux, ne parlent qu’avec admiration de leur beauté, de leur richesse et de leur magnificence.
Ne considérez pas que je suis devenue brune : car c’est le soleil qui m’a ôté ma couleur. Les enfants de ma mère se sont élevés contre moi : ils m’ont mise dans les vignes pour les garder, et je n’ai pas gardé ma propre vigne.
O vous qui êtes le bien-aimé de mon âme ! apprenez-moi où vous menez paître votre troupeau, où vous vous reposez à midi ; de peur que je ne m’égare en suivant les troupeaux de vos compagnons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Où tu te reposes à midi. Les bergers se retirent à l’ombre ou sous un abri pendant les heures les plus chaudes du milieu du jour.
Si vous ne le savez pas, ô vous qui êtes la plus belle d’entre les femmes ! sortez, suivez les traces des troupeaux, et menez paître vos chevreaux près des tentes des pasteurs.
O vous qui êtes ma bien-aimée ! je vous compare à la beauté de mes cavales attachées aux chars de Pharaon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A mes coursiers, etc. C’était sans doute l’attelage dont Pharaon, roi d’Egypte, son beau-père, lui avait fait présent.
Vos joues ont la beauté de la tourterelle ; votre cou est comme de riches colliers.
Nous vous ferons des chaînes d’or, marquetées d’argent.
Pendant que le Roi se reposait, le nard dont j’étais parfumée a répandu sa bonne odeur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon nard. Voir Marc, note 14.3.
Mon bien-aimé est pour moi comme un bouquet de myrrhe qui demeurera entre mes mamelles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les femmes dans l’Orient portaient sur elles des bouquets de myrrhe. Voir Exode, note 30.23.
Mon bien-aimé est pour moi comme une grappe de raisin de cypre dans les vignes d’Engaddi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cypre ; c’est le nom d’un arbrisseau, ayant la feuille semblable à celle de l’olivier, la fleur blanche et odorante, et les fruits pendants en grappes d’une odeur fort agréable. On en cueillait à Engaddi, ville située non loin de Jéricho, et devenue célèbre par l’abondance de ses palmiers, de ses vignes et de ses bananiers. ― « Le cypre ou chypre, en hébreu cophér, est l’arbuste nommé par les Arabes henna ou henné (Lawsonia inermis) dont les feuilles étaient employées par les Egyptiennes pour se teindre les mains et les pieds et parfois les cheveux. Les Juives adoptèrent cette mode qui se répandit ensuite dans tout l’Orient. Cet arbuste porte de charmantes fleurs d’un jaune d’or rassemblées en grappe sur des tiges dont le vif incarnat contraste agréablement avec la fraîche verdure des feuilles. Ces fleurs étaient fort estimées, pour leur suave odeur, par les femmes israélites ; elles en faisaient des bouquets qu’elles portaient dans leur sein et des couronnes dont elles ornaient leur tête. » (E. RIMMEL.)
Oh ! que vous êtes belle, ma bien-aimée ! oh ! que vous êtes belle ! Vos yeux sont comme les yeux des colombes.
Que vous êtes beau, mon bien-aimé ! que vous avez de grâces et de charmes ! Notre lit est couvert de fleurs ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le changement subit de personne est un des idiotismes de la langue biblique. ― Des mamelles sont donnés à l’époux, parce que Dieu aime son peuple comme une mère (voir Isaïe, 66, 13) et qu’il le porte dans son sein (voir Isaïe, 46, 3), ou parce que la doctrine divine est appelée un lait spirituel dont les enfants de Dieu se nourrissent (voir 1 Pierre, 2, 2).