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Ecclésiaste 7
QU’EST-IL nécessaire à un homme de rechercher ce qui est au-dessus de lui, lui qui ignore ce qui lui est avantageux en sa vie pendant les jours qu’il est étranger sur la terre, et durant le temps qui passe comme l’ombre ? Ou qui pourra lui découvrir ce qui doit être après lui sous le soleil ?
La bonne réputation vaut mieux que les parfums précieux, et le jour de la mort que celui de la naissance.
Il vaut mieux aller à une maison de deuil qu’à une maison de festin : car dans celle-là on est averti de la fin de tous les hommes, et celui qui est vivant pense à ce qui doit lui arriver un jour.
La colère vaut mieux que le ris ; parce que le cœur de celui qui pèche est corrige par la tristesse qui paraît sur le visage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mieux vaut la colère ; c’est-à-dire le ton sévère, d’un homme juste, par exemple, que le rire ou l’approbation du méchant, parce qu’en effet le regard sévère du premier et la tristesse de son visage peuvent faire sur le pécheur une impression salutaire, et le porter à se corriger.
Le cœur des sages est où se trouve la tristesse, et le cœur des insensés où la joie se trouve.
Il vaut mieux être repris par un homme sage, que d’être séduit par les flatteries des insensés :
car le ris de l’insensé est comme le bruit que font les épines, lorsqu’elles brûlent sous un pot ; mais cela même est une vanité.
La calomnie trouble le sage, et elle abattra la fermeté de son cœur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’oppression (calumnia). Voir Proverbes, 14, 31.
La fin d’un discours vaut mieux que le commencement ; l’homme patient vaut mieux qu’un présomptueux.
Ne soyez point prompt à vous mettre en colère ; parce que la colère repose dans le sein de l’insensé.
Ne dites point : D’où vient que les premiers temps ont été meilleurs que ceux d’aujourd’hui ? Car cette demande n’est pas sage.
La sagesse est plus utile avec les richesses, et elle sert davantage à ceux qui voient le soleil.
Car comme la sagesse protège, l’argent protège aussi ; mais la science et la sagesse ont cela de plus, qu’elles donnent la vie à celui qui les possède.
Considérez les œuvres de Dieu, et que nul ne peut corriger celui qu’il méprise.
Jouissez des biens au jour heureux, et tenez-vous prêt pour le mauvais jour : car Dieu a fait l’un comme l’autre, sans que l’homme ait aucun juste sujet de se plaindre de lui.
J’ai vu encore ceci pendant les jours de ma vanité : Le juste périt dans sa justice, et le méchant vit longtemps dans sa malice.
Ne soyez pas trop juste, et ne soyez pas plus sage qu’il n’est nécessaire, de peur que vous n’en deveniez stupide.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A l’excès ; c’est le sens qu’a ici, comme dans bien d’autres passages, le multum de la Vulgate. D’ailleurs le contexte, dans ce verset, suffirait seul pour le justifier.
Ne vous affermissez pas dans les actions criminelles, et ne devenez pas insensé, de peur que vous ne mouriez avant votre temps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
N’agis pas, etc. Si le sage conseille, comme on vient de le voir, de ne pas excéder dans la justice et la sagesse, à plus forte raison fera-t-il la même recommandation, quand il s’agira du mal et de l’impiété. Ainsi, en défendant d’être trop impie, il ne permet pas pour cela de l’être un peu ; il veut dire seulement que puisque la vie de l’homme ne peut être sans défaut et sans péché, il faut au moins éviter les grands désordres, les chutes trop fréquentes, les mauvaises habitudes. ― Qui n’est pas le tien ; prématuré, avant ton temps.
Il est bon que vous souteniez le juste ; mais ne retirez pas aussi votre main de celui qui ne l’est pas : car celui qui craint Dieu, ne néglige rien.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De celui-là ; c’est-à-dire de l’impie, nommé au verset 16. ― Ne néglige rien ; aucune occasion de faire le bien.
La sagesse rend le sage plus fort que dix princes d’une ville.
Car il n’y a point d’homme juste sur la terre qui fasse le bien et ne pèche point.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 8, 46 ; 2 Paralipomènes, 6, 36 ; Proverbes, 20, 9 ; 1 Jean, 1, 8.
Que votre cœur ne se rende point attentif à toutes les paroles qui se disent ; de peur que vous n’entendiez votre serviteur parler mal de vous :
car vous savez en votre conscience que vous avez vous-même souvent parlé mal des autres.
J’ai tenté tout pour acquérir la sagesse. J’ai dit en moi-même, Je deviendrai sage ; et la sagesse s’est retirée loin de moi,
encore beaucoup plus qu’elle n’était auparavant. O combien est grande sa profondeur ! et qui pourra la sonder ?
Mon esprit a porté sa lumière sur toutes choses, pour savoir, pour considérer, pour chercher la sagesse et les raisons de tout, et pour connaître la malice des insensés, et l’erreur des imprudents :
et j’ai reconnu que la femme est plus amère que la mort, qu’elle est le filet des chasseurs, que son cœur est un rets, et que ses mains sont des chaînes. Celui qui est agréable à Dieu, se sauvera d’elle ; mais le pécheur s’y trouvera pris.
Voici ce que j’ai trouvé, dit l’Ecclésiaste, après avoir comparé une chose avec une autre pour trouver une raison,
que mon âme cherche encore sans l’avoir pu découvrir : Entre mille hommes j’en ai trouvé un ; mais de toutes les femmes je n’en ai pas trouvé une seule.
Ce que j’ai trouvé seulement, est que Dieu a créé l’homme droit et juste, et qu’il s’est lui-même embarrassé dans une infinité de questions. Qui est semblable au sage ? et qui connaît l’éclaircissement de cette parole ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui est tel que le sage ? qui est semblable au sage ? ― Qui connaît, etc. ; qui est assez éclairé pour comprendre ce qui vient d’être dit, et pouvoir donner la solution complète des grandes questions relatives à la condition présente des hommes, au penchant qui les entraîne au mal, à leur aveuglement et à leur état de misère ? ― Dans le texte hébreu, les mots : Qui est… parole, forment el commencement du chapitre 8, et le sens de ce texte paraît être : Qui sait l’explication des choses ? D’autant que l’hébreu dâbâr signifie chose aussi bien que parole (la Vulgate elle-même l’a rendu, voir Ecclésiaste, 8, 3, par opus), et qu’il s’emploie souvent pour le pluriel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 22, 1.