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Ecclésiaste 1

LES paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, et roi de Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le prologue, chapitre 1, versets 2 à 11, expose le sujet du livre. Il commence par une sentence qui le résume tout entier : Vanité des vanités et tout est vanité, voir Ecclésiaste, 1, 2. Cette sentence est répétée au commencement de l’épilogue. Une sentence termine aussi le prologue : Il n’est pas mémoire des choses antérieures, voir Ecclésiaste, 1, 11, de même que l’épilogue : Quant à toutes les choses qui se font, Dieu les appellera en jugement, voir Ecclésiaste, 12, 14 ; mais elle est fort différente dans les deux cas, parce que la conclusion nous fait connaître la sanction divine de la vie, tandis que le prologue ne nous fait connaître que la vanité de la vie considérée en elle-même, indépendamment de Dieu. Tout en elle est changement et oubli. C’est cette peinture des misères de la vie qui donne au livre de l’Ecclésiaste un charme douloureux auquel personne ne peut se soustraire.

Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste ; vanité des vanités, et tout n’est que vanité.

Que retire l’homme de tout le travail qui l’occupe sous le soleil ?

Une race passe, et une autre lui succède ; mais la terre demeure toujours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour toujours (in æternum) ne signifie pas éternellement. L’auteur veut dire simplement que tout dans ce monde paraît, passe et disparaît, tandis que la terre est stable, et, par sa stabilité, plus à l’abri que les autres êtres de perpétuelles révolutions. Ainsi il est évident que l’auteur n’enseigne pas l’éternité du monde, comme l’ont prétendu les incrédules.

Le soleil se lève et se couche, et il retourne d’où il était parti ; et renaissant du même lieu,

il prend son cours vers le midi, et revient vers le nord. Le souffle du vent tournoie de toutes parts, et il revient sur lui-même par de longs circuits.

Tous les fleuves entrent dans la mer, et la mer n’en regorge point. Les fleuves retournent au même lieu d’où ils étaient sortis, pour couler encore.

Toutes les choses du monde sont difficiles, l’homme ne peut les expliquer par ses paroles. L’œil ne se rassasie point de voir, et l’oreille ne se lasse point d’écouter.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il n’y a pas de scepticisme dans ce verset ; nous y apprenons seulement que l’homme ne peut prétendre à approfondir et à expliquer entièrement les choses de ce monde, à cause des bornes trop étroites de son esprit.

Qu’est-ce qui a été autrefois ? c’est ce qui doit être à l’avenir. Qu’est-ce qui s’est fait ? c’est ce qui se doit faire encore.

Rien n’est nouveau sous le soleil ; et nul ne peut dire, Voilà une chose nouvelle : car elle a été déjà dans les siècles qui se sont passés avant nous.

On ne se souvient plus de ce qui a précédé ; et de même les choses qui doivent arriver après nous, seront oubliées de ceux qui viendront ensuite.

Moi, l’Ecclésiaste, j’ai été roi d’Israël dans Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec ce verset commence la 1re section, du chapitre 1, verset 12, au chapitre 2. Elle montre quelle est la vanité de la vie, en traçant le tableau de la vanité de la sagesse humaine, voir Ecclésiaste, 1, 12-18, et celui de la jouissance des plaisirs et des bien terrestres, voir Ecclésiaste, 2, 1-11, alors même qu’on cherche à n’en jouir qu’avec modération, voir Ecclésiaste, 2, 12-26. Ainsi la sagesse, la science et le plaisir, qui paraissent les plus grands biens de l’homme sur la terre, ne sont que vanité. Cette 1re section a généralement la forme d’une confession de Salomon ; il raconte les expériences qu’il a faites pour trouver le bonheur sans tenir compte de Dieu.

Je résolus en moi-même de rechercher et d’examiner avec sagesse tout ce qui se passe sous le soleil : Dieu a donné aux enfants des hommes cette fâcheuse occupation qui les exerce pendant leur vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les fils de l’homme ou des hommes, se met souvent dans la Bible pour les hommes mêmes, les humains.

J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil, et j’ai trouvé que tout était vanité et affliction d’esprit.

Les âmes perverties se corrigent difficilement, et le nombre des insensés est infini.

J’ai dit dans mon cœur : Je suis devenu grand, et j’ai surpassé en sagesse tous ceux qui ont été avant moi dans Jérusalem ; mon esprit a contemplé les choses avec une grande sagesse, et j’ai beaucoup appris.

J’ai appliqué mon cœur pour connaître la prudence et la science, les erreurs et l’imprudence ; et j’ai reconnu qu’en cela mime il y avait bien de la peine et de l’affliction d’esprit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La doctrine ; c’est-à-dire la science, les connaissances.

parce qu’une grande sagesse est accompagnée d’une grande indignation, et que plus on a de science, plus on a de peine.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans une grande sagesse, etc. Plus quelqu’un acquiert de sagesse, dit saint Jérôme en expliquant ce passage, et plus il s’indigne de se voir exposé aux vices et éloigné des vertus qu’elle demande.