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Proverbes 6
MON fils, si vous avez répondu pour votre ami, et que vous ayez engagé votre foi et votre main à un étranger,
vous vous êtes mis dans le filet par votre propre bouche, et vous vous trouvez pris par vos paroles.
Faites donc ce que je vous dis, mon fils, et délivrez-vous vous-même : parce que vous êtes tombé entre les mains de votre prochain. Courez de tous côtés ; hâtez-vous, et réveillez votre ami.
Ne laissez point aller vos yeux au sommeil, et que vos paupières ne s’assoupissent point.
Sauvez-vous comme un daim qui échappe de la main, et comme un oiseau qui fuit d’entre les mains de l’oiseleur.
Allez à la fourmi, paresseux, considérez sa conduite, et apprenez à devenir sage :
puisque n’ayant ni chef, ni maître, ni prince,
elle fait néanmoins sa provision durant l’été, et amasse pendant la moisson de quoi se nourrir.
Commentaire (versets 6 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 6 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Ce que le Sage dit de la fourmi, voir Proverbes, 6, 6-8 et 30, 25, a donné lieu à des objections. D’après les Proverbes, les fourmis font des provisions au temps de la moisson. C’est ce qu’on a cru, en effet, partout jusqu’au siècle dernier, et ce que nous lisons dans les fables de La Fontaine ; mais, dit-on, en réalité, la fourmi est carnivore ; elle vit d’insectes et de pucerons, qu’elle élève pour les traire et se nourrir de leur lait ; en fait de matières non animales, elle n’aime que celles qui sont sucrées. Pendant l’hiver, en Occident, elle ne mange pas ; elle s’engourdit, et se réveille au même degré de température que les pucerons dont elle se nourrit. ― De tout cela, on ne peut rien conclure contre l’inspiration de l’auteur sacré. Salomon propose surtout, et à bon droit, les fourmis comme un modèle d’activité. « On a célébré avec raison, dit Latreille, la prévoyance de ces insectes et leur amour insatiable pour leur travail. » Quant à leur approvisionnements, un savant naturaliste anglais, sir John Lubbock, l’un des derniers qui aient étudié leurs mœurs, dit à leur sujet : « Nos fourmis anglaises ne font pas de provisions pour l’hiver ; leur genre de nourriture ne le permet pas ; mais quelques espèces des pays méridionaux font des amas de grain, quelquefois en quantité considérable. » Le Dr Lortet dit expressément que les fourmis de Syrie ramassent dans leurs greniers « une quantité de blé souvent très considérable. » ― Et il ajoute : « Des milliers de travailleurs sont activement occupés à chercher des grains de blés tombés sur le sol et à les rentrer dans leurs vastes greniers souterrains. Les greniers de ces fourmilières, très vastes, très profonds, forment plusieurs étages réunis par des galeries superposées les unes aux autres… Lorsque la moisson n’est pas abondante, les fellahs ont toujours la précaution d’aller reprendre à ces laborieux insectes les provisions qu’ils ont faites pour la saison d’hiver. »
Jusques à quand dormirez-vous, paresseux ? quand vous réveillerez-vous de votre sommeil ?
Vous dormirez un peu, vous sommeillerez un peu, vous mettrez un peu les mains l’une dans l’autre pour vous reposer :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 24, 33. ― Tu dormiras, etc. C’est une imitation des gestes d’un paresseux, ou une concession, en sorte que le sens soit : Dors donc, etc. ; ou bien enfin, c’est une prosopopée du paresseux qui dit, lorsqu’on l’éveille : Laissez-moi dormir encore un peu, etc. ― Ce tableau de la paresse du dormeur est complet dans sa brièveté : il y a une gradation bien marquée : au sommeil succède l’assoupissement ; puis, avant de se décider à se lever, le paresseux étire longtemps les bras.
et l’indigence viendra vous surprendre comme un homme qui marche à grands pas, et la pauvreté se saisira de vous comme un homme armé. Si vous êtes diligent, votre moisson sera comme une source abondante, et l’indigence fuira loin de vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un coureur de chemins (viator), qui tombe inopinément sur les passants. Comparer à Proverbes, 24, 34. ― Un homme armé ; auquel on ne peut résister.
L’homme apostat est un homme qui n’est bon à rien ; ses actions démentent sa bouche.
Il fait des signes des yeux, il frappe du pied, il parle avec les doigts.
Il médite le mal dans la corruption de son cœur, et il sème des querelles en tout temps.
Sa ruine viendra fondre sur lui en un moment ; il sera brisé tout d’un coup, et sa perte sera sans ressource.
Commentaire (versets 12 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 12 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Contre la fourberie.
Il y a six choses que le Seigneur hait, et son âme déteste la septième :
Les yeux altiers, la langue amie du mensonge, les mains qui répandent le sang innocent,
le cœur qui forme de noirs desseins, les pieds légers pour courir au mal,
le témoin trompeur qui assure des mensonges, et celui qui sème des dissensions entre les frères.
Commentaire (versets 16 à 19) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 16 à 19 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Les sept vices que Dieu déteste.
Observez, mon fils, les préceptes de votre père, et n’abandonnez point la loi de votre mère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Conserve, mon fils. Commencement de la troisième subdivision de la première partie qui s’étend jusqu’au chapitre 9 inclusivement. Le discours du Sage croît graduellement en force et en grandeur, et il s’élève jusqu’à la plus haute poésie pour faire l’éloge de la sagesse incréée.
Tenez-les sans cesse liés à votre cœur, et attachez-les autour de votre cou.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lie-les ; allusion à ce que dit Moïse dans Deutéronome, 6, 6-8. Comparer à Proverbes, 7, 3.
Lorsque vous marchez, qu’ils vous accompagnent ; lorsque vous dormez, qu’ils vous gardent ; et en vous réveillant, entretenez-vous avec eux :
parce que le commandement est une lampe ; la loi est une lumière ; et la réprimande qui retient dans la discipline, est la voie de la vie :
afin qu’ils vous défendent de la femme corrompue, et de la langue flatteuse de l’étrangère.
Que votre cœur ne conçoive point de passion pour sa beauté, et ne vous laissez pas surprendre aux regards de ses yeux :
car le prix de la courtisane est à peine d’un pain seul ; mais la femme mariée tend à vous ravir ce que vous avez de plus précieux, qui est l’âme.
Un homme peut-il cacher le feu dans son sein, sans que ses vêtements en soient consumés ?
Ou peut-il marcher sur les charbons, sans se brûler la plante des pieds ?
Ainsi celui qui s’approche de la femme de son prochain, ne sera pas pur lorsqu’il l’aura touchée.
Ce n’est pas une grande faute, qu’un homme dérobe pour avoir de quoi manger, lorsqu’il est pressé de la faim.
S’il est pris, il rendra sept fois autant, et il donnera tout ce qu’il a dans sa maison.
Mais celui qui est adultère perdra son âme par la folie de son cœur.
Il s’attire de plus en plus l’opprobre et l’ignominie, et son opprobre ne s’effacera jamais.
Car la jalousie et la fureur du mari ne pardonnera point au jour de la vengeance :
il ne se rendra aux prières de personne ; et il ne recevra point pour satisfaction tous les présents qu’on pourra lui faire.
Commentaire (versets 24 à 35) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 24 à 35 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Sur la chasteté. Après une exhortation générale à suivre ses avis paternels (versets 20 à 23), le Sage exhorte à fuir l’impureté (versets 24 à 35).
Commentaire (versets 1 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Il ne faut pas engager témérairement sa parole en se portant caution. De la main. Toutes les versions anciennes autres que la Vulgate traduisent : Des filets, au lieu de la main.