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Proverbes 25

LES paraboles suivantes sont aussi de Salomon ; et elles ont été transportées dans ce recueil par les serviteurs d’Ezéchias, roi de Juda.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les hommes d’Ezéchias ; ce sont sans doute les personnages du temps de ce roi, les plus distingués par leur sagesse et leur savoir, tels qu’Isaïe, Eliacin, Joahé, Sobna.

La gloire de Dieu est de cacher sa parole et ses desseins, et la gloire des rois est de découvrir la parole ou les desseins des hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La parole ; c’est-à-dire sa parole, qu’il est de sa gloire de nous cacher sous de voiles mystérieux, tandis qu’il est de la gloire des rois d’étudier cette même parole divine (investigare sermonem), et de rechercher à la bien connaître, pour en faire la règle de leur conduite.

Le ciel dans sa hauteur, la terre dans sa profondeur, et le cœur des rois, est impénétrable.

Otez la rouille de l’argent, et il s’en formera un vase très-pur.

Otez l’impiété de devant le roi, et son trône s’affermira par la justice.

Ne vous élevez point en honneur devant le roi, et ne vous tenez point au rang des grands.

Car il vaut mieux qu’on vous dise, Montez ici ; que d’être humilié devant le prince.

Ne découvrez pas sitôt dans une querelle ce que vous avez vu de vos propres yeux ; de peur qu’après avoir ôté l’honneur à votre ami, vous ne puissiez plus le réparer.

Traitez de votre affaire avec votre ami, et ne découvrez point votre secret à un étranger ;

de peur que l’ayant appris il ne vous insulte, et qu’il ne vous le reproche sans cesse. La grâce et l’amitié délivrent : conservez-les avec soin ; de peur que vous ne tombiez dans le mépris.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La faveur… répréhensible. Ce passage, qui manque dans l’hébreu, se trouve dans les Septante, mais avec quelques différences.

La parole dite en son temps est comme des pommes d’or sur un lit d’argent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des pommes d’or, etc. Ces pommes, fixées sur les colonnes du lit, ou suspendues, ou attachées au lit même, étaient un ornement aussi beau que précieux.

La réprimande faite au sage et à l’oreille obéissante, est comme un pendant d’oreille d’or avec une perle brillante.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

C’est un pendant d’oreille, etc. ; comparaison analogue à la précédente, et que l’on retrouve fréquemment dans les auteurs arabes.

L’ambassadeur fidèle est à celui qui l’a envoyé, ce qu’est la fraîcheur de la neige pendant la moisson : il donne le repos à l’âme de son maître.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La fraîcheur de la neige. A l’époque de la moisson, c’est-à-dire vers le mois de juin et de juillet, les chaleurs étant très grandes dans la Judée, les Hébreux se servaient de neige pour rafraîchir les boissons. Le Liban leur en fournissait en abondance. Le même usage existait chez les Grecs et les Latins.

Celui qui se vante et qui ne tient point ses promesses, est comme le vent et les nuées qui ne sont point suivies de la pluie.

Le prince se laisse fléchir par la patience, et la langue douce rompt ce qu’il y a de plus dur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 15, 1. ― La dureté ; hébraïsme, pour ce qu’il y a de plus dur.

Avez-vous trouvé du miel ? mangez-en ce qui vous suffit ; de peur qu’en ayant pris avec excès vous ne le rejetiez.

Retirez insensiblement votre pied de la maison de votre prochain ; de peur qu’étant dégoûté de vous il ne vous haïsse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Eloigne, etc. ; ne fréquente pas trop la maison. ― De ton prochain ; suivant l’hébreu et les Septante, de ton ami.

Celui qui porte un faux témoignage contre son prochain, est un dard, une épée et une flèche perçante.

Espérer en un ami infidèle au jour de l'affliction, c’est faire fond sur une dent pourrie et sur un pied lassé ;

et c’est se trouver sans manteau dans le plus grand froid. Les cantiques que l’on chante devant celui dont le cœur est corrompu, sont comme le vinaigre qu’on met dans le nitre. Comme le ver mange le vêtement, et la pourriture le bois ; ainsi la tristesse de l’homme lui ronge le cœur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il met du vinaigre dans, etc. ; littéralement : Du vinaigre dans, etc. ― A un cœur très mauvais (cordi pessimo) ; le terme hébreu signifie aussi malade, affligé ; et c’est dans ce sens que les Septante l’ont rendu. Quant à l’ensemble du verset, les uns l’expliquent ainsi : De même que le vinaigre mêlé avec le nitre dissout le sel et augmente sa force détersive, en ôtant davantage les taches du visage, etc., de même aussi le chant des cantiques dissipe le chagrin et la mélancolie d’un cœur triste ; les autres, au contraire, l’interprètent de cette manière : De même que le vinaigre, quand on le mêle avec le nitre, altère sa vertu d’enlever les taches, de même aussi le chant des cantiques, loin de calmer les douleurs d’un cœur affligé, ne fait que l’aigrir et l’augmenter. Les comparaisons précédentes, dont celle-ci paraît être une suite, donnent beaucoup de poids à cette dernière interprétation. ― Comme la teigne… cœur. Ce passage est dans les Septante, mais non pas dans l’hébreu. ― Dans le nitre. Le nitre servait de savon aux anciens. « On lave les vêtements, dit Aristote, avec de l’eau et du nitre. Mais si l’on verse du vinaigre sur le nitre, il se fond et est perdu. » Il exhale de plus une mauvaise odeur.

Si votre ennemi a faim, donnez-lui à manger ; s’il a soif, donnez-lui de l’eau à boire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 12, 20.

Car vous amasserez ainsi sur sa tête des charbons de feu, et le Seigneur vous le rendra.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Car tu amasseras, etc. Voir, sur le sens de ce verset, cité par saint Paul, Romains, 12, 20.

Le vent d’aquilon dissipe la pluie, et le visage triste la langue médisante.

Il vaut mieux se retirer en un coin sur le haut de la maison, que de demeurer avec une femme querelleuse dans une maison commune.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mieux vaut, etc. Voir Proverbes, 21, 9.

Une bonne nouvelle qui vient d’un pays éloigné, est comme de l’eau fraîche à celui qui a soif.

Le juste qui tombe devant le méchant, est comme une fontaine qu’on a troublée avec le pied, et une source qu’on a corrompue.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une source ; littéralement veine (vena). Comparer à Proverbes, 5, 18.

Le miel n’est pas bon à celui qui en mange beaucoup ; et celui qui veut sonder la majesté, sera accablé de sa gloire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 3, 22. ― Comme manger, etc. Le miel est agréable au goût, mais celui qui en mange trop s’en trouve mal. Pareillement, il est très agréable de se livrer à l’étude des choses divines, mais il n’est pas permis à notre intelligence bornée de vouloir, par curiosité et par présomption, scruter la majesté du Très-Haut. Si nous avons la témérité de le faire, nous serons éblouis par l’éclat même de cette majesté, accablés du poids de sa gloire, et nous nous perdrons dans les profondeurs de ses secrets.

Celui qui ne peut retenir son esprit en parlant, est comme une ville toute ouverte qui n’est point environnée de murailles.