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Proverbes 16

C’EST à l’homme à préparer son âme, et au Seigneur à gouverner la langue.

Toutes les voies de l’homme sont exposées à ses yeux ; mais le Seigneur pèse les esprits.

Exposez vos œuvres au Seigneur ; et il fera réussir vos pensées.

Commentaire (versets 1 à 3) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 3 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Les chapitres 16 à 22, verset 16, sont principalement une exhortation à la crainte de Dieu et à l’obéissance. Le chapitre 16 exhorte à la confiance en Dieu, parce qu’il est l’ordonnateur et le régulateur du monde. Les trois premiers versets nous montrent Dieu comme le maître de toutes choses en général.

Le Seigneur a tout fait pour lui, et le méchant même pour le jour mauvais.

Tout homme insolent est en abomination au Seigneur ; et lors même qu’il a les mains l’une dans l’autre, il n’est point innocent. Le commencement de la bonne voie est de faire la justice ; et elle est plus agréable à Dieu que l’immolation des hosties.

L’iniquité se rachète par la miséricorde et la vérité ; et on évite le mal par la crainte du Seigneur.

Lorsque Dieu agréera les voies de l’homme, il réduira à la paix ses ennemis mêmes.

Peu avec la justice vaut mieux que de grands biens avec l’iniquité.

Le cœur de l’homme prépare sa voie ; mais c’est au Seigneur à conduire ses pas.

Commentaire (versets 4 à 9) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 4 à 9 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Sagesse de la Providence divine dans la récompense donnée aux bons et dans les punitions infligées aux méchants.

Les lèvres du roi sont comme un oracle ; sa bouche ne se trompera point dans les jugements.

Les jugements du Seigneur sont pesés à la balance, et toutes ses œuvres ont leur mesure et leur poids.

Ceux qui agissent injustement, sont abominables au roi ; parce que la justice est l’affermissement du trône.

Les lèvres justes sont les délices des rois ; celui qui parle dans l’équité sera aimé d’eux.

La colère du roi est un avant-coureur de mort, et l’homme sage l’apaisera.

Le regard favorable du roi donne la vie, et sa clémence est comme les pluies de l’arrière-saison.

Commentaire (versets 10 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 10 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Les rois considérés comme médiateurs ou instruments de la Providence. Comme la pluie, etc. Voir Job, 29, 23.

Possédez la sagesse, parce qu’elle est meilleure que l’or ; et acquérez la prudence, parce qu’elle est plus précieuse que l’argent.

Le sentier des justes s’écarte des maux ; celui qui garde son âme, se tient dans sa voie.

L’orgueil précède la ruine de l’âme, et l’esprit s’élève avant la chute.

Il vaut mieux être humilié avec les humbles, que de partager les dépouilles avec les superbes.

Celui qui est habile dans les choses qu’il entreprend, y réussira ; et celui qui espère au Seigneur, sera vraiment heureux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un homme habile dans la parole. C’est le sens exact et rigoureux de la Vulgate ; mais, comme le terme hébreu rendu dans cette version par parole (verbo), signifie aussi chose, affaire, et qu’il a été traduit dans les Septante par choses, affaires, bien des traducteurs lui ont donné ce dernier sens.

Celui qui a la sagesse du cœur, sera appelé prudent ; et celui qui se rend agréable dans ses paroles, recevra de plus grands dons.

L’intelligence de celui qui possède ce qu’il sait, est une source de vie ; la science des insensés est une folie.

Le cœur du sage instruira sa bouche, et il répandra une nouvelle grâce sur ses lèvres.

Le discours agréable est un rayon de miel ; la douceur de l’âme est la santé des os.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 15, 13 ; 17, 22. ― La santé des os ; du corps ; figure grammaticale, par laquelle la partie se prend pour le tout. ― C’est un rayon de miel, etc. Allusion à la nature et à l’emploi du miel, très usité en médecine et qui tenait autrefois lieu de sucre.

Il y a une voie qui paraît droite à l’homme, dont la fin néanmoins conduit à la mort.

L’âme de celui qui travaille, travaille pour sa propre vie, parce que sa bouche l’y a contraint.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sa bouche ; la nécessité de manger.

Le méchant creuse pour trouver le mal ; et il y a sur ses lèvres comme un feu brûlant.

L’homme corrompu excite des querelles, et le grand parleur divise les princes.

L’homme injuste attire son ami par ses flatteries, et il le conduit par une voie qui n’est pas bonne.

Celui qui pense à de noirs desseins avec un œil fixe, exécute le mal en se mordant les lèvres.

La vieillesse est une couronne d’honneur, lorsqu’elle se trouve dans la voie de la justice.

L’homme patient vaut mieux que le courageux ; et celui qui est maître de son esprit, vaut mieux que celui qui force les villes.

Les billets du sort se jettent dans un pan de la robe ; mais c’est le Seigneur qui en dispose.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les sorts ; c’est-à-dire les billets du sort. ― Mais c’est, etc. C’est uniquement le Seigneur qui dispose de ces billets en faisant que le premier tombe à telle personne, le second à telle autre, et ainsi de suite. ― Ce chapitre se termine par la grande pensée par laquelle il avait commencé : Dieu gouverne toutes choses, et rien n’arrive sur la terre que par sa volonté.