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Proverbes 11

LA balance trompeuse est en abomination devant le Seigneur ; le poids juste est selon sa volonté.

Où sera l’orgueil, là sera aussi la confusion : mais ou est l’humilité, là est pareillement la sagesse.

La simplicité des justes les conduira heureusement : les tromperies des méchants seront leur propre ruine.

Les richesses ne serviront de rien au jour de la vengeance ; mais la justice délivrera de la mort.

La justice du simple rendra sa voie heureuse ; la malice du méchant lui fera faire de funestes chutes.

La justice des justes les délivrera : les méchants seront pris dans leurs propres pièges.

A la mort du méchant, il ne restera plus d’espérance, et l’attente des ambitieux périra.

Le juste a été délivré des maux qui le pressaient ; le méchant sera livré au lieu de lui.

Le faux ami séduit son ami par ses paroles ; mais les justes seront délivrés par la science.

Le bonheur des justes comblera de joie toute la ville ; et on louera Dieu à la ruine des méchants.

La ville sera élevée en gloire par la bénédiction des justes ; et elle sera renversée par la bouche des méchants.

Commentaire (versets 1 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Onze sentences sur la récompense de la bonne conduite envers le prochain et sur la punition de l’injuste.

Celui qui méprise son ami, n’a point de sens ; mais l’homme prudent se tiendra dans le silence.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Manque de cœur. Voir Proverbes, 7, 7.

Le trompeur révélera les secrets ; mais celui qui a la fidélité dans le cœur, garde avec soin ce qui lui a été confié.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Fidèle d’esprit ; c’est-à-dire sincèrement fidèle.

Où il n’y a personne pour gouverner, le peuple périt ; mais où il y a beaucoup de conseils, là est le salut.

Celui qui répond pour un étranger, tombera dans le malheur ; mais celui qui évite les pièges, sera en sûreté.

La femme douée de grâces et de vertus sera élevée en gloire ; et les forts acquerront des richesses.

L’homme charitable fait du bien à son âme ; mais celui qui est cruel, rejette ses proches mêmes.

L’ouvrage du méchant ne sera point stable ; mais la récompense,est assurée à celui qui sème la justice.

La clémence ouvre le chemin à la vie ; la recherche du mal conduit à la mort.

Le Seigneur a en abomination le cœur corrompu, et il met son affection en ceux qui marchent simplement.

Le méchant ne sera point innocent, lors même qu’il aura les mains l’une dans-l’autre ; mais la race des justes sera sauvée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lors même, etc. ; littéralement une main dans une main ; expression évidemment elliptique, pour : quand même une main serait dans une main (etiam si manus ad manum fuerit), comme on lit au chapitre 21, verset 5 ; ce qui signifie : Quand il aurait une main dans l’autre ; c’est-à-dire quand il ne ferait rien, quand il serait dans un repos complet de ses mains, comme il a toujours le cœur au mal, Dieu ne le traitera pas comme un innocent.

La femme belle et insensée est comme un anneau d’or au museau d’une truie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un anneau d’or aux naseaux. « C’est l’usage dans presque tout l’Orient, dit Hammer, que les femmes portent des anneaux au nez, à la narine gauche, qui est percée au milieu. Ces anneaux consistent en un fil d’or où il y a souvent une perle. »

Le désir des justes se porte à tout bien ; l’attente des méchants est la fureur.

Les uns donnent ce qui est à eux, et sont toujours riches ; les autres ravissent le bien d’autrui, et sont toujours pauvres.

Celui qui donne abondamment, sera engraissé lui-même ; et celui qui enivre, sera lui-même enivré à son tour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’âme ; par hébraïsme, la personne. ― Qui bénit ; autre hébraïsme, pour qui fait du bien, qui est bienfaisante.

Celui qui cache le blé, sera maudit des peuples ; mais la bénédiction viendra sur la tête de ceux qui le vendent.

Celui qui cherche le bien, est heureux de se lever dès le point du jour ; mais celui qui recherche le mal en sera accablé.

Celui qui se fie en ses richesses, tombera ; mais les justes germeront comme l’arbre dont la feuille est toujours verte.

Celui qui met le trouble dans sa maison, ne possédera que du vent ; et l’insensé sera assujetti au sage.

Le fruit du juste est un arbre de vie ; et celui qui assiste les âmes, est sage.

Si le juste est puni sur la terre, combien plus le sera le méchant et le pécheur !

Commentaire (versets 27 à 31) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 27 à 31 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Cinq proverbes sur le contraste entre le bon et le méchant et leur récompense. Voir 1 Pierre, 4, 18.