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Psaumes 39
Pour la fin, Psaume à David.
J’AI attendu, et je ne me suis point lassé d’attendre le Seigneur, et il m’a enfin regardé : il a exaucé mes prières.
Il m’a tiré de l’abîme de misère et de la boue profonde où j’étais ; et il a placé mes pieds sur la pierre, et a conduit mes pas.
Il m’a mis dans la bouche un cantique nouveau, pour être chanté à la gloire de notre Dieu. Plusieurs le verront, et seront remplis de crainte ; et ils mettront leur espérance au Seigneur.
Commentaire (versets 2 à 4) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 2 à 4 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Chant d’actions de grâces envers Dieu qui a retiré David du bourbier, c’est-à-dire du danger.
Heureux l’homme qui a mis son espérance au Seigneur, et qui n’a point arrêté sa vue sur des vanités et sur des objets également pleins d’extravagance et de tromperie.
Vous avez fait, Seigneur mon Dieu ! un grand nombre d’œuvres admirables ; et il n’y a personne qui vous soit semblable dans vos pensées. Lorsque j’ai voulu les annoncer et en parler, leur multitude m’a paru innombrable.
Commentaire (versets 5 à 6) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 5 à 6 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Heureux l’homme qui se confie en Dieu, dont les merveilles sont sans nombre ! Et dans vos pensées, etc. Personne n’a des pensées aussi profondes et aussi élevées que les vôtres. Or, le mot pensées comprend aussi les desseins et les jugements. ― J’ai annoncé, etc. ; c’est-à-dire, suivant l’explication de Symmaque et de saint Jérôme, lorsque j’ai voulu annoncer ces pensées et en parler, elles se sont trouvées en trop grand nombre pour pouvoir être racontées. ― Elles ont été multipliées (vos pensées) ; le verbe en latin est au masculin : multiplicati, parce que l’auteur de la Vulgate l’a fait concorder, non pas avec le latin cogitationes, qui est du féminin, mais avec le grec dialogismoï, qui est du masculin, et dont cogitationes est la traduction. Ce genre d’anomalie se trouve encore dans le livre de la Sagesse, 1, 7, où le neutre hoc quod concorde, non avec le latin spiritus, qui est du masculin, mais avec le grec pneuma, qui signifie aussi esprit, mais qui est du genre neutre.
Vous n’avez voulu ni sacrifice, ni oblation ; mais vous m’avez donné des oreilles parfaites. Vous n’avez point demandé d’holocauste, ni de sacrifice pour le péché ;
et j’ai dit alors : Me voici, je viens. Il est écrit de moi dans le livre :
que je devais faire votre volonté. C’est aussi, mon Dieu ! ce que j’ai voulu ; et je ne désire que votre loi au fond de mon cœur.
Commentaire (versets 7 à 9) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 7 à 9 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Comment remercier Dieu de ses bienfaits ? Par des sacrifices ? Non, par l’obéissance. Votre loi étant à l’accusatif dans le grec et dans le latin, est nécessairement un complément du verbe j’accomplirais (facerem), aussi bien que votre volonté (voluntatem tuam), qui précède. ― Qui est ne présente nullement une addition arbitraire ; c’est une expression qui se sous-entend dans les auteurs sacrés. Ainsi, la traduction ordinaire, qui fait des mots votre volonté le sujet d’une phrase nominale, forme un vrai contresens.
J’ai publié votre justice dans une grande assemblée ; et j’ai résolu de ne point fermer mes lèvres : Seigneur ! vous le connaissez.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
-18 Le Psalmiste a manifesté à tous les bontés du Seigneur (versets 10 et 11), mais il a besoin de nouvelles grâces, (verset 2) et il demande : 1° le pardon de ses péchés (verset 13), 2° le triomphe sur ses ennemis (versets 14 à 16) et 3° la joie et le salut pour lui et pour les justes (versets 17 et 18).
Je n’ai point caché votre justice au fond de mon cœur ; j’ai déclaré votre vérité et votre miséricorde salutaire ; je n’ai point caché votre miséricorde et votre vérité à une grande multitude de peuples.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre vérité ; c’est-à-dire votre fidélité à exécuter vos promesses. ― Votre salut ; le salut que vous accordez, qui vient de vous. ― A un conseil nombreux (a consilio multo) ; les Septante lisent rassemblement, réunion, qui a la même signification que conseil ; et l’hébreu assemblée, comme au verset 10.
Vous donc, Seigneur ! n’éloignez point de moi les effets de votre bonté ; vous de qui la miséricorde et la vérité m’ont toujours servi d’appui.
Car je me trouve environné de maux qui sont innombrables ; mes iniquités m’ont enveloppé ; et je n’ai pu en soutenir la vue : elles ont surpassé par leur multitude le nombre des cheveux de ma tête, jusque-là que mon cœur même m’a manqué.
Qu’il vous plaise, Seigneur ! de m’en délivrer par votre puissance : Seigneur ! regardez vers moi pour me secourir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 69, 2.
Que ceux-là soient confondus et couverts de honte, qui cherchent ma vie pour me l’ôter ; que ceux qui veulent m’accabler de maux, soient obligés de retourner en arrière, et chargés de confusion ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceux qui cherchent mon âme. Voir Psaumes, 34, 4.
que ceux qui me disent des paroles de raillerie et d’insulte, en reçoivent promptement la honte.
Mais que tous ceux qui vous cherchent, se réjouissent en vous et soient transportés de joie ; et que ceux qui aiment le salut qui vient de vous, disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié.
Pour moi, je suis pauvre et dans l’indigence ; et le Seigneur prend soin de moi.
C’est vous qui êtes mon aide tout-puissant et mon protecteur : mon Dieu ! ne tardez pas à venir à mon secours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par. Voir le titre du Psaume 15 (Hébreu : 16). ― Psaume prophétique : saint Paul, voir Hébreux, 10, 5-10, place dans la bouche de Notre-Seigneur venant dans le monde les versets 7 à 9. David le composa peut-être dans les derniers temps de la persécution de Saül. Ce psaume est construit très irrégulièrement, et il a plutôt le caractère d’une simple prière que celui d’un poème lyrique.