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Psaumes 34

À David, ou pour David. JUGEZ, Seigneur ! ceux qui me font injustice ; désarmez ceux qui combattent contre moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par. Voir le titre du Psaume 15 (Hébreu : 16). 2 La stérilité à mon âme. Le mot stérilité est à l’accusatif (sterilitatem) dans la Vulgate comme régime direct de ils rendaient ; et si nous avons ajouté, dans la traduction, ils ont causé, c’est à cause des exigences de notre langue. ― Au lieu de stérilité, l’hébreu et le grec portent le manque, la privation d’enfants ; d’où le sens de la phrase entière est probablement : Ils m’ont causé une douleur semblable à celle d’une mère qui a perdu ses enfants.

Prenez vos armes et votre bouclier ; et levez-vous pour venir à mon secours.

Tirez votre épée, et fermez tout passage a ceux qui me persécutent : dites à mon âme : Je suis ton salut.

Que ceux qui cherchent à m’ôter la vie, soient couverts de confusion et de honte ; que ceux qui ont de mauvais desseins contre moi, soient renversés et confondus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 39, 15. ― Cherchent mon âme ; hébraïsme, pour cherchent à m’ôter la vie.

Qu’ils deviennent comme la poussière qui est emportée par le vent ; et que l’ange du Seigneur les pousse en les serrant de fort près.

Que leur chemin soit couvert de ténèbres et glissant ; et que l’ange du Seigneur soit attaché à les poursuivre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Très ténébreuse ; littéralement ténèbres. Les Hébreux remplaçaient souvent par le substantif l’adjectif, qui devait être au superlatif.

Car sans aucun sujet ils ont voulu me faire périr dans le piège qu’ils m’ont dressé en secret, et ils m’ont très-injustement couvert d’outrages.

Qu’un piège dont il ne se doute pas vienne le surprendre : qu’il soit pris dans celui qu’il avait caché pour prendre les autres ; et qu’il tombe dans le filet même qu’il avait tendu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lui ; hébraïsme, pour à chacun d’eux.

Mais mon âme se réjouira au Seigneur, et trouvera toute sa consolation dans son Sauveur.

Tous mes os vous rendront gloire, en disant : Seigneur ! qui vous est semblable ? C’est vous qui délivrez le pauvre des mains de ceux qui étaient plus forts que lui ; et celui qui est abandonné et dans l’indigence, des mains de ses ennemis qui le pillaient.

Des témoins injustes s’étant élevés, m’ont interrogé sur des choses que je ne connaissais pas.

Ils me rendaient plusieurs maux, au lieu des biens qu’ils avaient reçus de moi, et voulaient jeter mon âme dans une stérilité et dans une désolation entière.

Mais pour moi, lorsqu’ils m’accablaient de cette sorte, je me revêtais d’un cilice : j’humiliais mon âme par le jeûne ; et je répandais ma prière dans le secret de mon sein.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon âme ; c’est-à-dire moi. On a déjà vu que chez les Hébreux le mot âme s’employait souvent pour personne, individu. ― Ma prière revenait souvent dans mon sein. C’est une coutume assez répandue chez les Orientaux, en particulier chez les Arabes, que, quand ils veulent prier très modestement, ils se courbent de manière que leur tête descend jusqu’aux genoux et que, par conséquent, leur bouche se trouve vis-à-vis de leur poitrine.

J’avais pour chacun d’eux de la complaisance comme pour un proche et pour un frère ; et je m’abaissais comme étant touché d’une vraie douleur qui me portait à gémir pour eux.

Quant à eux, ils se sont réjouis sur mon sujet, et ils se sont assemblés contre moi : ils m’ont accablé de maux, sans que j’en connusse la raison. Ils ont été divisés : mais n’étant pas néanmoins touchés de componction,

ils m’ont tenté et éprouvé de nouveau ; ils m’ont insulté avec moquerie ; ils ont grincé les dents contre moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils m’ont chargé d’insulte littéralement ils m’ont insulté par insulte. Dans le style biblique, l’addition d’un terme à un autre terme de même signification se fait pour donner plus de force et d’énergie à l’expression.

Quand sera-ce que vous ouvrirez les yeux, Seigneur ? Rendez-moi la vie, en me délivrant de leur mauvaise volonté ; sauvez de la cruauté des lions mon âme qui est abandonnée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon unique. Voir Psaumes, 21, 21.

Je publierai vos louanges dans une grande assemblée ; je vous louerai au milieu d’un peuple très-nombreux.

Que je ne sois point un sujet de joie et d’insulte à ceux qui m’attaquent injustement, qui me haïssent sans aucun sujet, et qui feignent par leurs regards d’être mes amis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 15, 25. ― L’expression cligner les yeux ou l’œil (annuere oculis ou oculo) se prend ordinairement en mauvaise part dans l’Ecriture. Comparer à Proverbes, 6, 13 ; 10, 10 ; Ecclésiastique, 27, 25.

Car ils me parlaient en apparence avec un esprit de paix ; mais lorsqu’ils parlaient au milieu des peuples émus de colère contre moi, ils ne pensaient qu’à des tromperies.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Parlant à la terre ; c’est-à-dire portant leurs regards vers la terre, baissant les yeux en parlant, pour mieux déguiser leurs vrais sentiments ; ce qui s’accorde très bien avec le mot ils clignent les yeux du verset précédent.

Ils ont ouvert contre moi leur bouche, et ils ont dit : Courage, courage ! nos yeux ont vu à la fin ce qu’ils souhaitaient.

Vous l’avez vu, Seigneur ! ne gardez pas le silence : Seigneur ! ne vous éloignez pas de moi.

Levez-vous, et appliquez-vous à ce qui regarde mon jugement ; mon Dieu et mon Seigneur ! songez à la défense de ma cause.

Jugez-moi selon les règles de votre justice, Seigneur mon Dieu ! et qu’ils ne se réjouissent pas en triomphant de moi.

Qu’ils ne disent pas dans leurs cœurs : Courage ! réjouissons-nous. Qu’ils ne disent pas : Nous l’avons enfin dévoré.

Que ceux qui témoignent de la joie de mes maux rougissent et soient confondus ; que ceux qui parlent avec orgueil contre moi, soient couverts de confusion et de honte.

Que ceux qui s’intéressent à la justice de ma cause, se réjouissent et soient transportés de joie ; et que ceux qui désirent que le serviteur du Seigneur goûte la paix, disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui veulent ma justice ; qui désirent que ma justice soit reconnue ; que Dieu me rende justice en me vengeant de mes ennemis.

Et ma langue publiera votre justice ; elle célébrera durant tout le jour vos louanges.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

S’exercera ; c’est le sens de l’hébreu et du grec ; et c’est aussi évidemment celui de la traduction meditabitur de la Vulgate.