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Psaumes 104

Alleluia. LOUEZ le Seigneur, et invoquez son nom : annoncez ses œuvres parmi les nations.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Paralipomènes, 16, 8 ; Isaïe, 12, 4. ― Ce psaume, composé par David, fut chanté à la fête de la translation de l’arche à Jérusalem, voir 1 Paralipomènes, 16, 7. Ce chapitre des Paralipomènes reproduit les quinze premiers versets, voir 1 Paralipomènes, 16, 8-22 ; il les fait suivre sans interruption, de Psaumes, 96, 1 et 106, 47-48. Le Psaume 104 résume l’histoire d’Israël et fait ressortir la Providence de Dieu sur son peuple. Voir Psaumes 77 et 105. ― La versification est régulière, mais ce psaume est sans grande élévation poétique.

Chantez ses louanges, chantez-les sur les instruments ; racontez toutes ses merveilles.

Glorifiez-vous dans son saint nom : que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse.

Cherchez le Seigneur, et soyez remplis de force ; cherchez sa face sans cesse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et soyez fortifiés ; hébraïsme, pour et vous serez fortifiés.

Souvenez-vous de ses merveilles, des prodiges qu’il a faits, et des jugements qui sont sortis de sa bouche :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Prodiges et jugements sont des compléments du verbe souvenez-vous, quoiqu’ils ne soient pas au génitif, comme ils y sont dans le passage parallèle (voir 1 Paralipomènes, 16, 12), parce que, comme nous l’avons déjà fait observer, dans la Vulgate, les cas se mettent l’un pour l’autre, sans égard pour la concordance latine. La même anomalie se trouve ici dans les Septante. ― Les jugements de sa bouche ; c’est-à-dire exécutés par ses ordres, ou prédits auparavant. Comparer à Genèse, 15, 14 ; Exode, 3, 20.

vous qui êtes la race d’Abraham, son serviteur ; vous, enfants de Jacob qu’il a choisis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses serviteurs ; c’est-à-dire les serviteurs du Seigneur. Ainsi portent les Septante, en entendant par serviteurs les descendants d’Abraham; l’hébreu lit son serviteur, en faisant de ce mot un qualificatif d’Abraham. Dans le passage parallèle (voir 1 Paralipomènes, 16, 13), les Septante mettent ses enfants (les enfants du Seigneur), mais l’hébreu met son serviteur. ― Ses élus ; c’est-à-dire les élus du Seigneur, selon l’hébreu et les Septante, ici et dans l’endroit parallèle des Paralipomènes. Quant à la Vulgate, elle est partout amphibologique, les mots servi et electii pouvant être au génitif singulier aussi bien qu’au nominatif vocatif pluriel.

C’est lui qui est le Seigneur, notre Dieu ; et ses jugements s’exercent dans toute la terre.

Il s’est souvenu pour toujours de son alliance, de la parole qu’il a prononcée pour être accomplie dans la suite de toutes les races ;

de l’alliance qu’il a contractée avec Abraham, et du serment qu’il a fait à Isaac ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 22, 16. ― Pour l’explication des allusions historiques contenues dans ce psaume, voir les passages auxquels renvoient les notes indiquant les références du texte sacré.

qu’il a confirmé à Jacob pour être un décret irrévocable, et à Israël pour être un accord éternel ;

en disant, Je vous donnerai la terre de Chanaan pour héritage ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour cordeau, etc. Voir Psaumes, 77, 54.

et le disant, lorsqu’ils étaient encore en très-petit nombre, peu considérables, et étrangers dans cette terre.

Et ils passèrent d’une nation dans une autre, et d’un royaume à un autre peuple.

Il ne permit point qu’aucun homme leur fît du mal ; et il châtia même des rois à cause d’eux ;

en leur disant : Gardez-vous bien de toucher à mes oints, et de maltraiter mes prophètes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 1, 14 ; 1 Paralipomènes, 16, 22.

Il appela la famine sur la terre ; et il brisa toute la force de l’homme, le faisant manquer de pain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il brisa, etc. Briser le soutien ou le bâton du pain, signifiait chez les Hébreux ôter tout moyen de subsistance. Voir sur cette locution, Lévitique, 26, 26.

Il envoya avant eux un homme en Égypte ; Joseph, qui fut vendu pour être esclave.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 37, 36.

Il fut humilié par les chaînes qu’on lui mit aux pieds ; le fer transperça son âme,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 39, 20. ― Un fer, etc. Comparer à Luc, 2, 35. ― Vint ; s’accomplît. ― Sa parole, la prédiction qu’il avait faite à l’échanson et au panetier de Pharaon (voir Genèse, 40, 22-23). Cette prédiction, en faisant connaître Joseph pour vrai prophète, fut la cause de sa mise en liberté et de son élévation.

jusqu’à ce que sa parole fût accomplie. Il fut embrasé par la parole du Seigneur :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La parole du Seigneur s’enflamma ; il reçut alors l’esprit de prophète. La parole de Dieu est souvent comparée dans l’Ecriture à un feu ardent.

le roi envoya dans la prison, et le délia ; le prince des peuples d’Égypte le renvoya libre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 41, 14.

Il l’établit le maître de sa maison, et comme le prince de tout ce qu’il possédait ;

afin qu’il instruisît tous les princes de sa cour comme lui-même, et qu’il apprît la sagesse aux anciens de son conseil.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses princes, ses vieillards ; c’est-à-dire les princes et les anciens ou sages de sa cour, ses conseillers.

Et Israël entra dans l’Égypte ; et Jacob demeura dans la terre de Cham.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 46, 6. ― La terre de Cham ; c’est l’Egypte, ainsi nommée, parce que Cham, fils de Noé, y demeura, et que Mesraïm, second fils de Cham, la peupla. ― Un des noms donnés par les anciens Egyptiens à leur pays est Chemi.

Or le Seigneur multiplia extraordinairement son peuple, et le rendit plus puissant que ses ennemis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 1, 7 ; Actes des Apôtres, 7, 17.

Et il changea le cœur des Égyptiens, afin qu’ils haïssent son peuple, et qu’ils accablassent ses serviteurs par mille artifices.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il changea, etc. Voir, pour le vrai sens de ce verset, Exode, 4, 21.

Alors il envoya Moïse, son serviteur, et Aaron qu’il choisit aussi pour l’accompagner.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 3, 10 ; 4, 29.

Il mit en eux sa puissance, pour faire des signes et des prodiges dans la terre de Cham.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 7, 10. ― L’ordre. Le terme hébreu rendu dans la Vulgate par paroles, et dans les Septante par discours, signifie souvent commandement, ordre. ― Signes ; c’est-à-dire miracles. Le grec répète le pronom ses devant le mot prodiges. ― La terre de Cham. Voir le verset 23.

Il envoya les ténèbres, et remplit l’air d’obscurité : et ils ne résistèrent point à ses ordres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 10, 21. ― Et il ne rétracta pas ; littéralement il n’irrita pas, il n’aigrit pas. Le sens le plus simple et le plus naturel de cette seconde partie du verset, tel qu’il se lit dans la Vulgate, est, selon nous, que Dieu accomplit exactement tout ce qu’il avait dit à Moïse au sujet de ses plaies dont il devait frapper Pharaon et l’Egypte.

Il changea leurs eaux en sang, et fit mourir leurs poissons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 7, 20.

Leur terre produisit des grenouilles, jusque dans les chambres des rois mêmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 8, 6.

Il parla, et on vit venir toutes sortes de mouches et de moucherons dans tout leur pays.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 8, vv. 16, 24. ― Il vint des myriades de mouches et de moucherons. Parmi ces insectes, il faut ranger surtout les moustiques. Ceux-là seuls qui ont habité l’Orient, l’Egypte et la Palestine peuvent se faire une idée de cette plaie. Un médecin en fait la description suivante : « Le moustique est un animal bien petit, mais bien rusé et bien avide de votre sang… Il bourdonne et vous pique ; il vous enfonce son aiguillon, et s’il y a plusieurs moustiques à la fois qui vous perforent, vous êtes en feu et votre corps est criblé de milliers de boutons, sièges brûlants de démangeaisons intolérables… Les moustiques sont des insectes plus dangereux et plus répandus qu’on ne le croit généralement. Le chancelier du consul général de France à Jérusalem, qui avait résidé à Zanzibar, nous a dit qu’une des régions de cette côte torride est absolument inhabitable par le fait des moustiques ; les ouvriers, pour travailler, sont obligés d’avoir tout le corps enduit d’une épaisse couche de mortier, qu’ils doivent renouveler plusieurs fois par jour ; quant aux chevaux, ânes et mulets, ils endurent de telles souffrances, qu’ils en perdent l’appétit et le sommeil ; ils ne peuvent ni manger ni dormir, ils maigrissent et meurent de consomption, au bout d’un mois de séjour sur cette côte inhospitalière. » E. GUIBOUT, Jérusalem, Le Caire, Damas, 1 889, p. 186.

Il changea leurs pluies en grêle, et fit tomber un feu qui brûlait tout dans leur terre ;

et il frappa leurs vignes et leurs figuiers, et il brisa tous les arbres qui étaient dans tout le pays.

Il commanda, et on vit venir un nombre infini de sauterelles de différentes espèces :

elles mangèrent toute l’herbe de leur terre : elles consumèrent tous les fruits de leur pays.

Commentaire (versets 34 à 35) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 34 à 35 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Qui était sans nombre… Elle mangea. Ces verbes, qui, étant au singulier, ne concordent grammaticalement qu’avec le dernier substantif chenille, ont cependant aussi pour sujet le nom précédent sauterelle. Ce genre de construction n’est pas étranger au style de la Bible.

Et il frappa tous les premiers-nés de l’Égypte, les prémices de tout leur travail.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 12, 29.

Il fit sortir les Israélites avec beaucoup d’or et d’argent ; et il n’y avait point de malades dans leurs tribus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il les fit sortir. Le pronom les tient la place du mot Hébreux ou Israélites, désignés aux versets 24 et 25 sous le nom de son peuple. ― Avec de l’or et de l’argent. Comparer à Exode, 11, 2 ; 12, 35-36.

L’Égypte se réjouit de leur départ, à cause que la frayeur qu’elle avait d’eux l’avait saisie.

Il étendit une nuée pour les mettre à couvert durant le jour ; et il fit paraître un feu pour les éclairer pendant la nuit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 13, 21 ; Psaumes, 77, 14 ; 1 Corinthiens, 10, 1.

Ils demandèrent à manger, et il fit venir des cailles ; et il les rassasia du pain du ciel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 16, 13.

Il fendit la pierre, et il en coula des eaux ; des fleuves se répandirent dans un lieu sec et aride.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 20, 11.

Car il se souvint de la sainte parole qu’il avait donnée à Abraham, son serviteur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 17, 7.

Et il fit sortir son peuple avec allégresse, et ses élus avec des transports de joie.

Il leur donna les pays des nations, et les fit entrer en possession des travaux des peuples :

afin qu’ils gardassent ses ordonnances pleines de justice, et qu’ils s’appliquassent à la recherche de sa loi.