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Job 5
APPELEZ donc à votre secours, s’il y a quelqu’un qui vous réponde, et adressez-vous à quelqu’un des saints.
Certes il n’y a que l’insensé qui se donne la mort par l’indignation qu’il conçoit contre la prospérité des méchants ; et il n’y a que les petits esprits qui se consument par l’envie qu’ils portent au bonheur des injustes.
J’ai vu l’insensé qui paraissait affermi par de profondes racines, et j’ai dans l’instant donné ma malédiction à tout son vain éclat.
Ses enfants, loin de trouver leur salut, seront foulés aux pieds à la porte de la ville, et il ne se trouvera personne pour les délivrer.
Celui qui mourait de faim, mangera le blé de cet insensé ; l’homme armé s’emparera de lui comme de sa proie, et ceux qui séchaient de soif, boiront ses richesses.
Rien ne se fait dans le monde sans sujet, et ce n’est point de la terre que naissent les maux.
L’homme est né pour le travail, comme l’oiseau pour voler.
C’est pourquoi j’adresserai mes prières au Seigneur, et je parlerai avec confiance à Dieu,
qui fait des choses grandes et impénétrables, des choses miraculeuses et qui sont sans nombre :
qui répand la pluie sur la face de la terre, et qui arrose d’eau tout l’univers ;
qui élève ceux qui étaient abaissés, qui console et guérit ceux qui étaient dans les larmes ;
qui dissipe les pensées des méchants, et qui les empêche d’achever ce qu’ils avaient commencé ;
qui surprend les faux sages dans leur propre finesse, et qui renverse les desseins des injustes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 3, 19.
Au milieu du jour ils trouveront les ténèbres, et ils marcheront à tâtons en plein midi, comme s’ils étaient dans une profonde nuit.
Mais Dieu sauvera le pauvre des traits de leur langue, et de la violence des injustes.
Le pauvre ne sera point trompé dans son espérance, et l’iniquité demeurera muette.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Contractera sa bouche ; c’est-à-dire la fermera ; il restera muet.
Heureux l’homme que Dieu corrige lui-même ! Ne rejetez donc point le châtiment du Seigneur.
Car c’est lui qui blesse, et c’est lui qui rétablit ; c’est lui qui frappe, et c’est sa main qui guérit.
Après vous avoir affligé six fois, il vous délivrera ; et le mal ne vous touchera pas une septième fois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans six tribulations, etc. C’est une expression poétique, qui paraît signifier que Dieu empêchera toujours que les malheurs dans lesquels l’homme peut tomber ne lui nuisent en aucune sorte, pourvu qu’il s’humilie et se soumette à ses ordres.
Il vous sauvera de la mort pendant la famine, et de l’épée pendant la guerre.
Il vous mettra à couvert des traits de la langue perçante ; et si l’affliction survient, vous ne l'appréhenderez point.
Vous rirez au milieu de la désolation et de la famine, et vous ne craindrez point les bêtes de la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les bêtes de la terre ; c’est-à-dire des bêtes sauvages.
Mais les pierres des champs seront d’accord avec vous, elles ne vous blesseront point ; et les bêtes sauvages seront douces pour vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il y aura même, etc. Tu ne heurteras pas contre les pierres ; elles ne blesseront pas tes pieds. Anciennement on marchait nu-pieds. C’est l’interprétation la plus simple ; elle est justifiée d’ailleurs par un assez grand nombre d’expressions analogues.
Vous verrez la paix régner dans votre maison, et la tenant dans l’ordre par le soin que vous en aurez, vous la gouvernerez d’une manière irréprochable.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ta beauté ; c’est-à-dire ta femme, selon quelques-uns ; mais l’hébreu, les Septante, la paraphrase chaldaïque, le syriaque et l’arabe portent ta demeure, ta maison. ― Tu ne pécheras pas ; ou bien selon d’autres d’après un des sens de l’hébreu, tu ne feras pas de faux pas, tu ne manqueras pas ton but.
Vous verrez votre race se multiplier, et votre postérité croître comme l’herbe de la terre.
Vous entrerez riche dans le sépulcre, comme un monceau de blé qui est serré en son temps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tu entreras, etc. ; tu mourras riche.
Voilà ce que nous ont appris les réflexions les plus sérieuses, et cela est très-véritable ; écoutez-le donc, et le repassez dans votre esprit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Appelle donc, etc. Des adversaires du catholicisme ont prétendu prouver par ce passage que nous ne devions pas invoquer les saints, attendus qu’ils ne pouvaient connaître nos prières. D’abord les discours des amis de Job ne sont pas des dogmes reconnus pour tels par l’Eglise. Ensuite le but d’Eliphaz ici est tout simplement de prouver à Job que, puisque aucun saint n’a été traité de Dieu comme lui, il faut nécessairement que la cause de ses misères et de ses souffrances soit ses propres péchés.