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2 Machabées 1
Les Juifs qui sont dans Jérusalem et dans le pays de Judée, aux Juifs leurs frères qui demeurent en Égypte, salut et une heureuse paix.
Que Dieu vous comble de biens, qu’il se souvienne de l’alliance qu’il a faite avec Abraham, Isaac, Jacob, et ses fidèles serviteurs ;
Qu’il vous donne à tous un cœur, afin que vous l’adoriez, et que vous accomplissiez sa volonté avec un cœur vraiment grand, et un esprit plein d’ardeur ;
Qu’il ouvre votre cœur à sa loi et à ses préceptes, et qu’il vous donne la paix ;
Qu’il exauce vos prières, qu’il se réconcilie avec vous, qu’il ne vous abandonne point dans le temps mauvais !
Quant à nous, nous sommes maintenant occupés à prier pour vous.
Sous le règne de Déraétrios, l’an cent soixante-neuf, nous vous écrivîmes, nous autres Juifs, dans l’affliction et dans l’accablement des maux qui nous étaient survenus pendant ces années, depuis que Jason se fut retiré de la terre sainte et du royaume.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’année cent soixante-neuvième du règne de Grecs, la cent quarante-deuxième avant Jésus-Christ. ? Démétrius II Nicator. Voir 1 Machabées, 10, 67. ? Jason. Voir plus loin, 2 Machabées, 4, 7.
Ils brûlèrent la porte du temple, et ils répandirent le sang innocent : nous priâmes le Seigneur, et nous fûmes exaucés ; nous offrîmes le sacrifice et la fleur de farine, nous allumâmes les lampes, et nous exposâmes les pains.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils brûlèrent, etc. Voir 1 Machabées, 1, verset 39 et suivants ; 6, verset 49 et suivants. ? Nous offrîmes, etc. Comparer à 1 Machabées, 4, verset 56 et suivants.
Célébrez donc maintenant la fête des tabernacles du mois de casleu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La scénopégie, voir 1 Machabées, 10, 21. Comparer à 2 Machabées, 10, verset 6 et suivants. ? Casleu. Voir 1 Machabées, 1, 57.
L’an cent quatre-vingt-huit, le peuple qui est dans Jérusalem et dans la Judée, le sénat et Judas, à Aristobule, précepteur du roi Ptolémée, de la race des prêtres sacrés et aux Juifs qui sont en Égypte, salut et prospérité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’année cent quatre-vingt-huitième ; la cent vingt-troisième avant Jésus-Christ. ? Judas, eu égard au temps, ne saurait être Judas Machabées, mais ce pourrait être Judas l’Essénien, prophète célèbre dont parle Josèphe (Antiq., livre XIII, chapitre XIX). ? Salut (salutem), etc. Voir 1 Machabées, 10, 18. ? Aristobule, précepteur du roi Ptolémée VI Philométor (181-246 inversé ?), est le philosophe péripatéticien de ce nom qui dédia à Ptolémée VI son exposition allégorique du Pentateuque.
Dieu nous ayant délivrés de très-grands périls, nous lui en rendons aussi de très-grandes actions de grâces, pour avoir eu la force de combattre un tel roi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Contre un tel roi : Antiochus Sidètes, selon la plupart des interprètes, ou Antiochus Epiphane suivant quelques-uns. ? Ou plutôt Antiochus III le Grand (222-187) qui, d’après le récit des auteurs profanes, périt massacré par les habitants d’une ville de Perse dont il voulait piller le temple. Les Romains, après l’avoir complètement battu à Magnésie, lui avaient imposé un lourd tribut qu’il était hors d’état de payer. Voir 1 Machabées, 8, 6-7.
Car ce fut lui qui fit sortir de Perse cette multitude de gens qui combattirent contre nous et contre la ville sainte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De Perse. Les Juifs, du temps de l’auteur de ce livre, comprenaient sous le nom de Perse, tout le pays situé au-delà de l’Euphrate. ? Le mot de Perse ne se lit pas dans le texte grec ; il se trouve seulement au verset 13.
Mais ce chef de nos ennemis étant lui-même en Perse avec une armée innombrable, périt dans le temple de Nanée, ayant été trompé par le conseil frauduleux des prêtres de cette idole.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nanée, déesse des Perses, la Diane des Grecs.
Car Antiochus étant venu avec ses amis au temple de cette déesse, comme pour l’épouser, et pour y recevoir de grandes sommes d’argent à titre de dot,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Avec ses amis. Voir 1 Machabées, 2, 18.
Les prêtres de Nanée lui montrèrent tout cet argent ; et après qu’Antiochus fut entré avec peu de gens au-dedans du temple, ils le fermèrent sur lui ;
Alors ouvrant une porte secrète du temple, ils l’assommèrent à coups de pierres, lui et ceux qui l’accompagnaient, et mettant leurs corps en pièces, ils leur coupèrent la tête, et les jetèrent dehors.
Que Dieu soit béni en toutes choses, lui qui a livré ainsi les impies !
Comme donc nous devons célébrer, le vingt-cinquième jour du mois de casleu, la purification du temple, nous avons jugé nécessaire de vous en donner avis, afin que vous célébriez aussi la fête des tabernacles, et la fête du feu qui nous fut donné lorsque Néhémias, après avoir rebâti le temple et l’autel, y offrit des sacrifices.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Devant donc, etc. Voir le verset 9. ? Le jour du feu, etc., c’est-à-dire, la fête de la découverte du feu sacré au temps de Néhémie.
Car lorsque nos pères furent emmenés captifs en Perse, ceux d’entre les prêtres qui craignaient Dieu, ayant pris le feu qui était sur l’autel, le cachèrent secrètement dans une vallée où il y avait un puits qui était profond et à sec, et le mirent là pour être gardé sûrement, comme en effet ce lieu demeura inconnu à tout le monde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En Perse, c’est-à-dire, en Chaldée. Voir le verset 12. ? D’après une tradition, le puits profond serait le puits appelé aujourd’hui Bir Eyoub, ou puis de Job, à l’endroit où la vallée d’Hinnom se joint avec la vallée du Cédron.
Et beaucoup d’années s’étant passées depuis ce temps-là, lorsqu’il plut à Dieu de faire envoyer Néhémias en Judée par le roi de Perse, il envoya les petits-fils de ces prêtres qui avaient caché ce feu, pour le chercher ; et ils ne trouvèrent point ce feu, comme ils nous l’ont dit eux-mêmes, mais seulement une eau épaisse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il plut (placuit) est précédé de et ; mais cette particule est ici purement pléonastique ; elle ne sert qu’à marquer l’apodose. Bien qu’elle ne puisse s’exprimer en français, elle a le sens de alors, dans ce cas, ce cas supposé.? Néhémie fut envoyé par le roi de Perse Artaxerxès Longuemain. Voir l’Introduction au second livre d’Esdras.
Alors le prêtre Néhémias leur commanda de puiser cette eau, et de la lui apporter ; et il leur ordonna d’en faire des aspersions sur les sacrifices, sur le bois, et sur ce qu’on avait mis dessus.
Ce qui ayant été fait, et le soleil, qui était auparavant caché d’un nuage ayant commencé à luire, il s’alluma un grand feu, qui remplit d’admiration tous ceux qui étaient présents.
Cependant tous les prêtres faisaient la prière à Dieu, jusqu’à ce que le sacrifice fût consumé, Jonathas commençant, et les autres lui répondant.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jonathas (Jonathan), grand prêtre du temps de Néhémie, voir 2 Esdras, 12, 11.
Et Néhémias priait en ces termes : Seigneur, Dieu créateur de toutes choses, terrible et fort, juste et miséricordieux, qui êtes le seul bon roi,
Seul excellent, seul juste, tout-puissant, et éternel, qui délivrez Israël de tout mal, qui avez choisi nos pères, et qui les avez sanctifiés ;
Recevez ce sacrifice pour tout votre peuple d’Israël ; conservez et sanctifiez ceux que vous avez rendus votre portion et votre héritage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre portion, votre héritage, votre peuple Israël.
Rassemblez tous nos frères dispersés ; délivrez ceux qui sont sous l’esclavage des Gentils ; regardez favorablement ceux qui sont devenus un objet de mépris et d’abomination, afin que les nations connaissent que vous êtes notre Dieu.
Affligez ceux qui nous oppriment, et qui nous outragent avec orgueil ;
Et établissez votre peuple dans votre saint lieu, selon que Moïse l’a prédit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Machabées, 2, 18. ? Comme a dit Moïse. Voir Deutéronome, 30, verset 3 et suivants.
Cependant les prêtres chantaient des hymnes et des cantiques, jusqu’à ce que le sacrifice fût consumé.
Et le sacrifice étant consumé, Néhémias ordonna que l’on répandît ce qui restait de cette eau sur les grandes pierres.
Ce qu’on n’eut pas plus tôt fait, qu’il s’y alluma une grande flamme ; mais elle fut consumée par la lumière qui reluisait de dessus l’autel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il s’y alluma, sur les pierres arrosées d’eau (voir verset 31).
Lorsque cet événement fut rendu public, on rapporta au roi de Perse qu’au même lieu où les prêtres qui avaient été emmenés captifs avaient caché le feu sacré, on avait trouvé une eau, dont Néhémias, et ceux qui étaient avec lui, avaient purifié les sacrifices.
Le roi, après avoir considéré ce qu’on lui disait, et s’être assuré par une recherche exacte de la vérité de la chose, fit bâtir en ce même lieu un temple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au lieu de fît bâtir en ce même lieu un temple, le grec porte : il rendit ce lieu saint, sacré, inviolable.
Et se tenant assuré de ce prodige, il donna aux prêtres de grands biens, et leur fit divers présents, qu’il leur distribuait de sa propre main.
Néhémias appela ce lieu Nephthar, c’est-à-dire purification ; mais il y en a plusieurs qui l’appellent Néphi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Néphi est probablement une corruption de Nephthar ; le grec lit Nephtaeï. Le mot Nephthar paraît être lui-même une corruption de Nechphar, dérivé du verbe hébreu câphar, dont on trouve (voir Deutéronome, 21, 8), la forme niccaphêr, pour nithcaphêr, qui signifie il a été expié.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De ses serviteurs fidèles étant au génitif (servorum suorum fidelium), représente nécessairement le complément du verbe qu’il se souvienne (meminerit) ; voilà pourquoi dans notre traduction nous avons répété ce verbe.