Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
2 Machabées 11
Peu de temps après, Lysias, gouverneur du roi, et son parent, qui avait la conduite de toutes les affaires de son royaume, étant sensiblement touché de ce qui était arrivé,
Assembla quatre-vingt mille hommes de pied avec toute sa cavalerie, et marcha contre les Juifs, s’imaginant qu’il prendrait la ville, ayant dessein, quand il l’aurait prise, de ne la faire habiter que par des Gentils ;
Espérant qu’il tirerait de l’argent du temple de Dieu, comme des autres temples des païens, et qu’il vendrait tous les ans la dignité de grand-prêtre ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il en tirerait, etc., soit en vendant les charges et les dignités de ce temple, soit en exigeant de l’argent de ceux qui y venaient offrir des victimes.
Ne faisant aucune réflexion sur le souverain pouvoir de Dieu, mais s’abandonnant à l’emportement de son orgueil, il mettait toute sa confiance dans la multitude de son infanterie, dans le grand nombre de sa cavalerie, et dans quatre-vingts éléphants.
Étant entré en Judée, et s’étant approché de Bethsura, qui était située dans un lieu étroit, à cinq stades deJérusalem, il attaqua cette place.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Etant entré, etc. Cette guerre est différente de celle qui est mentionnée à 1 Machabées, 6, verset 28 et suivants. ? Stades, ou selon la version alexandrine Schènes. Or le schène variait selon les lieux, mais le moindre valait trente stades ; ce qui s’accorde mieux avec Eusèbe et saint Jérôme qui mettent en effet la ville de Bethsura à vingt milles de Jérusalem.
Lorsque Machabée, et ceux qui étaient avec lui, eurent su que les ennemis commençaient à attaquer les forteresses, ils conjurèrent le Seigneur avec tout le peuple, par leurs prières et par leurs larmes, d’envoyer un bon ange pour le salut d’Israël.
Et Machabée, prenant les armes le premier, exhorta les autres à s’exposer comme lui au péril pour secourir leurs frères.
Et lorsqu’ils marchaient tous ensemble avec un courage assuré, il parut, au sortir de Jérusalem, un homme à cheval, qui marchait devant eux, revêtu d’un habit blanc avec des armes d’or, et une lance qu’il tenait en sa main.
Alors ils bénirent tous ensemble le Seigneur plein de miséricorde, et ils s’animèrent d’un grand courage, étant prêts à combattre non seulement les hommes, mais les bêtes les plus farouches, et à passer au travers de murailles de fer.
Ils marchaient donc avec une grande ardeur, ayant pour eux le Seigneur, qui du ciel se déclarait leur protecteur, et faisait éclater sur eux ses miséricordes.
En même temps ils se jetèrent impétueusement sur leurs ennemis comme des lions, et ils tuèrent onze mille hommes de leur infanterie, et seize cents chevaux ;
Ils firent fuir tout le reste, dont la plupart ne se sauvèrent qu’étant blessés et sans armes ; Lysias même n’échappa que par une fuite honteuse.
Comme il ne manquait pas de sens, considérant en lui-même la perte qu’il avait faite, et reconnaissant que les Hébreux étaient invincibles, lorsqu’ils s’appuyaient sur le secours du Dieu tout-puissant, il leur envoya des ambassadeurs ;
Et il leur promit de consentir à toutes les conditions de paix qui seraient justes, et de persuader au roi de faire alliance et amitié avec eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il persuaderait au roi de devenir leur ami. Le roi Antiochus V Eupator n’étant qu’un enfant, Lysias pouvait lui faire faire tout ce qu’il voulait.
Machabée se rendit aux prières de Lysias, n’ayant pour but en toutes choses que l’intérêt du public ; et le roi accorda toutes les choses que Machabée demanda en écrivant à Lysias en faveur des Juifs.
Car la lettre que Lysias écrivit aux Juifs sur cela étaient conçue en ces termes : Lysias au peuple juif, salut.
Jean et Abésalom, que vous m’avez envoyés, m’ayant rendu vos lettres, m’ont demandé que j’accomplisse les choses qu’elles contenaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ecrits (scripta), c’est-à-dire, lettres.
Ainsi ayant exposé au roi tout ce qui pouvait lui être représenté, il a accordé ce que ses affaires lui ont pu permettre.
Si donc vous demeurez fidèles au roi dans vos traités, je tâcherai à l’avenir de vous procurer tout le bien que je pourrai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je m’efforcerai ; littéralement, et je, etc. Voir sur ce et, Osée, 11, 1.
Pour ce qui regarde les autres choses, j’ai chargé ceux que vous m’avez envoyés, et ceux que je vous envoie, d’en conférer en détail avec vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceux-ci, ceux qui sont ici présents, vos envoyés.
Adieu. L’an cent quarante-huit, le vingt-quatrième du mois de dioscore.
La lettre du roi contenait ce qui suit : Le Roi Antiochus à Lysias son frère, salut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son frère ; titre honorifique. Voir 1 Machabées, 10, 18. ? Le roi Antiochus V Eupator.
Le roi notre père ayant été transféré entre les dieux, et nous, désirant que ceux qui sont dans notre royaume vivent en paix, pour pouvoir s’appliquer avec soin à leurs affaires ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Notre père Antiochus IV Epiphane.
Nous avons appris que les Juifs n’ont pu consentir au désir qu’avait mon père de les faire passer aux cérémonies des Grecs, mais qu’ils veulent conserver toujours leurs coutumes, et que pour cette raison ils nous demandent qu’il leur soit permis de vivre selon leurs lois.
C’est pourquoi, voulant que ce peuple soit en paix comme les autres, nous avons arrêté et ordonné que leur temple leur sera rendu, afin qu’ils vivent selon les coutumes de leurs ancêtres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voulant que cette nation soit aussi en paix. Lysias, qui fait parler et agir le roi enfant, avait tout intérêt à faire la paix avec les Juifs, afin de pouvoir combattre Philippe qu’Antiochus Epiphane avait désigné en mourant comme tuteur de son fils, ce que Lysias ne voulait pas accepter, étant bien décidé à garder lui-même une tutelle qui le rendrait maître du royaume de Syrie. Voir 1 Machabées, 3, 32 ; 6, 14.
Vous ferez donc bien d’envoyer vers eux, et de faire alliance avec eux, afin qu’ayant connu notre volonté, ils reprennent courage, et qu’ils s’appliquent à ce qui regarde leurs intérêts particuliers.
La lettre du roi aux Juifs contenait ce qui suit : Le Roi Antiochus au sénat des Juifs, et à tous les autres Juifs, salut.
Si vous vous portez bien, vous êtes en l’état que nous souhaitons ; et nous nous portons bien aussi nous-mêmes.
Ménélaüs s’est adressé à nous, et nous a dit que vous désirez venir trouver vos gens qui sont auprès de nous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ménélaüs passait encore pour grand prêtre des Juifs, ayant été établi par Antiochus Epiphane (voir 2 Machabées, 4, verset 23 et suivants), quoiqu’il ne fût pas reçu dans Jérusalem et qu’il n’exerçât point les fonctions du sacerdoce dans le temple. Pendant son absence, les Juifs avaient déféré la dignité de grand prêtre à Judas.
Nous donnons donc un passeport pour ceux qui voudront venir jusqu’au trentième du mois de xantique,
Et nous permettons aux Juifs d’user de leurs viandes, et de vivre selon leurs lois comme auparavant, sans qu’on puisse faire la moindre peine à aucun d’eux pour les fautes qui ont été faites par ignorance.
Nous avons aussi envoyé Ménélaüs, afin qu’il en confère avec vous.
Adieu. L’an cent quarante-huit, le quinzième du mois de xantique.
Les Romains envoyèrent aussi une lettre conçue en ces termes : Quintus Memmius et Titus Manilius, envoyés des Romains, au peuple des Juifs, salut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quintius Memmius et Titus Manilius. Ces noms sont écrits très différemment dans les textes et les manuscrits et l’on ne sait pas au juste quels sont ces personnages.
Nous vous accordons les mêmes choses que Lysias, parent du roi, vous a accordées.
Et pour ce qui est de celles qu’il a cru devoir être représentées au roi, envoyez quelqu’un au plus tôt, après en avoir bien délibéré entre vous, afin que nous ordonnions ce qui vous sera le plus avantageux ; car nous allons à Antioche.
C’est pourquoi hâtez-vous de nous récrire, afin que nous soyons informés de ce que vous souhaitez.
Adieu. L’an cent quarante-huit, le quinzième du mois de xantique.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lysias. Voir 1 Machabées, 3, 32.