Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← 2 Machabées 9 2 Machabées 10 sur 15 chapitres 2 Machabées 11 →

2 Machabées 10

Cependant Machabée, et ceux qu’il avait avec lui, soutenus de la protection du Seigneur, reprirent le temple et la ville :

Ils détruisirent les autels que les infidèles avaient dressés dans les places publiques, et les temples des idoles ;

Et après avoir purifié le temple, ils y élevèrent un autre autel ; et ayant fait sortir quelques étincelles des pierres à feu, ils offrirent des sacrifices deux ans après, et ils y mirent l’encens, les lampes, et les pains qu’on exposait devant le Seigneur.

Cela étant fait, prosternés en terre, ils conjuraient le Seigneur de ne plus permettre qu’ils tombassent en de si grands maux ; mais de vouloir bien les châtier plus doucement, s’il arrivait quelque jour qu’ils péchassent contre lui, et de ne les plus livrer à des barbares et à des blasphémateurs de son nom.

Il est remarquable que le temple fut purifié le même jour qu’il avait été profané par les étrangers, c’est-à-dire le vingt-cinq du mois de casleu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Casleu. Voir 1 Machabées, 1, 57.

Ils célébrèrent cette fête avec grande joie pendant huit jours, comme celle des tabernacles, se souvenant qu’ils avaient passé, peu de temps auparavant, la fête solennelle des tabernacles sur les montagnes et dans les cavernes, où ils vivaient comme les bêtes.

C’est pourquoi ils portaient des bâtons couverts de feuillage, des rameaux verts, et des palmes, à l’honneur de celui qui leur avait procuré la liberté de purifier son temple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Thyrses signifie proprement des bâtons couverts de branches de lierre ou de vigne, que portaient Bacchus et les bacchantes ; mais il se prend aussi quelquefois pour des simples rameaux de verdure. ? Son lieu, c’est-à-dire, son temple.

Et ils enjoignirent, par une déclaration et une ordonnance unanime, à toute la nation des Juifs, de célébrer cette fête tous les ans les mêmes jours.

Telle fut donc la mort d’Antiochus qui fut appelé l’Illustre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Noble. Voir 1 Machabées, 10, 1. ? Ainsi, etc. Voir 1 Machabées, 6, 1-16 et 2 Machabées, 1, 13-17.

Nous représenterons maintenant les actions d’Eupator, fils de cet impie Antiochus, et nous abrégerons le récit des maux qui sont arrivés pendant ces guerres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Antiochus V Eupator. Voir 1 Machabées, 3, 32.

Ce prince, étant parvenu à la couronne, établit pour la conduite des affaires de son royaume un certain Lysias, général des armées de Phénicie et de Syrie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lysias. Voir 1 Machabées, 3, 32.

Car Ptolémée, surnommé le Maigre, résolut d’observer religieusement la justice envers les Juifs, principalement à cause de ce traitement si injuste qu’on leur avait fait, et d’agir toujours avec un esprit de paix à leur égard.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Maigre (macer) ; dans le grec, long, haut de taille. ? Ptolémée. Voir 1 Machabées, 3, 38.

C’est pourquoi étant accusé auprès d’Eupator par ses favoris, qui le traitaient souvent de traître, parce qu’il avait abandonné Chypre que le roi Philométor lui avait confiée, et qu’après être passé dans le parti d’Antiochus l’Illustre, il s’était encore éloigné de lui, il s’empoisonna et se fit mourir.

Or Gorgias, qui commandait vers la Palestine, ayant pris avec lui des troupes étrangères, combattait souvent et maltraitait fort les Juifs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gorgias. Voir plus haut, 1 Machabées, 3, 38.

Mais les Juifs, qui tenaient des places fortes et d’une situation avantageuse, recevaient ceux qui avaient été chassés de Jérusalem, et cherchaient les occasions de faire la guerre.

Cependant ceux qui étaient avec Machabée, ayant conjuré par leurs prières le Seigneur de venir à leur secours, attaquèrent avec une grande vigueur les forteresses des Iduméens ;

Et après un rude combat, ils s’en rendirent les maîtres, taillèrent en pièces tout ce qu’ils rencontrèrent, et tous ensemble ne tuèrent pas moins de vingt mille hommes.

Quelques-uns s’étant retirés en deux tours extrêmement fortes, où ils avaient tout ce qui était nécessaire pour se défendre,

Machabée laissa pour les forcer Simon, Joseph, et Zachée, et des troupes assez nombreuses qu’ils avaient avec eux ; et pour lui il marcha avec ses gens pour des expéditions plus pressantes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Joseph. Voir plus haut, 2 Machabées, 8, 22. ? Zachée est tout à fait inconnu.

Mais les gens de Simon, poussés d’un mouvement d’avarice, se laissant gagner pour de l’argent par quelques uns de ceux qui étaient dans ces tours, et ayant reçu soixante-dix mille drachmes, en laissèrent échapper quelques uns.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Didrachmes. Voir 2 Machabées, 4, 19.

Ce qui étant rapporté à Machabée, il assembla les premiers du peuple, et accusa ces gens-là d’avoir vendu leurs frères pour de l’argent, en laissant échapper leurs ennemis.

Et après avoir fait mourir ces traîtres, il força aussitôt les deux tours.

Et tout cédant heureusement à la valeur de ses armes, il tua dans ces deux places plus de vingt mille hommes.

Mais Timothée, qui avait auparavant été vaincu par les Juifs, ayant levé une armée de troupes étrangères, et assemblé de la cavalerie d’Asie, vint en Judée, s’imaginant s’en rendre maître par les armes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Timothée, dont il a été parlé plus haut, voir 2 Machabées, 8, 30.

Dans le temps même qu’il approchait, Machabée, et ceux qui étaient avec lui, conjurèrent le Seigneur, la cendre sur la tête, leurs reins couverts d’un cilice,

Et prosternés au pied de l’autel, de leur être favorable, et de se déclarer l’ennemi de leurs ennemis, et l’adversaire de leurs adversaires, selon la parole de la loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au pied ou à la base de l’autel (ad altaris crepidinem) ; selon le grec : à la base de l’autel du parfum ; c’est-à-dire, entre l’autel des holocaustes et le vestibule du temple. C’est l’endroit où, selon le prophète Joël (voir Joël, 2, 17), les prêtres se prosternaient pour prier dans les calamités publiques. ? Comme dit la loi (voir Exode, 23, 22-23).

Ainsi ayant pris les armes après la prière, et s’étant avancés assez loin de la ville, ils s’arrêtèrent lorsqu’ils furent près des ennemis.

Aussitôt que le soleil commença à paraître, les deux armées marchèrent l’une contre l’autre, les uns ayant, outre leur valeur, le Seigneur même pour garant de la victoire et du succès de leurs armes, et les autres n’ayant pour guide dans le combat que leur courage.

Mais lorsque le combat était opiniâtre de part et d’autre, les ennemis virent paraître du ciel cinq hommes sur des chevaux, ayant des freins d’or qui les rendaient éclatants, et servant de guides aux Juifs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Eclatants ou brillants, étant au nominatif (decori) dans la Vulgate, se rapporte aux cinq hommes (viri quinque) ; mais le grec le rapporte plus naturellement, ce semble, aux chevaux. Peut-être que le decori de la Vulgate est un simple faute de copiste, et qu’il faudrait lire decoris.

Deux d’entre eux, marchant aux deux côtés de Machabée, le couvraient de leurs armes, afin qu’il ne pût être blessé ; les autres lançaient des traits et des foudres contre les ennemis, qui, frappés d’aveuglement et mis en désordre, tombaient morts devant eux.

Il y en eut vingt mille cinq cents de tués, et six cents chevaux.

Timothée s’enfuit à Gazara, qui était une place forte où commandoit Chéréas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gazara. Voir 1 Machabées, 14, 34. ? Chéréas, frère de Timothée (voir verset 37).

Machabée, et ceux qui étaient avec lui, tout remplis de joie, assiégèrent cette forteresse pendant quatre jours.

Ceux qui étaient dedans, se confiant sur la force de la place, les outrageaient extraordinairement par leurs injures, et proféraient des paroles abominables.

Mais dès le matin du cinquième jour, vingt jeunes hommes de ceux qui étaient avec Machabée, irrités par ces blasphèmes, s’approchèrent courageusement de la muraille, et y montèrent avec une résolution incroyable ;

Et d’autres y étant montés ensuite, commencèrent à mettre le feu aux tours et aux portes, et brûlèrent tout vifs ces blasphémateurs.

Ils pillèrent et ravagèrent tout dans la place pendant l’espace de deux jours entiers ; et ayant trouvé Timothée en un certain lieu où il se cachait, ils le tuèrent avec son frère Chéréas et Apollophanès.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Apollophanès est un personnage inconnu.

Après cela, chantant des hymnes et des cantiques, ils bénissaient le Seigneur qui avait fait ces grandes choses en Israël, et qui les avait rendus victorieux de leurs ennemis.