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1 Machabées 9

Cependant Démétrius ayant appris que Nicanor avait été tué dans le combat, et son armée défaite, envoya de nouveau en Judée Bacchide et Alcime, avec l’aile droite de ses troupes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Démétrius Ier Soter. ― Nicanor, voir 1 Machabées, 7, vv. 26, 43. ― De nouveau Bacchide et Alcime. Voir 1 Machabées, 7, vv. 5, 8. ― L’aile droite, expression obscure. Plusieurs commentateurs pensent qu’elle désigne la partie principale de l’armée syrienne.

Ils marchèrent par le chemin qui mène à Galgala, et campèrent à Masaloth, qui est en Arbelles ; et ils prirent cette ville, et y tuèrent un grand nombre d’hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Galgala, probablement la Galilée. ― Masaloth, peut-être la même que Masal, ville de la tribu d’Aser (voir Josué, 21, 30 ; 1 Paralipomènes, 6, 74). ― Arbelles, peut-être mis ici pour Araboth, ou plaines. Comparer à 1 Machabées, 5, 23. ― Ames, c’est-à-dire, personnes, est ici purement pléonastique, son complément hommes ayant la même signification. ― Sur Arbelles, voir Osée, 10, 14.

Au premier mois de l’année cent cinquante-deux ils se rendirent avec toute l’armée près de Jérusalem ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au premier mois de l’année sacrée, qui était le septième de l’année civile. Ce mois commençait à la nouvelle lune de mars, selon les rabbins ; mais c’était plus probablement à celle d’avril. ― L’année cent cinquante-deuxième du règne des Grecs ; elle répond à la cent-cinquante-neuvième avant Jésus-Christ.

Et vingt mille hommes allèrent à Bérée, avec deux mille chevaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bérée, peut-être la même que Béroth, ville de la tribu de Benjamin (voir Josué, 18, 25).

Or Judas s’était campé à Laïse avec trois mille hommes choisis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Laïsa, site inconnu. Ce nom est diversement écrit dans les versions et les manuscrits. Cette localité devait être située en tout cas à l’ouest ou au sud de Jérusalem.

Et ses gens voyant une si grande armée furent saisis de frayeur ; et plusieurs se retirèrent du camp, en sorte qu’il n’en demeura que huit cents.

Lorsque Judas vit son armée réduite à ce petit nombre, et la nécessité où il était de combattre, il en eut le cœur abattu, parce qu’il n’avait pas le temps de les rassembler, et il se sentit comme défaillir.

Il dit à ceux qui étaient restés : Allons, et marchons à nos ennemis pour les combattre, si nous pouvons.

Mais ses gens l’en détournaient, en lui disant : Nous ne le pourrons jamais ; mais pensons présentement à assurer notre vie, et retournons à nos frères, et après cela nous reviendrons combattre contre eux ; car nous sommes trop peu de gens.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nos âmes, c’est-à-dire, nos personnes ou nos vies.

Judas leur dit : Dieu nous garde d’en user ainsi, et de fuir devant eux ! si notre heure est arrivée, mourons courageusement pour nos frères, et ne souillons notre gloire par aucune tache.

L’armée ennemie étant sortie de son camp, vint au-devant d’eux, et la cavalerie fut divisée en deux corps ; les frondeurs et les archers marchaient à la tête de l’armée, et tous ceux qui les suivaient au premier rang étaient les plus fermes et les plus vaillants.

Bacchide était à l’aile droite, et les bataillons marchèrent des deux côtés, et firent retentir le bruit des trompettes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Légion (legio), chez les Anciens, Romains signifiait un corps de gens de guerre, composé d’infanterie et de cavalerie. Le texte grec porte phalange, terme de milice macédonienne, qui désignait un bataillon de troupes serrées d’infanterie.

Les gens de Judas sonnèrent aussi de la trompette de leur côté, la terre retentit du bruit des armes, et le combat dura depuis le matin jusqu’au soir.

Judas ayant reconnu que l’aile droite de Bacchide était la plus forte, fit un effort avec les plus vaillants de ses troupes :

Ils rompirent cette aile droite, et les poursuivirent jusqu’à la montagne d’Azot.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Azot, ville des Philistins.

Mais ceux qui étaient à l’aile gauche, voyant que l’aile droite avait été défaite, suivirent par-derrière Judas et ses gens ;

Et le combat fut longtemps opiniâtre ; plusieurs de part et d’autre furent blessés et tués.

Judas lui-même tomba mort, et tous les autres s’enfuirent.

Jonathas et Simon emportèrent le corps de Judas leur frère, et le mirent dans le sépulcre de leurs pères, dans la ville de Modin.

Tout le peuple d’Israël fit un grand deuil à sa mort, et ils le pleurèrent plusieurs jours,

Et ils disaient : Comment cet homme invincible est-il tombé, lui qui sauvait le peuple d’Israël !

Les autres guerres de Judas, les actions extraordinaires qu’il a faites, et la grandeur de son courage, ne sont pas ici décrites, parce qu’elles sont eu trop grand nombre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toutes les autres guerres de Judas ; littéralement, toutes les autres paroles (voir 1 Machabées, 6, 3) des guerres de Judas ; le grec porte : Les restes des discours et des guerres de Judas.

Après la mort de Judas, les méchants parurent de tous côtés dans Israël ; et tous les hommes d’iniquité s’élevèrent de toutes parts.

En ce même temps il survint une fort grande famine, et tout le pays avec ses habitants se rendit à Bacchide.

Bacchide choisit des hommes impies, et leur donna le gouvernement de tout le pays :

Ils faisaient une très-exacte recherche des amis de Judas, et les amenaient à Bacchide, qui exerçait sa vengeance sur eux, et les traitait avec insulte.

Et Israël fut accablé d’une si grande affliction, qu’on n’en avait point vu de semblable depuis le temps qu’il ne paraissait plus de prophète dans Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Depuis le jour, etc., c’est-à-dire, depuis la mort des prophètes Aggée, Zacharie et Malachie, qui parurent quelques temps après la captivité de Babylone.

Alors tous les amis de Judas s’assemblèrent, et dirent à Jonathas :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jonathas se distingua par sa vaillance dans les combats et plus encore par son habileté politique. Il sut si bien mettre à profit les divisions intestines de la Syrie qu’il réussit à affranchir la Judée.

Depuis que votre frère Judas est mort, il ne se trouve point d’homme semblable à lui pour marcher contre Bacchide, et les autres ennemis de notre nation.

C’est pourquoi nous vous avons aujourd’hui choisi pour être notre prince et notre chef en sa place, et pour nous conduire dans toutes nos guerres.

Jonathas reçut donc alors le commandement, et prit la place de Judas son frère.

Bacchide en fut averti, et il cherchait les moyens de le tuer.

Mais Jonathas, et Simon son frère, et tous ceux qui les accompagnaient, l’ayant su, ils s’enfuirent dans les déserts de Thécua, et s’arrêtèrent près des eaux du lac d’Asphar.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Thécua, ville près de Jérusalem, dans la tribu de Juda. ― Le lac d’Asphar est probablement le lac Asphaltite, nommé par les Hébreux la mer de Sodome, et par les Grecs, Asphaltite, à cause de l’asphalte ou bitume qu’on en tire. ― Le désert de Thécua, qui tire son nom de la ville ainsi appelée, commence à deux heures environ au sud-est de Bethléhem et s’étend jusqu’à la mer Morte. Il n’y a guère que des pâturages pour les troupeaux. Sur la ville de Thécua(é), voir Amos, 1, 1.

Bacchide le sut, et vint lui-même avec toute son armée, le jour du sabbat, au-delà du Jourdain.

Alors Jonathas envoya son frère qui commandait le peuple, et pria les Nabuthéens qui étaient leurs amis, de leur prêter leur équipage qui était fort grand.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Nabuthéens ; voir 1 Machabées, 5, 25. ― De leur prêter, ou bien de prendre sous leur garde, comme portent le grec, le syriaque, l’historien Josèphe et même quelques exemplaires latins, qui lisent en effet, commendarent illis.

Mais les fils de Jambri étant sortis de Madaba, prirent Jean avec tout ce qu’il avait, et l’enlevèrent avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ma(é)daba, ville célèbre dans la terre de Moab (voir Isaïe, 15, 2). ― Jean était un des fils de Mathathias. Comparer plus haut à 1 Machabées, 2, 2.

Après cela, on vint dire à Jonathas, et à son frère Simon, que les fils de Jambri faisaient un mariage célèbre, et qu’ils menaient de Madaba en grande pompe une nouvelle fiancée, qui était fille d’un des premiers princes de Chanaan.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cela ; littéralement, ces paroles. Voir 1 Machabées, 6, 3.

Ils se souvinrent alors du sang de Jean leur frère, et ils s’allèrent cacher derrière une montagne qui les mettait à couvert.

Ayant levé les yeux, ils virent un grand tumulte et un appareil magnifique ; le nouveau marié parut avec ses amis et ses parents, et vint au-devant de la fiancée, au son des tambours et des instruments de musique, accompagné de beaucoup de gens armés.

En même temps ils sortirent de leur embuscade, et fondant sur eux, ils en tuèrent un grand nombre ; le reste s’enfuit sur les montagnes, et ils emportèrent toutes leurs dépouilles :

Ainsi les noces se changèrent en deuil, et les concerts de musique en cris lamentables.

Ils vengèrent de cette sorte le sang de leur frère, et ils retournèrent sur les bords du Jourdain.

Bacchide en fut averti, et il vint avec une puissante armée le jour du sabbat sur le bord du Jourdain.

Alors Jonathas dit à ses gens : Allons combattre nos ennemis ; car il n’en est pas de ce jour comme d’hier ou du jour d’auparavant ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hier et avant-hier ; hébraïsme pour auparavant.

Nous avons les ennemis en tête et derrière nous, l’eau du Jourdain, avec les marais et le bois à droite et à gauche, et il ne nous reste aucun moyen d’échapper.

C’est pourquoi criez au ciel, afin que vous soyez délivrés des mains de vos ennemis. En même temps la bataille se donna.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Paralipomènes, 20, 3.

Et Jonathas étendit la main pour frapper Bacchide ; mais Bacchide évita le coup en se retirant en arrière :

Enfin Jonathas et ceux qui étaient avec lui se jetèrent dans le Jourdain, et le passèrent à la nage devant eux.

Mille hommes de l’armée de Bacchide demeurèrent ce jour-là sur la place ; et il retourna avec ses gens à Jérusalem.

Ils bâtirent des villes fortes dans la Judée, et fortifièrent de hautes murailles, de portes et de serrures, les citadelles qui étaient à Jéricho, à Ammaiis, et à Béthoron, à Béthel, à Thamnata, à Phara, et à Thopo ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ammaüs, vraisemblablement Emmaüs. ― Thamnata, ville de la tribu de Dan. ― Phara, selon le grec Pharatoni, dans la tribu d’Ephraïm (voir Juges, 12, 15). ― Thopo, peut-être la même que Taphua, dans la même tribu. ― Béthoron, voir 1 Machabées, 3, 16. ― Sur Emmaüs, voir 1 Machabées, 3, 40.

Et il y mit des garnisons pour faire des courses contre Israël.

Il fortifia aussi Bethsura, et Gazara, et la forteresse ; il y mit des gens pour les garder, avec une grande provision de vivres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethsura. Voir 1 Machabées, 4, 61. ― Gazara. Voir 1 Machabées, 14, 34.

Il prit pour otages les enfants des premières personnes du pays, et il les tint prisonniers dans la forteresse de Jérusalem.

En la cent cinquante-troisième année, au second mois, Alcime commanda qu’on abattît les murailles de la partie intérieure du temple, et qu’on détruisît les ouvrages des prophètes ; et il commença à les faire abattre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La cent quarante-troisième année du règne des Grecs ; elle répond à la cent cinquante-huitième avant Jésus-Christ. ― Au second mois de l’année sacrée, qui était le huitième de l’année civile. Ce mois commençait à la nouvelle lune d’avril, selon les rabbins ; mais c’était plus probablement à celle de mai. ― Les murs, etc. Il y avait dans l’intérieur du temple plusieurs murs : celui qui séparait le saint d’avec le sanctuaire ; celui qui séparait le parvis des prêtres d’avec le parvis du peuple, enfin celui qui séparait les gentils d’avec les Juifs. ― Les ouvrages des prophètes. C’était en effet les prophètes Aggée et Zacharie, qui avaient contribué, par leurs exhortations, à la construction du temple après la captivité.

Mais il fut frappé de Dieu en ce même temps, et il ne put achever ce qu’il avait commencé ; sa bouche fut fermée, il devint perclus par une paralysie, et il ne put plus dire une seule parole, ni mettre aucun ordre à sa maison.

Alcime mourut de la sorte, étant tourmenté de grandes douleurs.

Bacchide voyant qu’Alcime était mort, s’en retourna vers le roi ; et le pays demeura en repos pendant deux ans.

Au bout de ce temps tous les méchants formèrent entre eux ce dessein : Jonathas, dirent-ils, et ceux qui sont avec lui vivent maintenant en paix et en assurance : faisons donc venir Bacchide, et il les surprendra tous en une nuit.

Ainsi ils allèrent le trouver, et lui donnèrent ce conseil.

Bacchide se hâta donc de venir avec une grande armée, et il envoya en secret des lettres à ceux qui étaient de son parti dans la Judée, pour les avertir de se saisir de Jonathas et de ceux qui étaient avec lui ; mais ils ne le purent, parce que leur entreprise fut découverte.

Et Jonathas ayant pris cinquante hommes du pays, qui étaient les chefs d’un dessein si malicieux, il les fit mourir.

Il se retira ensuite avec son frère Simon, et ceux qui l’accompagnaient, à Bethbessen qui est au désert ; il en répara les ruines, et en fit une place forte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethbessen ; le grec lit Baïthbasi, l’historien Josèphe, Bethalaga ; vraisemblablement la même ville que Beth-Hagla, dans le désert de Jéricho (voir Josué, 15, 6).

Bacchide le sut ; et ayant assemblé toutes ses troupes, et fait avertir ceux qui étaient en Judée,

Il vint camper au-dessus de Bethbessen ; il la tint longtemps assiégée, et fit dresser des machines de guerre.

Mais Jonathas ayant laissé dans la ville son frère Simon, sortit à la campagne, marcha avec un assez grand nombre de gens,

Défit Odaren et ses frères, et les enfants de Phaseron dans leurs tentes ; et il commença à tailler en pièces ses ennemis, et à devenir célèbre par ses grandes actions.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Odaren et ses frères et les fils de Phaséron, tribus d’Arabes nomades dans les environs de Bethbessen.

Cependant Simon sortit de la ville avec ses gens, et ils brûlèrent les machines des ennemis ;

Ils attaquèrent l’armée de Bacchide, et la défirent ; et ils lui causèrent une extrême douleur, parce qu’il vit que ses desseins et toute son entreprise étaient sans effet.

C’est pourquoi il entra dans une grande colère contre ces hommes d’iniquité qui lui avaient conseillé de venir en leur pays ; et il en tua plusieurs, et résolut de s’en retourner en son pays avec le reste de son armée.

Jonathas en ayant été averti, lui envoya des ambassadeurs pour faire la paix avec lui, et lui offrir de lui rendre les prisonniers.

Bacchide reçut favorablement cette ouverture ; il consentit à ce qu’il voulait, et il jura que de sa vie il ne lui ferait aucun mal.

Il lui rendit les prisonniers qu’il avait pris dans le pays de Juda ; et étant retourné en son pays, il ne revint plus depuis en Judée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans son pays, à Antioche. ― Ses confins (fines ejus), les confins de Juda, la Judée.

Ainsi la guerre cessa dans Israël ; et Jonathas demeura à Machmas, où il commença à juger le peuple ; et il extermina les impies du milieu d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Machmas, sur les limites des tribus d’Ephraïm et de Benjamin (voir 1 Rois, 13, 2), Jonathas fit d’abord la sa résidence, parce qu’alors les troupes de Démétrius occupaient encore la citadelle de Jérusalem. ― Juger, c’est-à-dire, gouverner avec une pleine autorité.