Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← 1 Machabées 2 1 Machabées 3 sur 16 chapitres 1 Machabées 4 →

1 Machabées 3

Alors Judas, son fils, surnommé Machabée, prit sa place :

Il était assisté par tous ses frères, et par tous ceux qui s’étaient joints à son père ; et ils combattaient avec joie pour la défense d’Israël.

Ce fut lui qui accrut la gloire de son peuple ; il se revêtit de la cuirasse comme un géant, il se couvrait de ses armes dans les combats, et son épée était la protection de tout le camp.

Il devint semblable à un lion dans ses grandes actions, et à un lionceau qui rugit en voyant sa proie.

Il poursuivit les méchants en les cherchant de tous côtés ; et il brûla ceux qui troublaient son peuple :

La terreur de son nom fit fuir ses ennemis devant lui ; tous les ouvriers d’iniquité furent dans le trouble, et son bras procura le salut du peuple.

Ses grandes actions irritèrent plusieurs rois, et furent en même temps la joie de Jacob ; et son nom sera éternellement sa bénédiction.

Il parcourut les villes de Juda, il en chassa les impies, et il détourna la colère de dessus Israël.

Son nom devint célèbre jusqu’aux extrémités du monde, et il rassembla ceux qui étaient près de périr.

Alors Apollonius assembla les nations, et leva de Samarie une grande et puissante armée pour combattre Israël.

Et Judas en ayant été averti marcha contre lui, le défit, et le tua ; et un grand nombre des ennemis fut taillé en pièces, et le reste mis en fuite :

Il en rapporta les dépouilles, et il prit l’épée d’Apollonius, et s’en servit dans les combats toute la vie.

Séron, général de l’armée de Syrie, ayant appris que Judas avait rassemblé auprès de lui une grande troupe de ceux qui étaient fidèles à sa loi,

Dit en lui-même : Je m’acquerrai de la réputation et de la gloire dans tout le royaume, par la défaite de Judas et de tous ceux qui sont avec lui, qui méprisent les ordres du roi.

Il se prépara donc pour le combattre ; et l’armée des impies le suivit avec un puissant secours, pour se venger des enfants d’Israël.

Ils s’avancèrent jusqu’à Béthoron, et Judas vint au-devant d’eux avec peu de gens.

Mais ceux-ci ayant vu marcher contre eux l’armée ennemie, ils lui dirent : Comment pourrons-nous combattre contre une armée si grande et si forte, nous qui sommes en si petit nombre, et fatigués du jeûne d’aujourd’hui ?

Judas leur dit : Il est aisé que peu de gens en battent beaucoup ; et quand le Dieu du ciel nous veut sauver, il n’y a pas de différence à son égard entre un grand et un petit nombre ;

Car la victoire ne dépend point de la grandeur des armées, mais c’est du ciel que nous vient toute la force.

Ils marchent contre nous avec une multitude de gens superbes et insolents, pour nous perdre tous avec nos femmes et nos enfants, et pour s’enrichir de nos dépouilles ;

Mais pour nous, nous combattons pour notre vie et pour notre loi :

Et le Seigneur brisera lui-même tous leurs efforts devant nous ; c’est pourquoi ne les craignons point.

Quand il eut cessé de parler, il se jeta aussitôt sur eux ; et Séron fut renversé devant lui avec son armée ;

Judas le poursuivit à la descente de Béthoron jusqu’à la plaine, et huit cents hommes des ennemis furent tués ; mais le reste s’enfuit au pays des Philistins.

Alors la terreur de Judas et de ses frères se répandit de tous côtés parmi les nations voisines :

Son nom fut connu du roi même, et de tous les peuples qui parlaient des combats et des victoires de Judas.

Lors donc que le roi Antiochus eut reçu ces nouvelles, il entra dans une grande colère ; et il envoya dans tout son royaume lever des troupes, dont il fit une puissante armée :

Il ouvrit son trésor, il paya ses gens pour un an, et il leur commanda d’être prêts à tout.

Mais ayant vu que l’argent de ses trésors avait manqué, et qu’il retirait peu de tributs du pays de Judée, à cause des troubles qu’il y avait excités, et des maux qu’il y avait faits, en leur ôtant la loi qu’ils avaient gardée de tout temps ;

Il eut peur de n’avoir pas de quoi fournir comme auparavant aux frais de la guerre, et aux grandes libéralités qu’il avait accoutumé de faire avec une largesse extraordinaire, ayant été magnifique plus que tous les rois qui l’avaient précédé.

Dans cette grande consternation où il se trouvait, il résolut d’aller en Perse pour y lever les tributs des peuples, et y amasser beaucoup d’argent.

Il laissa donc Lysias, prince de la maison royale, pour avoir soin des affaires du royaume, et commander depuis le fleuve de l’Euphrate jusqu’au fleuve de l’Égypte ;

Et pour avoir soin de l’éducation de son fils Antiochus, jusqu’à ce qu’il fût de retour.

Il lui laissa la moitié de l’armée et des éléphants, et il lui donna ses ordres pour tout ce qu’il voulait faire, et pour ce qui regardait aussi les peuples de la Judée et les habitants de Jérusalem ;

Lui commandant d’y envoyer une armée, pour perdre et exterminer entièrement toutes les troupes d’Israël et les restes de Jérusalem, et pour effacer de ce lieu tout ce qui en pourrait renouveler la mémoire ;

D’établir des étrangers dans tout leur pays pour l’habiter, et de distribuer au sort toutes leurs terres.

Le roi prit la moitié de l’armée qui lui restait, partit d’Antioche, capitale de son royaume, en la cent quarante-septième année, passa l’Euphrate et traversa le haut pays.

Et Lysias choisit Ptolémée, fils de Dorymini, Nicanor et Gorgias, qui étaient des hommes puissants entre les amis du roi ;

Et envoya avec eux quarante mille hommes de pied, et sept mille chevaux ; il leur donna ordre d’aller dans le pays de Juda, et de ruiner tout, selon que le roi l’avait commandé.

Ils s’avancèrent donc avec toutes leurs troupes, et vinrent camper près d’Emmaüs, le long de la plaine.

Les marchands des pays voisins ayant su leur arrivée, prirent beaucoup d’or et d’argent, et des serviteurs, et vinrent au camp, afin d’acheter les enfants d’Israël que l’on devait faire esclaves ; et l’armée de Syrie se joignit à eux avec celle du pays des étrangers.

Judas et ses frères reconnurent alors que leurs maux s’étaient multipliés, et que l’armée ennemie s’approchait de leur pays : ils surent l’ordre que le roi avait donné de perdre leur peuple, et de le détruire entièrement ;

Et ils se dirent les uns aux autres : Relevons les ruines de notre nation, et combattons pour notre peuple et pour les choses saintes de notre religion.

Ils s’assemblèrent donc pour se préparer à combattre, et pour prier le Seigneur, et implorer sa bonté et ses miséricordes.

Jérusalem n’était point alors habitée, mais paraissait comme un désert ; on ne voyait plus aucun de ses enfants y entrer ou en sortir ; son sanctuaire était foulé aux pieds ; les étrangers demeuraient dans la forteresse, qui était devenue la retraite des nations ; toute la joie de Jacob en était bannie, et on n’y entendait plus le son de la flûte ni de la harpe.

Ils s’assemblèrent donc, et vinrent à Maspha, vis-à-vis de Jérusalem, parce qu’il y avait eu autrefois à Maspha un lieu de prière dans Israël.

Ils jeûnèrent ce jour-là, se revêtirent de cilices, se mirent de la cendre sur la tête, et déchirèrent leurs vêtements ;

Ils ouvrirent les livres de la loi, où les Gentils cherchaient à trouver quelque chose qui eût du rapport avec leurs idoles ;

Ils apportèrent les ornements sacerdotaux, les prémices et les décimes ; et ils firent venir les Nazaréens qui avaient accompli leurs jours ;

Et élevant leurs voix, ils poussèrent leurs cris jusqu’au ciel, en disant : Que ferons-nous à ceux-ci, et où les mènerons-nous ?

Votre sanctuaire a été souillé et foulé aux pieds, vos prêtres sont dans les larmes et dans l’humiliation.

Vous voyez que ces nations se sont assemblées pour nous perdre ; vous savez les desseins qu’elles ont formés contre nous.

Comment pourrons-nous subsister devant eux, si vous-même, ô Dieu, ne nous assistez ?

Et ils firent retentir les trompettes avec un grand bruit.

Après cela Judas établit des officiers pour commander l’armée, des tribuns, des capitaines de cent hommes, et des officiers de cinquante et de dix.

Et il dit à ceux qui venaient de bâtir des maisons, d’épouser des femmes, et de planter des vignes, et à tous ceux qui étaient timides, de retourner chacun en leur maison selon la loi.

Alors l’armée marcha, et vint camper près d’Emmaüs, du côté du midi.

Et Judas leur dit : Prenez vos armes ; et remplissez-vous de courage ; tenez-vous prêts pour demain au matin, afin de combattre contre ces nations assemblées contre nous pour nous perdre, et pour renverser notre sainte religion ;

Car il nous est meilleur de mourir dans le combat que de voir les maux de notre peuple, et la destruction de toutes les choses saintes.

Mais que ce qui est ordonné par la volonté de Dieu dans le ciel s’accomplisse !