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1 Machabées 16
Jean étant venu de Gazara, avertit Simon, son père, de tout ce que Cendébée avait fait contre leur peuple.
Et Simon ayant fait venir ses deux fils aînés, Judas et Jean, il leur dit : Nous avons battu et humilié, mes frères et moi, et toute la maison de mon père, les ennemis d’Israël, depuis notre jeunesse jusqu’à ce jour ; et les affaires ayant réussi sous notre conduite, nous avons délivré Israël diverses fois.
Me voilà maintenant devenu vieux, mais prenez ma place, tenez-moi lieu de frères, et allez combattre pour notre peuple ; je prie Dieu qu’il vous envoie son secours du ciel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De mes frères ; le grec porte, de mon frère, probablement Jonathas, qui avait été tué dans le temps qu’ils gouvernaient ensemble.
Après cela il choisit de tout le pays vingt mille hommes de pied et de cavalerie ; et ils marchèrent contre Cendébée, et reposèrent à Modin.
Et s’étant levés dès la pointe du jour, ils se rendirent dans la plaine ; et il parut tout d’un coup une grande armée de gens de pied et de cheval qui marchait contre eux, et un torrent séparait les deux armées.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un fleuve rapide, un gros torrent d’hiver.
Jean fit avancer ses troupes vers eux et voyant que ses gens craignaient de passer le torrent, il le passa le premier ; ce que ses troupes ayant vu, elles le passèrent après lui.
Il divisa son infanterie en deux corps, et mit au milieu sa cavalerie ; quant aux ennemis, ils avaient un très-grand nombre de gens de cheval.
Dans le moment que l’on eut fait retentir les sacrées trompettes, Cendébée prit la fuite avec toutes ses troupes : plusieurs furent blessés et tués, et le reste s’enfuit dans la forteresse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La forteresse de Gédor, qu’il avait fait fortifier, selon l’ordre d’Antiochus (voir 1 Machabées, 15, 39-40).
Judas, frère de Jean, fut blessé en cette occasion ; et Jean poursuivit les ennemis, jusqu’à ce qu’il arrivât à Cédron qu’il avait bâtie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cédron ne peut être autre que Gédor. Comparer à 1 Machabées, 15, 39.
Ils s’enfuirent jusqu’aux tours qui étaient dans la campagne d’Azot, et Jean fit brûler ces tours ; et il y eut deux mille des ennemis qui furent tués ; ensuite Jean retourna en paix en Judée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Azot. Voir plus haut, 1 Machabées, 5, 68.
Or Ptolémée, fils d’Abobus, avait été établi gouverneur de la plaine de Jéricho, et il avait beaucoup d’or et d’argent ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ptolémée, fils d’Adobi, ne nous est connu que par le récit de ce chapitre. Son nom grec semble indiquer des tendances hellénisantes dans sa famille.
Car il était gendre du grand-prêtre.
Et son cœur s’éleva d’orgueil ; il voulait se rendre maître de tout le pays, et il cherchait quelque moyen de se défaire en trahison de Simon et de ses fils.
Simon faisait alors la visite des villes qui étaient dans le pays de la Judée, et avait un fort grand soin d’y régler toutes choses. Étant arrivé à Jéricho, lui et ses deux fils Mathathias et Judas, l’an cent soixante-dix-sept, et l’onzième mois appelé sabath,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’année cent soixante dix-septième du règne des Grecs, et la cent trente-quatrième avant Jésus-Christ. ― Sabath, en hébreu Schebat, onzième mois de l’année sacrée et cinquième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune de janvier, selon les rabbins ; mais c’était plus probablement à celle de février.
Le fils d’Abobus les reçut avec un mauvais dessein, dans un petit fort qu’il avait fait bâtir, appelé Doch, et il leur fit un grand festin, ayant caché auparavant plusieurs hommes en ce lieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Doch ; l’historien Josèphe l’appelle Dagon, et la place au-dessus de Jéricho.
Après donc que Simon et ses fils eurent fait grande chère, Ptolémée se leva avec ses gens, et ayant pris leurs armes, ils entrèrent dans la salle du festin, et tuèrent Simon, ses deux fils et quelques uns de ses serviteurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Eut fait bonne chère. Dans le langage des Hébreux et des Hellénistes, le mot rendu dans la Vulgate par inebriari, signifie aussi boire autant que la soif et la nécessité le demandent, ou simplement faire bonne chère ; sens que les interprètes lui donnent généralement ici.
Il commit ainsi dans Israël une grande perfidie, et rendit le mal pour le bien.
Ptolémée écrivit ceci au roi, et lui manda de lui envoyer une armée pour le secourir, promettant de lui livrer le pays avec toutes les villes, et de lui payer le tribut.
Il envoya en même temps d’autres gens à Gazara pour tuer Jean ; et il écrivit aux officiers de l’armée de venir se joindre à lui, et de recevoir de l’argent et de l’or, et plusieurs présents qu’il voulait leur faire.
Il en envoya encore d’autres pour se rendre maîtres de Jérusalem et pour se saisir de la montagne où était le temple.
Mais un homme les ayant prévenus arriva à Gazara, et avertit Jean que son père et ses frères avaient été tués par Ptolémée, et qu’il avait envoyé des gens pour le tuer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le tuer ; littéralement, te tuer. Cette sorte de changement subit de personne qui n’est pas rare dans le style biblique, a pour but de donner de la force à l’idée qu’on exprime.
Cette nouvelle l’effraya extrêmement ; il fit ensuite arrêter ceux qui venaient pour le perdre, et les fit mourir ; car il reconnut qu’ils avaient dessein de le tuer.
Le reste de la vie de Jean, ses guerres, les grandes actions qu’il fit avec un courage extraordinaire, le soin qu’il eut de rebâtir les murailles de Jérusalem, et enfin tout ce qu’il fit pendant son gouvernement,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Forcé par les exigences de notre langue de nous écarter de la littéralité dans ce verset, nous croyons cependant l’avoir fait aussi peu que possible.
Est écrit au livre des annales de son sacerdoce, depuis qu’il fut établi prince des prêtres en la place de son père.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le livre des jours, les annales.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jean, surnommé Hyrcan, qui devait succéder à son père Simon comme prince et grand prêtre des Juifs (135-105), était probablement le frère cadet de Juda, voir le verset 2, mais le plus brave et le plus habile des fils de Simon.