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1 Machabées 13

Cependant Simon fut averti que Tryphon avait levé une grande armée pour venir tout ravager dans le pays de Juda.

Et voyant le peuple saisi de frayeur, il monta à Jérusalem, et fit assembler tout le monde.

Il leur dit pour les encourager : Vous savez combien nous avons combattu, mes frères et moi, et toute la maison de mon père, pour nos lois et pour le saint temple, et en quelles afflictions nous nous sommes vus :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les saints lieux, c’est-à-dire le temple.

C’est pour cela que tous mes frères sont péris en voulant sauver Israël ; et je suis demeuré seul.

Mais à Dieu ne plaise que je veuille épargner ma vie tant que nous serons dans l’affliction ! car je ne suis pas meilleur que mes frères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon âme, ma personne ou ma vie.

Je vengerai donc mon peuple et le sanctuaire, nos enfants et nos femmes, parce que toutes les nations se sont assemblées pour nous opprimer, par la seule haine qu’elles nous portent.

À ces paroles tout le peuple fut animé de courage ;

Ils lui répondirent en haussant leur voix : Vous être notre chef en la place de Judas et de Jonathas, votre frère :

Conduisez-nous dans nos combats ; et nous ferons tout ce que vous nous ordonnerez.

Aussitôt il fit assembler tous les gens de guerre, et il rebâtit en diligence toutes les murailles de Jérusalem, et la fortifia tout autour.

Il envoya Jonathas, fils d’Absasalom, à Joppé, avec une nouvelle armée ; et après qu’il en eut chassé tous ceux qui étaient dedans, il y demeura avec ses troupes.

Cependant Tryphon partit de Ptolémaïde avec une grande armée, pour venir dans le pays de Juda ; et il menoit avec lui Jonathas qu’il avait retenu prisonnier.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Ptolémaïde. Voir plus haut, 1 Machabées, 5, 15.

Simon se campa près d’Addus, vis-à-vis de la plaine.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Addus paraît être la même ville qu’Adiada (voir 1 Machabées, 12, 38). ― La plaine de Séphéla (voir 1 Machabées, 12, 38). ― Addus devait être dans le voisinage de Lydda.

Et Tryphon ayant su que Simon avait été établi en la place de Jonathas, son frère, et qu’il se disposait à lui livrer bataille, lui envoya des ambassadeurs,

Et lui fit dire : Nous avons retenu Jonathas, votre frère, parce qu’il devait de l’argent au roi, à cause des affaires dont il a eu la conduite.

Mais envoyez-moi présentement cent talents d’argent, et ses deux fils pour otages, et pour assurance qu’étant mis en liberté il ne s’enfuira pas vers nos ennemis, et nous vous le renverrons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cent talents d’argent. Voir 1 Machabées, 11, 28.

Quoique Simon reconnût qu’il ne lui parlait ainsi que pour le tromper, il commanda néanmoins que l’on envoyât l’argent avec les enfants, de peur d’attirer sur lui une grande haine de la part du peuple d’Israël, qui aurait dit :

Jonathas est péri, parce qu’on n’a pas envoyé cet argent et ses enfants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lui, c’est-à-dire à Tryphon.

Il envoya donc et les enfants et les cent talents ; et Tryphon manqua à sa parole, et ne renvoya point Jonathas.

Il entra ensuite dans le pays pour tout ravager ; et il tourna par le chemin qui mène à Ador ; mais Simon le côtoyoit avec son armée par tous les lieux où il marchoit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ador, probablement la ville appelée Adora dans l’historien Josèphe, Aduram dans 2 Paralipomènes, 11, 9. ― Ador était à l’ouest de l’Hébron.

Alors ceux qui étaient dans la forteresse envoyèrent des gens à Tryphon, pour le prier de se hâter de venir par le désert, et de leur envoyer des vivres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceux (la garnison syrienne) qui étaient dans la citadelle d’Acra, à Jérusalem. ― Par le désert de Juda, à l’ouest de la mer Morte.

Tryphon tint toute sa cavalerie prête pour partir cette nuit-là même ; mais comme il y avait une grande quantité de neige, il n’alla point au pays de Galaad.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il ne vint pas en Galaad. Le texte grec dit au contraire, ce qui est plus facile à comprendre, qu’il vint en Galaad. La neige qui tomba inopinément, ce qui n’est pas très rare à Jérusalem et sur les hauteurs, en janvier et février, quoiqu’elle ne dure pas longtemps, empêcha Tryphon d’aller ravitailler la garnison de Jérusalem et lui fit rebrousser chemin du côté du pays de Galaad.

Et lorsqu’il fut proche de Bascaman, il tua là Jonathas avec ses fils.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bascaman, localité inconnue, dans le pays de Galaad. Salut (salutem). Voir 1 Machabées, 10, 18.

Ensuite tournant visage tout d’un coup, il s’en retourna en son pays.

Alors Simon envoya quérir les os de son frère Jonathas, et les ensevelit à Modin, qui était la ville de ses pères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Modin. Voir plus haut, 1 Machabées, 2, 1.

Tout Israël fit un grand deuil à sa mort, et ils le pleurèrent pendant plusieurs jours.

Et Simon fit élever sur le sépulcre de son père et de ses frères un haut édifice qu’on voyait de loin, dont toutes les pierres étaient polies devant et derrière.

Il fit dresser sept pyramides, dont l’une répondait à l’autre : une à son père, une à sa mère, et quatre à ses frères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Simon dressa sans doute la septième pyramide pour lui-même.

Il fit dresser tout autour de grandes colonnes ; et sur les colonnes, des armes, pour servir d’un monument éternel ; et auprès des armes, des navires en sculpture, pour être vus de loin par tous ceux qui navigueraient sur la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il posa, etc. Simon était alors gouverneur de toutes les côtes maritimes, depuis Tyr jusqu’aux frontières de l’Egypte (comparer à 1 Machabées, 11, 59).

C’est là le sépulcre qu’il fit à Modin, et que l’on voit encore.

Or Tryphon, étant en voyage avec le jeune roi Antiochus, le tua en trahison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tryphon… tua Antiochus par ruse. Tite-Live rapporte qu’il fit tuer cet enfant de dix ans par les médecins, sous prétexte de lui faire une opération chirurgicale (142).

Et il régna en sa place, s’étant mis sur la tête le diadème d’Asie ; et il fit de grands maux dans tout le pays.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’Asie. Voir plus haut, 1 Machabées, 8, 6.

Simon cependant réparait les places de la Judée, les fortifiant avec de autes tours, de grandes murailles, des portes et des serrures ; et il faisait mettre des vivres dans tous les lieux fortifiés.

Il choisit aussi des hommes qu’il envoya vers le roi Démétrius, le priant de rétablir la Judée dans ses franchises, parce que toute la conduite de Tryphon n’avait été jusqu’alors qu’une violence et un brigandage.

Le roi Démétrius répondit à la demande qu’il lui avait faite, et lui récrivit en ces termes :

Le Roi Démétrius, à Simon, grand-prêtre et ami des rois, aux anciens, et à tout le peuple des Juifs, salut.

Nous avons reçu la couronne et la palme d’or que vous nous avez envoyées ; et nous sommes disposés à faire avec vous une paix solide et durable, et à écrire à nos intendants qu’ils vous fassent les remises selon les grâces que nous vous avons accordées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le bahem ; ce mot de la Vulgate qui peut être l’accusatif de bahis ou bahes est inconnu d’ailleurs. Le grec lit baïnen, que l’on entend assez généralement d’une palme ou d’une branche de palmier. Comparer à 2 Machabées, 14, 4 ( ?). On suppose que cette palme ou cette branche de palmier était d’or comme la couronne.

Tout ce que nous avons ordonné en votre faveur, demeurera ferme et inviolable ; les places que vous avez fortifiées seront à vous.

Nous pardonnons aussi toutes les fautes et les manquements qui auraient pu se commettre jusqu’à aujourd’hui ; nous vous déchargeons de la couronne que vous deviez : que si l’on payait quelque autre impôt dans Jérusalem, on ne le paiera plus à l’avenir.

S’il s’en trouve parmi vous qui soient propres à être enrôlés dans nos troupes, ils y entreront ; et nous voulons qu’il y ait entre nous une bonne paix.

En l’année cent soixante-dixième, Israël fut affranchi du joug des nations.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’année cent soixante-dixième du règne des Grecs, la cent quarante-et-unième avant Jésus-Christ.

Et le peuple d’Israël commença à mettre cette inscription sur les tables et sur les registres publics : La première année sous Simon, souverain pontife, grand chef et prince des Juifs.

Vers ce temps-là Simon alla mettre le siège devant Gaza, l’investit avec son armée, dressa des machines, s’approcha des murailles de la ville, et en ayant attaqué une tour, il l’emporta.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gaza, ville des Philistins.

Ceux qui étaient dans une de ces machines, étant entrés tout d’un coup dans la ville, il s’excita un grand tumulte parmi le peuple.

Ceux de la ville vinrent donc, avec leurs femmes et leurs enfants, sur les murailles, ayant leurs habits déchirés ; et ils jetèrent de grands cris, en demandant à Simon qu’il les reçût à composition,

Et lui disant : Ne nous traitez pas selon notre malice, mais selon vos miséricordes.

Simon, touché de compassion, ne voulut point les exterminer ; mais il les chassa seulement hors de la ville, et il purifia les maisons où il y avait eu des idoles ; il entra ensuite dans Gaza, en chantant des hymnes, et bénissant le Seigneur :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gaza, nommée au verset 43, et représentée ici par le pronom elle (eam).

Et après qu’il eut ôté de la ville toutes les impuretés, il y établit des hommes pour y observer la loi ; il la fortifia, et il y fit sa demeure.

Or ceux qui étaient dans la forteresse de Jérusalem, ne pouvant ni en sortir, ni entrer dans le pays, ni rien acheter, ni rien vendre, parce qu’on les en empêchait, sévirent réduits à une grande famine, et plusieurs d’entre eux moururent de faim :

Ils crièrent donc vers Simon pour lui demander composition ; et il la leur accorda ; il les chassa de la forteresse, et la purifia de toutes souillures.

Simon et ses gens y entrèrent ensuite le vingt-troisième du second mois, l’année cent soixante et onzième, ayant à la main des branches de palmes, et louant Dieu avec des harpes, des cymbales et des lyres, et chantant des hymnes et des cantiques, parce qu’un grand ennemi avait été exterminé d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Du second mois. Voir 1 Machabées, 9, 54. ― L’année cent soixante et onzième du règne des Grecs, et la cent quarantième avant Jésus-Christ.

Et il ordonna que ces jours se célébreraient tous les ans avec grande réjouissance.

Il fortifia aussi la montagne du temple qui était près de la forteresse, et il y habita avec ses gens.

Ensuite Simon voyant que Jean, son fils, était un homme de guerre très-vaillant, le fit général de toutes les troupes ; et Jean demeura à Gaza.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gazara. Voir 1 Machabées, 14, 34. ― Jean, surnommé Hyrcan. Voir plus loin, 1 Machabées, 16, 1.