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Esther 1

Au temps d'Assuérus, qui a régné depuis les Indes jusqu'à l'Éthiopie, sur cent vingt-sept provinces,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Assuérus. Xerxès Ier. Voir l’Introduction.

Lorsqu'il fut assis sur le trône de son royaume, Suse devint la capitale de son empire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Suse, capitale de la Susiane, sur l’Eulæus, une des résidences des rois de Perse.

La troisième année de son règne, il fit un grand festin à tous les princes de sa cour, à tous ses officiers, aux plus braves d'entre les Perses, aux premiers d'entre les Mèdes, aux gouverneurs des provinces, en sa présence.

Pour faire voir la gloire et les richesses de son empire, ainsi que sa grandeur et l'éclat de sa puissance. Ce festin dura longtemps, ayant été continué pendant cent quatre-vingts jours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le roi voulut que pendant cent quatre-vingt jours, son palais fût ouvert à tous les seigneurs de son vaste empire qui venaient le complimenter sur son avènement au trône et que pendant ce temps ils y fussent magnifiquement traités à mesure qu’ils arrivaient.

Et comme le temps de ce festin finissait, le roi invita tout le peuple qui se trouva dans Suse, depuis le plus grand jusqu'au plus petit ; il commanda qu'on préparât un festin pendant sept jours, dans le vestibule de son jardin et du bois qui avait été planté de la main des rois avec une magnificence digne d'eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Remarquons bien que le texte ne dit pas que tous les habitants de Suse se trouvèrent en même temps réunis dans le vestibule du jardin. On peut donc légitimement supposer que le peuple fut distribué en sept bandes différentes dont chacune avait son jour, pour éviter la confusion, et qu’on partagea ensuite les convives de chaque bande en plusieurs repas, dans le même jour.

Et de tous côtés étaient suspendues des tentures de bleu céleste, de blanc, et d'hyacinthe, lesquelles étaient soutenues par des cordons de fin lin, teints en écarlate, qui étaient passés dans des anneaux d'ivoire. et attachés à des colonnes de marbre. Des lits d'or et d'argent étaient rangés sur un pavé vert d'émeraude et de marbre blanc, qui était embelli de figures d'une admirable variété.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un pavé d’émeraude et de marbre de Paros en mosaïque. De Paros est un mot ajouté par la Vulgate.

Ceux qui avaient été invités buvaient dans des vases d'or ; et les viandes étaient servies dans des bassins tous différents les uns des autres. On y présentait aussi du plus excellent vin, et en grande abondance, comme il était digne de la magnificence royale.

Nul ne contraignait à boire ceux qui ne le voulaient pas ; mais le roi avait ordonné que l'un des grands de sa cour fût assis à chaque table, afin que chacun prit ce qu'il lui plairait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que chacun prît ce qu’il voudrait. Assuérus voulut bien en cette circonstance déroger à la coutume des Perses en vertu de laquelle les convives devaient boire autant que le roi du festin l’ordonnait.

La reine Vasthi fit aussi un festin aux femmes dans le palais où le roi Assuérus avait accoutumé de demeurer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vasthi. Voir l’Introduction.

Le septième jour, lorsque le roi était en gaieté, échauffé par l'excès du vin, il commanda à Maümam, Bazatha, Harbona, Bagatha, Abgatha, Zéthar, et Charchas, les sept eunuques qui servaient en la présence du roi Assuérus,

De faire venir devant le roi la reine Vasthi, le diadème en tête, pour faire voir sa beauté à tous les peuples, et aux grands, parce qu'elle était extrêmement belle.

Mais Vasthi refusa d'obéir, et dédaigna de venir, selon le commandement que le roi lui en avait fait faire par ses eunuques. Assuérus, irrité de ce refus, et transporté de fureur,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vasthi refusa ; fondée sur la loi qui ne permettait pas aux femmes en dignité de se montrer dans les festins.

Consulta les sages qui étaient toujours près de sa personne, selon la coutume des rois, et par le conseil desquels il faisait toutes choses, parce qu'ils savaient les lois et les coutumes.

(Or les premiers et les plus proches du roi étaient Charséna, Séthar, Admatha, Tharsis, Mares, Marsana, et Mamuchan, qui étaient les sept principaux seigneurs des Perses et des Mèdes, qui voyaient la face du roi, et qui avaient coutume de s'asseoir les premiers après lui.)

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui voyaient, etc. ; qui avaient l’honneur de voir le roi, ou qui étaient toujours près de lui. Comparer à 1 Esdras, 7, 14.

Il leur demanda donc quelle peine méritait la reine Vasthi, qui n'avait point obéi au commandement que le roi lui avait fait faire par ses eunuques.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quelle sentence, etc., est le complément direct de : Il demanda, qui se trouve au verset 13.

Mamuchan répondit en présence du roi et des premiers de sa cour : La reine Vasthi n'a pas seulement offensé le roi, mais encore tous les peuples, et tous les grands qui sont dans toutes les provinces du roi Assuérus ;

Car cette conduite de la reine parviendra à la connaissance de toutes les femmes, et leur apprendra à mépriser leurs maris, en disant : Le roi Assuérus a commandé à la reine Vasthi de venir se présenter devant lui, et elle l'a refusé.

Et, à son exemple, toutes les femmes des grands seigneurs des Perses et des Mèdes mépriseront les commandements de leurs maris ; ainsi la colère du roi est juste.

S'il vous plaît ainsi, qu'il se fasse un édit par votre ordre, et qu'il soit écrit, selon la loi des Perses et des Mèdes, qu'il n'est pas permis de violer. que la reine Vasthi ne se présentera plus devant le roi ; mais que sa dignité soit donnée à une autre, qui la mérite mieux qu'elle ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De vous ; littéralement et par hébraïsme de votre face.

Et que cet édit soit publié dans les provinces de votre vaste empire, afin que toutes les femmes, tant des grands que des petits, rendent hommage à leurs maris.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toutes les provinces de votre empire ; littéralement et par hypallage, tout l’empire de vos provinces.

Le conseil de Mamuchan plut au roi et aux princes ; et le roi fit selon son conseil.

Et il envoya des lettres à toutes les provinces de son royaume, en diverses langues et en divers caractères, afin que chaque nation pût entendre et lire, statuant que les maris eussent tout pouvoir et toute autorité chacun dans sa maison, et que cet édit fût publié parmi tous les peuples.