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Esther 15
Il manda à Esther (c’est-à-dire sans doute Mardochée) d’aller trouver le roi, et de le prier pour son peuple et pour son pays.
Souvenez-vous, lui dit-il, des jours de votre abaissement, et de quelle sorte vous avez été nourrie entre mes mains, parce que Aman, qui est le second après le roi, lui a parlé contre nous pour nous perdre :
Invoquez donc le Seigneur, parlez pour nous au roi, et délivrez-nous de la mort.
Le troisième jour Esther quitta les habits de deuil dont elle s’était revêtue, et se para de tous ses plus riches ornements.
Dans cet éclat de la magnificence royale, ayant invoqué Dieu, qui est le conducteur et le sauveur de tous, elle prit deux de ses suivantes,
Et s’appuyait sur une, comme ne pouvant soutenir son corps, à cause de son extrême faiblesse :
L’autre suivait sa maîtresse, portant sa robe qui traînait à terre.
Elle cependant, ayant un teint vermeil, et les yeux pleins d’agréments et d’éclat, cachait la tristesse de son âme, qui était toute saisie de frayeur.
Et ayant franchi toutes les portes, elle se présenta devant le roi au lieu où il était assis sur son trône, avec une magnificence royale, étant tout brillant d’or et de pierres précieuses ; et il était terrible à voir.
Aussitôt qu’il eut levé la tête, et qu’il l’eut aperçue, la fureur dont il était saisi paraissant au dehors par ses yeux étincelants, la reine tomba comme évanouie, et la couleur de son teint se changeant en pâleur, elle laissa tomber sa tête sur la fille qui la soutenait.
En même temps Dieu changea le cœur du roi, et lui inspira de la douceur ; il se leva tout d’un coup de son trône, craignant pour Esther ; et la soutenant entre ses bras, jusqu’à ce qu’elle fût revenue à elle, il la caressait, en lui disant :
Qu’avez-vous, Esther ? Je suis votre frère ; ne craignez point.
Vous ne mourrez point ; car cette loi n’a pas été faite pour vous, mais pour tous les autres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cette loi ; la loi qui défendait de paraître devant le roi sans avoir été appelé. Voir Esther, 4, 11.
Approchez-vous donc, et touchez mon sceptre.
Et voyant qu’elle demeurait toujours dans le silence, il prit son sceptre d’or, et, le lui ayant mis sur le cou, il la baisa, et lui dit : Pourquoi ne me parlez-vous point ?
Esther lui répondit : Seigneur, vous m’avez paru comme un ange de Dieu, et mon cœur a été troublé par la crainte de votre gloire.
Car, seigneur, vous êtes admirable, et votre visage est plein de grâces.
En disant ces paroles, elle retomba encore, et elle pensa s’évanouir.
Le roi en était tout troublé, et ses ministres le consolaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De sa parure ; qui était en ce moment une parure de deuil. Comparer à Esther, 14, 2. ― De sa gloire ; de sa dignité, c’est-à-dire de ses habits de reine.