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Judith 8
Et il arriva lorsque Judith, veuve, eut appris ces choses, laquelle était fille de Mérari, fils d’Idox, fils de Joseph , fils d’Ozias, fils d’Élaï, fils de Jamnor, fils de Gédéon, fils de Raphaïm, fils d’Achitob, fils de Mclchia, fils d’Énan, fils de Nathanias, fils de Salathiel, fils de Siméon, fils de Ruben :
(Son mari fut Manassé, qui mourut au temps de la moisson des orges ;
Car il pressait ceux qui liaient les gerbes dans un champ ; l’ardeur du soleil lui donna sur la tête, et il mourut dans Béthulie , sa ville, et il fut enseveli avec ses pères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La grande chaleur vint sur sa tête ; il fut frappé d’insolation, accident commun en Palestine.
Il y avait déjà trois ans et demi que Judith était restée veuve de lui.
Elle s’était fait au haut de sa maison une chambre secrète, où elle demeurait enfermée avec ses servantes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une chambre secrète, en grec, une tente. Elle avait disposé sur la terrasse de sa maison, qui en formait le toit, une espèce de tente, où elle vivait retirée.
Et ayant un cilice sur ses reins, elle jeûnait tous les jours de sa vie, hors les jours de sabbat, de la nouvelle lune, et des fêtes de la maison d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les néoménies, les jours de la nouvelle lune, qui marquaient le commencement d’un mois.
Elle était parfaitement belle ; et son mari lui avait laissé de grandes richesses, un grand nombre de serviteurs, et des domaines où il y avait de nombreux troupeaux de bœufs et de moutons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par famille nombreuse on entend généralement un grand nombre de domestiques.
Elle était très-estimée de tout le monde, parce qu’elle avait une grande crainte du Seigneur ; et il n’y avait personne qui dît d’elle le moindre mal : )
Ayant donc appris qu’Ozias avait promis de livrer la ville dans cinq jours, elle envoya quérir Chabri et Charmi, anciens du peuple.
Et ils vinrent à elle, et elle leur dit : Comment donc Ozias a-t-il consenti de livrer la ville aux Assyriens, s’il ne vous venait du secours dans cinq jours ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quelle est, etc. Autrement : Quel est le motif pour lequel.
Et qui êtes-vous, pour tenter le Seigneur ?
Ce n’est pas là le moyen d’attirer sa miséricorde, mais plutôt d’exciter sa colère, et d’allumer sa fureur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une parole ; ou bien une chose.
Vous avez prescrit à Dieu le terme de sa miséricorde ; et vous lui avez marqué un jour, selon qu’il vous a plu.
Mais parce que le Seigneur est patient, faisons pénitence de cette faute même, et implorons sa miséricorde avec beaucoup de larmes ;
Car Dieu ne menace point comme un homme, et il ne s’enflamme point de colère comme les enfants des hommes.
C’est pourquoi humilions nos âmes devant lui, et, pénétrés de l’esprit de l’humilité et dévoués à son service, demeurons dans un esprit d’abaissement.
Prions le Seigneur avec larmes de nous faire sentir en la manière qu’il lui plaira les effets de sa miséricorde, afin que comme l’orgueil de nos ennemis nous a remplis de trouble et de crainte, notre humilité aussi devienne pour nous un sujet de gloire ;
Car nous n’avons point suivi les péchés de nos pères qui ont abandonné leur Dieu, et qui ont adoré des dieux étrangers,
Et qui, en punition de ce crime, ont été abandonnés au glaive, au pillage, et à la confusion parmi leurs ennemis : mais pour nous, nous ne connaissons point d’autre Dieu que lui.
Attendons humblement sa consolation ; et il demandera notre sang aux afflictions de nos ennemis ; il humiliera toutes les nations qui s’élèvent contre nous, et le Seigneur notre Dieu les couvrira de honte.
Et maintenant, mes frères, comme vous êtes les anciens du peuple de Dieu, et que leur âme dépend de vous, parlez-leur d’une manière qui leur relève le cœur, en les faisant souvenir que nos pères ont été tentés pour éprouver s’ils servaient Dieu véritablement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leur âme ; hébraïsme, pour leur vie.
Ils doivent se souvenir comment Abraham notre père a été tenté, et qu’ayant été éprouvé par beaucoup de tribulations, il est devenu l’ami de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 22, 1.
C’est ainsi qu’Isaac, que Jacob, que Moïse, et que tous ceux qui ont plu à Dieu, ont passé par plusieurs tribulations, et sont toujours demeurés fidèles.
Mais ceux qui n’ont pas reçu ces épreuves dans la crainte du Seigneur, qui ont témoigné leur impatience, et ont irrité le Seigneur par leurs reproches et par leurs murmures,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui ont témoigné, etc. Voir Nombres, 11, 1 ; 14, 2 ; 20, 2-6.
Ont été exterminés par l’ange exterminateur, et ont péri par les serpents.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 10, 9.
C’est pourquoi ne témoignons point d’impatience dans ces maux que nous souffrons ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne nous vengeons pas par impatience ; ne nous irritons pas.
Mais considérant que ces supplices mêmes sont moindres que nos péchés, croyons que ces fléaux dont Dieu nous châtie comme ses serviteurs nous sont envoyés pour nous corriger, et non pour nous perdre.
Ozias et les anciens lui répondirent : Tout ce que vous avez dit est véritable, et il n’y a rien à reprendre dans vos paroles.
Nous vous supplions donc de prier pour nous, parce que vous êtes une femme sainte, et craignant Dieu.
Judith leur répondit : Comme vous reconnaissez que ce que j’ai pu vous dire est de Dieu,
Éprouvez aussi si ce que j’ai résolu de faire vient de lui ; et priez-le d’affermir le dessein que j’ai.
Vous vous tiendrez cette nuit à la porte de la ville ; et je sortirai avec ma suivante ; et priez le Seigneur, afin que, comme vous avez dit, il regarde son peuple dans ces cinq jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Avec ma servante, en latin abra mea. Il ne s’agit pas d’une servante ordinaire, mais d’une femme de confiance, sans doute celle de ses servantes qui était placée à la tête de toutes les autres.
Mais je ne veux point que vous recherchiez mon dessein ; et jusqu’à ce que je vous en instruise moi-même, qu’on ne fasse autre chose que prier le Seigneur notre Dieu pour moi.
Ozias, prince de Juda, lui répondit : Allez en paix ; et que le Seigneur soit avec vous, pour se venger de nos ennemis. Et, retournant, ils s’en allèrent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il arriva que Judith apprit ; littéralement que Judith ayant appris ; ce qui laisse la phrase suspendue et inachevée. Le grec dit simplement : Et Judith apprit. ― Au lieu de Ruben, le grec et le syriaque lisent Israël. Ruben, en effet, était fils d’Israël ou Jacob. De plus, Judith nomme expressément comme patriarche de sa tribu ce Siméon qui était fils de Jacob (voir Judith, 9, 2). Enfin on ne lit le nom de Siméon parmi les fils de Ruben, dans aucune des diverses listes généalogiques des patriarches.