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Judith 7

Le lendemain Holoferne commanda à ses troupes de marcher contre Béthulie.

Or il y avait cent vingt mille hommes de pied, et vingt-deux mille cavaliers, sans compter ceux qu’il avait pris dans sa marche, et les jeunes hommes qu’il avait amenés des provinces et des villes dont il s’était rendu maître.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Outre les hommes armés ; littéralement Outre les préparations ou les armements des hommes ; car, dans le langage de l’Ecriture, ces deux mots se confondent quand il s’agit de guerres, de batailles. ― Que la captivité avait atteints ; qui avaient été faits captifs par Holoferne. ― Toute la jeunesse est dans la Vulgate au génitif, comme complément du mot préparations ou armements ; ainsi le véritable sens est : et outre toute la jeunesse armée.

Ils se disposèrent tous à combattre les enfants d’Israël, et ils vinrent le long de la montagne jusqu’au sommet qui regarde Dothaïn, depuis le lieu appelé Belma, jusqu’à Chelmon, qui est vis-à-vis Esdrelon.

Les Israélites , voyant cette multitude, se prosternèrent en terre ; et se couvrant la tête de cendres, ils prièrent d’un même cœur le Dieu d’Israël, afin qu’il lui plût de faire éclater sa miséricorde sur son peuple.

Et prenant leurs armes, ils se mirent dans les lieux qui mènent au passage du chemin étroit entre les montagnes, et ils y faisaient la garde pendant tout le jour et toute la nuit.

Holoferne, parcourant les lieux d’alentour de la montagne, trouva que la fontaine qui coulait dans la ville, avait du côté du midi un aqueduc qui était hors des murailles ; et il commanda qu’on coupât l’aqueduc.

Il y avait néanmoins des fontaines qui n’étaient pas loin des murs de la ville, où l’on voyait les assièges aller puiser de l’eau furtivement, pour soulager plutôt leur soif que pour l’apaiser.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour se rafraîchir, etc. ; c’est-à-dire pour soulager leur soif, plutôt que pour l’étancher ; car le peu d’eau qu’ils pouvaient prendre ne suffisait pas pour les désaltérer.

Mais les fils d’Ammon et les fils de Moab s’approchèrent d’Holoferne, disant : Les Israélites n’espèrent ni en leurs lances, ni en leurs flèches ; mais les montagnes les défendent, et ces collines entourées de précipices font toute leur force.

Afin donc que vous puissiez les vaincre sans combat, mettez des gardes près des fontaines, pour les empêcher d’y puiser de l’eau ; et vous les ferez périr sans l’épée ; ou, se lassant de souffrir la soif, ils rendront leur ville, qu’ils croient imprenable parce qu’elle est sur le haut d’une montagne.

Ce conseil plut à Holoferne et à ses officiers, et il plaça des centeniers près de chaque fontaine, tout alentour.

Cette garde ayant été faite pendant vingt jours, toutes les citernes et les réservoirs d’eau qui étaient dans la ville de Béthulie furent mis à sec : et il ne restait pas dans toute la ville de quoi donner à boire un seul jour aux habitants, car on distribuait chaque jour au peuple l’eau par mesure.

Alors les hommes, les femmes , les jeunes gens et les petits enfants, vinrent en foule trouver Ozias, et lui dirent tout d’une voix :

Que Dieu soit juge entre vous et nous ; car vous nous avez attiré ces maux, n’ayant pas voulu parler de paix avec les Assyriens ; et c’est pour cela que Dieu nous a livrés entre leurs mains.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 5, 21.

Ainsi nous demeurons sans secours, et la soif nous fait périr malheureusement devant leurs yeux.

C’est pourquoi assemblez maintenant tous ceux qui sont dans la ville, afin que nous nous rendions tous volontairement au peuple d’Holoferne.

Car il vaut mieux qu’étant captifs nous vivions au moins, et bénissions le Seigneur, que de mourir, et être en opprobre à tous les hommes, en voyant nos femmes et nos enfants périr ainsi devant nos yeux.

Nous vous conjurons aujourd’hui devant le ciel et la terre, et devant le Dieu de nos pères, qui se venge de nous selon la grandeur de nos péchés, de livrer incessamment la ville entre les mains d’Holoferne, et de nous faire trouver une mort prompte par l’épée, au lieu de cette mort lente que la soif qui nous brûle nous fait souffrir.

Après qu’ils lui eurent parlé de la sorte, il se fit de grands cris et de grandes lamentations dans toute l’assemblée ; et pendant plusieurs heures ils crièrent tout d’une voix à Dieu en disant :

Nous avons péché avec nos pères, nous avons agi injustement, nous avons commis l’iniquité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 105, 6.

Ayez pitié de nous, parce que vous êtes bon, ou vengez nos crimes, en nous châtiant vous-même ; et n’abandonnez pas ceux qui vous confessent, à un peuple qui ne vous connait point.

Afin qu’on ne dise pas parmi les nations : Où est leur Dieu ?

Et quand, lassés à force de crier et de pleurer, ils se turent,

Ozias se levant ayant le visage baigné de larmes, dit : Ayez bon courage, mes frères, et attendons encore pendant cinq jours la miséricorde du Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ozias était sans doute persuadé que le peuple pourrait souffrir la soif pendant cinq jours, et il espérait en même temps que dans cet intervalle le grand prêtre lui enverrait quelque secours pour se défendre.

Peut-être qu’il apaisera sa colère, et qu’il glorifiera son nom.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Donnera-t-il, etc., c’est-à-dire glorifiera-t-il son nom, fera-t-il éclater la gloire de son nom ?

Si, ces cinq jours étant passés, il ne nous vient point de secours, nous ferons ce que vous avez proposé.