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Judith 6

Or il arriva que lorsqu’ils eurent cessé de parler, Holoferne, transporté de fureur, dit à Achior :

Parce que vous avez fait le prophète en nous disant que le Dieu d’Israël sera le défenseur de son peuple, pour vous faire voir qu’il n’y a point de dieu que Nabuchodonosor,

Lorsque nous les aurons tous tués comme un seul homme, vous tomberez vous-même sous le fer des Assyriens, et tout le peuple d’Israël périra avec vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Périra entièrement ; littéralement et par hébraïsme périra par la perte.

Et vous éprouverez que Nabuchodonosor est le maître de toute la terre ; et alors l’épée de mes soldats déchirera vos flancs, et vous tomberez percé de coups parmi les blessés d’Israël, et vous ne respirerez plus que pour périr avec eux.

Si vous croyez que votre prophétie soit véritable, que votre visage ne s’abatte point ; et qu’on n’y voie plus cette pâleur dont il est couvert, si vous vous imaginez que ce que je dis ne peut s’accomplir.

Et pour que vous connaissiez que vous éprouverez ces choses avec eux, vous serez joint dès à présent à ce peuple, afin que, lorsque mes armes leur feront souffrir la juste peine qu’ils ont méritée, vous soyez aussi vous-même puni avec eux.

Alors Holoferne commanda à ses gens de prendre Achior, de le mener à Béthulie, et de le mettre entre les mains des enfants d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vers Béthulie. « Feu Schulz, consul de Prusse à Jérusalem, avait proposé [en 1 847] de reconnaître Béthulia dans le village de Beit-Ilfa, placé à mi-chemin sur la route de Zerayn (Jezrahel), à Beysan (Scythopolis). Cette identification ne me paraît pas satisfaisante, et j’aime mieux voir Béthulia dans le bourg fortifié de Sanour, qui est réellement une des clés de la Judée et qui est à une heure et demie seulement au sud de Tell-Dothan, où sont les ruines de Dothaïn. A petite distance à l’est de Sanour sont une vallée et un khan, nommées Meitheloun, et qui pourraient bien avoir conservé un reflet du nom de Béthulia. » (DE SAULCY.)

Les gens d’Holoferne s’étant saisis de lui, s’en allèrent le long de la campagne ; mais comme ils approchaient des montagnes, les frondeurs sortirent contre eux.

Et eux, en se détournant du côté de la montagne, lièrent Achior à un arbre par les pieds et par les mains ; et l’ayant ainsi attaché avec des cordes ils le laissèrent là, et retournèrent vers leur maître.

Or les Israélites étant descendus de Béthulie, vinrent au lieu où il était : ils le délièrent et le conduisirent dans la ville, et l’ayant amené au milieu du peuple, ils lui demandèrent pourquoi les Assyriens l’avaient abandonné lié de la sorte.

En ce temps-là Ozias, fils de Micha, de la tribu de Siméon, et Charmi, qui s’appeloit aussi Gothoniel, commandaient dans le pays.

Ainsi Achior dit au milieu des anciens, et en présence de tout le peuple, ce qu’il avait répondu aux demandes d’Holoferne ; comment les gens d’Holoferne l’avaient voulu tuer pour avoir parlé de la sorte ;

Et comment Holoferne même, transporté de colère, avait commandé qu’on le mît entre les mains des Israélites, afin qu’après qu’il aurait vaincu les enfants d’Israël il fît aussi mourir Achior dans les supplices, parce qu’il avait dit que le Dieu du ciel était leur défenseur.

Quand Achior eut raconté toutes ces choses, tout le peuple se prosterna le visage contre terre, en adorant le Seigneur, et mêlant ensemble leurs cris et leurs pleurs, ils offrirent d’un même cœur leurs prières à Dieu,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Judith, 5, 6-25.

Disant : Seigneur Dieu du ciel et de la terre, regardez leur orgueil, et voyez notre abaissement, et considérez l’état où sont réduits vos saints ; faites voir que vous n’abandonnez point ceux qui présument de votre bonté, et que vous humiliez ceux qui présument d’eux-mêmes, et se glorifient de leurs propres forces.

Après ces pleurs, le peuple étant demeuré en prières durant tout le jour, ils consolèrent Achior,

Disant : Le Dieu de nos pères, dont vous avez annoncé la puissance, vous en récompensera, et vous fera voir à vous-même leur perte.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce sera plutôt toi, etc. Par ces paroles les Israélites font allusion à celles tout opposées qu’avait dites Holopherne (voir versets 3 à 6).

Et lorsque le Seigneur notre Dieu aura mis ainsi ses serviteurs en liberté, qu’il soit aussi votre Dieu au milieu de nous, afin que, selon qu’il vous plaira, vous viviez avec nous, vous et tous ceux qui vous appartiennent.

L’assemblée étant finie, Ozias le reçut en sa maison, et lui donna un grand souper.

Et y ayant invité tous les anciens, le jeûne étant fini, ils prirent ensemble leur nourriture.

On fit ensuite assembler tout le peuple, qui passa la nuit en prière dans le lieu où il s’était assemblé, demandant au Dieu d’Israël qu’il lui plût de venir à leur secours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le lieu de l’assemblée, c’est-à-dire la prière. Les Juifs des villes éloignées de Jérusalem avaient des lieux où ils se réunissaient pour prier ensemble.