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Judith 5
On donna avis à Holoferne, général de l’armée des Assyriens, que les enfants d’Israël se disposaient à lui résister, et qu’ils avaient fermé les passages des montagnes ;
Et il fut transporté de colère et tout embrasé de fureur, et il manda tous les princes de Moab et les chefs des Ammonites,
Et leur dit : Dites-moi qui est ce peuple qui occupe les montagnes, quelles sont leurs villes, et quelle en est la force et le nombre ; quelle est aussi la puissance de ce peuple, leur multitude, et le général de leur armée ;
Et pourquoi entre tous les peuples d’Orient ils sont les seuls qui nous ont méprisés, et ne sont point venus au-devant de nous pour nous recevoir en paix ?
Alors Achior, chef de tous les enfants d’Ammon, lui répondit : Seigneur, si vous daignez m’écouter, je vous dirai la vérité touchant ce peuple qui habite dans les montagnes, et nulle parole fausse ne sortira de ma bouche.
Ce peuple est de la race des Chaldéens.
Il habita premièrement en Mésopotamie, parce qu’ils ne voulaient pas suivre les dieux de leurs pères qui demeuraient dans le pays des Chaldéens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 11, 31.
Ayant donc abandonné les cérémonies de leurs ancêtres qui se rapportaient à la pluralité des dieux,
Ils adorèrent un seul Dieu du ciel, lequel leur commanda de sortir de ce pays-là, et d’aller demeurer à Chanan. Mais une famine ayant couvert tout le pays, ils descendirent en Égypte, où ils se multiplièrent de telle sorte, pendant l’espace de quatre cents ans, que leur armée ne put être comptée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 12, 1 ; 46, 6. ― Les Israélites demeurèrent seulement deux cents et quelques années en Egypte ; mais on pourrait trouver ces quatre cents en y comprenant le séjour qu’ils firent dans la terre de Chanaan depuis qu’Abraham s’y fut retiré.
Comme le roi d’Égypte les traitait avec dureté, et les accablait de travail en des ouvrages de terre et de brique, qu’il les obligeait de faire pour bâtir ses villes, ils crièrent à leur Dieu, qui frappa de différentes plaies toute la terre d’Égypte.
Et lorsque les Égyptiens les eurent chassés de leur pays, et que la plaie eut cessé, et qu’ils voulurent s’en rendre maîtres de nouveau, et les remettre sous leur esclavage,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 12, 33.
Le Dieu du ciel leur ouvrit la mer lorsqu’ils fuyaient, de manière que les eaux s’affermirent de côté et d’autre comme une muraille, et ils passèrent à pied sec au travers du fond de la mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 14, 29.
Et l’armée des Égyptiens, qui était innombrable, les ayant poursuivis dans ce lieu, fut tellement ensevelie dans les eaux, qu’il n’en demeura pas un seul qui pût apprendre cet événement à leurs descendants.
Après qu’ils furent sortis de la mer Rouge, ils campèrent dans les déserts de la montagne de Sina, dans lesquels personne n’avait jamais pu habiter, et où nul homme n’avait jamais pu demeurer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 2, 6.
Là les fontaines qui étaient amères devinrent douces pour eux, afin qu’ils pussent en boire, et durant l’espace de quarante ans ils reçurent du ciel la nourriture qui leur était nécessaire.
Partout où ils entraient sans arc et sans flèche, sans bouclier et sans épée, leur Dieu combattait pour eux, et demeurait toujours vainqueur.
Et il n’y eut personne qui s’élevât contre ce peuple, sinon lorsqu’il s’est retiré du service du Seigneur son Dieu.
Car toutes les fois qu’ils ont adoré un autre Dieu que le leur, ils ont été livrés en proie au glaive et à l’opprobre.
Et toutes les fois qu’ils se sont repentis d’avoir abandonné le culte de leur Dieu, le Dieu du ciel leur a donné la force pour se défendre.
Enfin ils ont vaincu les rois des Chananéens, des Jébuséens, des Phérézéens, des Héthéens, des Hévéens, des Amorrhéens, et les plus puissants d’Hésébon, et ils ont pris possession de leurs terres et de toutes leurs villes ;
Et ils ont été heureux tant qu’ils n’ont point péché contre leur Dieu, parce que leur Dieu hait l’iniquité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les biens, etc., étaient avec eux ; ils avaient du bonheur, ils étaient heureux.
Aussi il y a quelques années que, s’étant retirés de la voie que leur Dieu leur avait marquée pour y marcher, ils ont été taillés en pièces par diverses nations ; et plusieurs d’entre eux ont été emmenés captifs dans une terre étrangère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Avant ces dernières, etc. Les dix tribus avaient été peu de temps auparavant emmenées par Salmanasar captives en Assyrie, et Manassé n’avait dû être conduit que depuis peu à Babylone (voir 4 Rois, 17, vv. 3, 6 ; 2 Paralipomènes, 33, 11).
Mais depuis peu, étant retournés vers le Seigneur leur Dieu, ils furent réunis de cette dispersion ; ils ont repeuplé ces montagnes, et ils possèdent de nouveau Jérusalem, où est leur sanctuaire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leurs choses saintes. Voir Judith, 4, 10.
Maintenant donc, mon seigneur, informez-vous si ce peuple a commis quelque chose contre son Dieu : et, si cela est, allons les attaquer, parce que leur Dieu vous les livrera, et ils seront assujettis à votre puissance.
Mais si ce peuple n’a point offensé son Dieu, nous ne pourrons leur résister, parce que leur Dieu prendra leur défense, et nous deviendrons l’opprobre de toute la terre.
Or il arriva que lorsque Achior eut cessé de parler, tous les grands du camp d’Holoferne furent émus de colère contre lui, et pensaient à le tuer, se disant l’un à l’autre :
Qui est celui-ci, qui ose dire que les enfants d’Israël peuvent résister au roi Nabuchodonosor et à ses troupes, eux qui sont sans armes et sans force, et qui ne savent ce que c’est que l’art de combattre ?
Pour faire donc voir à Achior qu’il nous trompe, allons à ces montagnes ; et lorsque nous aurons pris les plus forts d’entre eux, on le percera de l’épée avec eux,
Afin que toute nation sache que Nabuchodonosor est le dieu de la terre, et qu’il n’y en a point d’autre que lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le roi ; c’est-à-dire le chef ; c’est en effet le sens qu’ont souvent en grec et en hébreu les termes auxquels correspond le latin rex de la Vulgate.