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Judith 11

Alors Holoferne lui dit : Ayez bon courage ; bannissez de votre cœur toute crainte, parce que je n’ai jamais fait de mal à qui que ce soit qui a voulu servir le roi Nabuchodonosor.

Si votre peuple ne m’avait point méprisé, je n’aurais pas tourné mes armes contre lui.

Mais dites-moi d’où vient que vous les avez quittés, et que vous vous êtes résolue de venir vers nous ?

Judith lui répondit : Accueillez les paroles de votre servante, parce que, si vous suivez les avis que votre servante a à vous donner, Dieu achèvera d’accomplir à votre égard ce qu’il a résolu.

Vive Nabuchodonosor, roi de la terre, et sa puissance qui est en vous, pour châtier toutes les âmes qui se sont égarées ; car non seulement vous lui asservissez les hommes, mais les bêtes mêmes des champs lui sont assujetties.

La sagesse de votre esprit est célèbre dans toutes les nations ; tout le monde publie que vous êtes le seul dont la puissance et la capacité éclatent dans tout son royaume ; et on ne parle dans tous les pays que de votre habileté dans la guerre.

On sait aussi ce qu’a dit Achior, et on n’ignore pas de quelle manière vous avez commandé qu’il fût traité.

Car il est certain que notre Dieu est tellement irrité par les péchés de son peuple, qu’il lui a fait dire par ses prophètes, qu’il le livrerait à cause de ses péchés.

Et parce que les Israélites savent qu’ils ont offensé leur Dieu, la terreur de vos armes les a saisis.

Ils sont de plus désolés par la famine ; et ils sont déjà au nombre des morts par la soif dont ils sont brûlés.

Ils ont même résolu entre eux de tuer leurs bestiaux, pour boire leur sang :

Et ils ont résolu de dépenser en froment, en vin, et en huile, les choses saintes auxquelles Dieu a défendu de toucher ; ils veulent consommer ainsi des choses auxquelles il ne leur est pas même permis de porter la main. Puis donc qu’ils se conduisent de cette sorte, il est certain qu’ils seront livrés à la ruine.

Ce que moi, votre servante, connaissant, je me suis enfuie d’avec eux ; et le Seigneur m’a envoyée vous annoncer toutes ces choses.

Car moi, votre servante, j’adore Dieu, même à présent, auprès de vous ; et je sortirai, et je prierai le Seigneur,

Et il me dira quand il doit leur rendre la peine de leurs péchés ; et je viendrai vous le dire : je vous mènerai alors au milieu de Jérusalem, et vous aurez tout le peuple d’Israël comme des brebis qui sont sans pasteur, et il n’y aura pas un chien qui aboie contre vous,

Parce que tout ceci m’a été révélé par la providence de Dieu.

Et parce que Dieu est en colère contre eux, je suis envoyée vers vous pour vous annoncer ces choses.

Or tout ce discours plut à Holoferne et à ses gens ; ils admiraient la sagesse de Judith, et se disaient l’un à l’autre :

Il n’y a point dans toute la terre une femme semblable à celle-ci, soit pour l’air et la beauté du visage, ou pour la sagesse des paroles.

Et Holoferne lui dit : Dieu nous a favorisés, de vous envoyer devant votre nation, pour nous la livrer entre les mains.

Et parce que vos promesses sont très-avantageuses, si votre Dieu fait cela pour moi, il sera aussi mon Dieu ; vous serez grande dans la maison de Nabuchodonosor, et votre nom deviendra illustre dans toute la terre.