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Tobie 6

Tobie se mit donc en chemin, et le chien le suivit, et il demeura la première nuit dans un lieu proche du fleuve du Tigre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le soir de la première journée du voyage, Tobie et son conducteur s’arrêtèrent sur les bords du Tigre, soit le fleuve célèbre de ce nom, qui traversait l’ancienne Ninive, ce qui impliquerait que l’Israélite demeurait sur la rive droite, soit le grand ou le petit Zab, affluents du Tigre, à l’est, à qui on donnait aussi ce nom.

Étant allé laver ses pieds, un poisson énorme sortit de l’eau pour le dévorer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un poisson énorme. C’était probablement un brochet. Ce poisson atteint souvent la grosseur d’un homme et peut devenir très vieux. Il est très vorace ; on a trouvé quelquefois dans ses entrailles des membres humains. La tête est grosse, l’ouverture de la bouche large et s’étend presque jusqu’aux yeux. On le rencontre dans le Tigre ; sa chair est excellente ; il est assez gros pour servir plusieurs jours de nourriture à des voyageurs, voir Tobie, 6, 6 ; il a des nageoires et des écailles et remplit ainsi les conditions prescrites par la loi pour que les Juifs puissent en manger, voir Lévitique, 11, 9-10 ; il a des ouïes, comme le suppose le texte.

Tobie en étant consterné, jeta un grand cri, disant : Seigneur, il s’élance sur moi.

L’ange lui dit : Prenez-le par les ouïes, et le tirez à vous. Ce qu’ayant fait, il le tira à terre ; et le poisson commença à se débattre à ses pieds.

Alors l’ange lui dit : Videz les entrailles de ce poisson, et conservez le cœur, le fiel, et le foie, parce qu’ils sont nécessaires pour en faire des remèdes très-utiles.

Ce qu’ayant fait, il en fit rôtir la chair, qu’ils emportèrent avec eux. Ils salèrent le reste, qui devait leur suffire jusqu’à ce qu’ils arrivassent à Ragès, au pays des Mèdes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Ragès. Voir Tobie, 3, 7.

Alors Tobie interrogea l’ange, et lui dit : Mon frère Azarias, je vous supplie de me dire quels sont les remèdes que l’on peut tirer de ce que vous avez voulu que nous gardassions de ce poisson ?

L’ange lui répondit : Si vous mettez un morceau du cœur sur les charbons, la fumée qui en sort chasse toute sorte de démons, soit d’un homme, soit d’une femme, en sorte qu’ils ne s’en approchent plus.

Le fiel est bon pour oindre les yeux où il y a quelque taie, et il les guérit.

Commentaire (versets 8 à 9) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 8 à 9 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

L’ange ordonna à Tobie de saisir le poisson par les ouïes, et, quand ils en eurent mangé, il lui recommanda de garder une partie du cœur, pour chasser le démon, et le fiel, pour guérir la taie des yeux. Les interprètes catholiques sont divisées sur la question de savoir s’il s’agit ici de propriétés naturelles ou surnaturelles de ces organes. Il s’agit plus vraisemblablement ici de propriétés miraculeuses que Dieu leur confère, afin que son ange puisse conserver jusqu’à la fin l’incognito et remplir néanmoins la mission secourable qui lui a été confiée. Il les guérit. Devant ces mots, il y a évidemment sous-entendu si on les oint avec ce fiel. Les ellipses de ce genre sont très communes dans le style de l’Ecriture.

Et Tobie lui dit : Où voulez-vous que nous logions ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quatrième section. Mariage du jeune Tobie avec Sara, du chapitre 6, verset 10, au chapitre 9.

L’ange lui répondit : Il y a ici un homme nommé Raguel, qui est de vos proches et de votre tribu ; il a une fille qui s’appelle Sara, et il n’a point de fils, ni d’autre fille qu’elle.

Tout son bien doit vous venir ; et il faut que vous épousiez cette fille.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Nombres, 27, 8 ; 36, 8.

Demandez-la donc à son père, et il vous la donnera en mariage.

Tobie lui répondit : J’ai ouï dire qu’elle avait déjà épousé sept maris, et qu’ils sont tous morts ; et on m’a dit aussi qu’un démon les avait tués.

Je crains donc que la même chose ne m’arrive aussi, et que comme je suis fils unique, je ne cause à mon père et à ma mère une affliction capable de conduire leur vieillesse au tombeau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans les enfers. Voir, sur le vrai sens de cette expression, Genèse, 37, 35.

Alors l’ange Raphaël lui dit : Écoutez-moi, et je vous apprendrai qui sont ceux sur qui le démon a du pouvoir.

Ceux qui embrassent le mariage de manière qu’ils bannissent Dieu de leur cœur et de leur esprit, et qu’ils ne pensent qu’à satisfaire leur brutalité, comme les chevaux et les mulets qui sont sans raison, le démon a pouvoir sur eux.

Mais pour vous, après que vous aurez épousé cette personne, étant entré dans la chambre, vivez avec elle en continence pendant trois jours, et ne pensez à autre chose qu’à prier Dieu avec elle.

Cette même nuit, mettez dans le feu le foie du poisson, et le démon sera mis en fuite.

La seconde nuit, vous serez admis dans la société des saints patriarches.

Et la troisième nuit, vous recevrez la bénédiction de Dieu, afin qu’il naisse de vous des enfants dans une parfaite santé.

La troisième nuit étant passée, vous prendrez cette vierge dans la crainte du Seigneur, et dans le désir d’avoir des enfants, plutôt que par un mouvement de passion, afin que vous ayez part à la bénédiction de Dieu, en la race d’Abraham, par vos enfants.

Commentaire (versets 20 à 22) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 20 à 22 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Dans la seconde et la troisième nuit, que vous passerez de même dans la continence et la prière, tu participeras à l’esprit, à la vertu des saints patriarches, et à la bénédiction qui consiste en une postérité nombreuse d’enfants de la race d’Abraham.