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Esdras 9
APRÈS que cela fut fait, les chefs des tribus vinrent me dire : Le peuple d’Israël, les prêtres et les Lévites ne se sont point séparés des abominations des peuples de ce pays, des Chananéens, des Héthéens, des Phérézéens, des Jébuséens, des Ammonites, des Moabites, des Égyptiens et des Amorrhéens.
Car ils ont pris de leurs filles, et les ont épousées. Ils ont donné aussi de ces filles à leurs fils, et ils ont mêlé la race sainte avec les nations : et les chefs des familles et les magistrats sont entrés les premiers dans ce violement de la loi.
Lorsque je les eus entendus parler de la sorte, je déchirai mon manteau et ma tunique, je m’arrachai les cheveux de la tête et les poils de la barbe, et je m’assis tout abattu de tristesse.
Tous ceux qui craignaient la parole du Dieu d’Israël s’assemblèrent auprès de moi pour ce violement de la loi, qu’avaient commis ceux qui étaient revenus de captivité, et je demeurai assis et tout triste jusqu’au sacrifice du soir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au sacrifice du soir, au moment où l’on offrait le soir un sacrifice dans le temple.
Et lorsqu’on offrait le sacrifice du soir, je me relevai de la consternation où j’avais été, et ayant mon manteau et ma tunique déchirés, je me mis à genoux, et j’étendis mes mains vers le Seigneur, mon Dieu,
et je lui dis : Mon Dieu ! je suis dans la confusion, et j’ai honte de lever les yeux devant vous ; parce que nos iniquités se sont accumulées sur nos têtes, depuis le temps de nos pères, et que nos péchés se sont accrus et sont montés jusqu’au ciel ;
nous sommes tombés aussi nous-mêmes jusqu’aujourd’hui dans de grands péchés, et nos iniquités ont été cause que nous avons été livrés, nous, nos rois et nos prêtres, entre les mains des rois des nations, et que nous avons été abandonnés à l’épée, à la servitude, au pillage, aux insultes et à la confusion, comme nous le sommes encore aujourd’hui.
Et maintenant le Seigneur, notre Dieu, a écouté un peu nos prières et nous a fait une grâce, comme d’un moment, pour nous laisser ce qui était demeuré d’entre nous, pour nous donner un établissement dans son lieu saint, pour éclairer nos yeux, et pour nous laisser un peu de vie dans notre esclavage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Afin qu’un reste, etc. La plupart des Juifs étaient demeurés captifs et dispersés. Ceux qui étaient revenus de Babylone ne formaient encore qu’un très petit nombre ; c’était comme une poignée de gens réchappés d’un naufrage général. ― Un pieu ; c’est-à-dire une demeure fixe et durable. ― Un peu de vie plus heureuse ; car bien que les Juifs ne fussent pas en captivité, ils étaient encore à quelques égards en servitude, puisqu’ils continuaient à vivre sous la dépendance de leurs maîtres.
Car nous sommes esclaves, et notre Dieu ne nous a pas abandonnés dans notre captivité, mais il nous a fait trouver grâce et miséricorde devant le roi des Perses, afin qu’il nous donnât la vie, qu’il élevât la maison de notre Dieu, qu’il la rebâtît après avoir été longtemps désolée, et qu’il nous laissât un lieu de retraite dans Juda et dans Jérusalem.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une haie ; un enclos, pour un abri sûr. ― Devant le roi de Perse. Le texte original porte les rois de Perse, au pluriel, parce qu’il ne s’agit pas seulement d’Artaxerxès, mais aussi de Cyrus et de Darius, qui non seulement avaient autorisé la reconstruction du Temple, mais y avaient contribué par leur dons.
Et maintenant, ô mon Dieu ! que dirons-nous après tant de grâces ? puisque nous avons violé vos commandements,
que vous nous avez donnés par les prophètes, vos serviteurs, en nous disant : La terre que vous allez posséder est une terre impure, comme le sont celles de tous les autres peuples, et elle est remplie des ordures et des abominations dont ils l’ont couverte depuis un bout jusqu’à l’autre.
C’est pourquoi ne donnez point vos filles à leurs fils, ne prenez point leurs filles pour les faire épouser à vos fils, et ne recherchez jamais ni leur paix, ni leur prospérité ; afin que vous deveniez puissants, que vous mangiez en repos les biens de cette terre, et qu’après vous vos enfants en héritent et en jouissent pour jamais.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 7, 3.
Mais après tous ces maux qui nous sont arrives à cause de nos œuvres très déréglées et de nos grands péchés, vous nous avez délivrés de nos iniquités, ô mon Dieu ! et vous nous avez sauvés, comme nous le voyons aujourd’hui.
Vous l’avez fait, afin que nous ne retournassions point en arrière, que nous ne violassions point vos commandements, et que nous ne fissions point d’alliance par les mariages avec les peuples abandonnés à toutes ces abominations ? Ô Seigneur ! serez-vous en colère contre nous jusqu’à nous perdre entièrement, sans laisser aucun reste de votre peuple pour le sauver ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Afin que nous, etc. ; littéralement afin que nous ne revinssions pas et que nous ne rendissions pas ; hébraïsme pour, afin que nous ne rendissions pas de nouveau.
Ô Seigneur, Dieu d’Israël ! vous êtes juste. Nous sommes aujourd’hui les seuls restes de votre peuple qui attendons le salut de vous. Vous nous voyez abattus devant vos yeux, dans la vue de notre péché : car après cet excès on ne peut pas subsister devant votre face.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leurs abominations, les actes de culte idolâtrique.