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1 Rois 2

OR le jour de la mort de David étant proche, il donna ces avis à Salomon, son fils, et lui dit :

Me voici près du terme où tous les hommes doivent arriver. Armez-vous de fermeté, et conduisez-vous en homme de cœur.

Observez tout ce que le Seigneur, votre Dieu, vous a commandé. Marchez dans ses voies, gardez ses cérémonies, ses préceptes, ses ordonnances et ses lois, selon qu’il est écrit dans la loi de Moïse ; afin que tout ce que vous avez à faire et tout ce que vous entreprendrez, vous le fassiez avec sagesse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 17, 19. ― Toutes tes démarches ; littéralement partout où tu te tourneras.

C’est ainsi que le Seigneur vérifiera la parole qu’il m’a donnée, lorsqu’il m’a dit : Si vos enfants veillent sur leurs voies, et qu’ils marchent devant moi dans la vérité de tout leur cœur et de toute leur âme, vous aurez toujours quelqu’un de vos descendants qui sera assis sur le trône d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un homme, etc. ; c’est-à-dire un homme de ta race ne sera pas exclu du trône d’Israël ; au contraire, ce sera toujours un de tes descendants qui l’occupera. Voir 3 Rois, 9, 5.

Vous savez aussi de quelle manière m’a traité Joab, fils de Sarvia, et ce qu’il a fait à deux généraux de l’armée d’Israël, à Abner, fils de Ner, et à Amasa, fils de Jéther, qu’il a assassinés, ayant répandu leur sang durant la paix comme il aurait fait durant la guerre, et en ayant ensanglanté le baudrier qui était sur ses reins, et les souliers qu’il avait aux pieds.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 3, 27 ; 20, 10.

Vous ferez donc selon votre sagesse, et vous ne permettrez pas qu’après avoir vieilli, il descende en paix dans le tombeau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et tu ne laisseras pas, etc. Voir Genèse, 37, 35 ; 42, 38.

Vous témoignerez aussi votre reconnaissance aux fils de Berzellaï de Galaad, et ils mangeront à votre table, parce qu’ils sont venus au-devant de moi lorsque je fuyais devant Absalom, votre frère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 19, 31.

Vous avez de plus auprès de vous Seméi, fils de Géra, fils de Jémini, de Bahurim, qui prononça des malédictions contre moi, et me dit les outrages les plus sanglants, lorsque je m’en allais au camp ; mais parce qu’il vint au-devant de moi quand je passai le Jourdain, je lui jurai par le Seigneur que je ne le ferais point mourir par l’épée :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 16, 5 ; 19, 19. ― Bahurim. Voir 2 Rois, note 16.5.

ne laissez pas néanmoins son crime impuni. Vous êtes sage pour savoir comment vous devez le traiter, et vous aurez soin qu’en sa vieillesse il ne descende au tombeau que par une mort sanglante.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avec du sang ; c’est-à-dire : teints de sang ; ou, après avoir versé son sang par une mort violente.

David s’endormit donc avec ses pères, et il fut enseveli dans la ville de David.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 2, 29.

Le temps du règne de David sur Israël fut de quarante ans. Il régna sept ans à Hébron, et trente-trois dans Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Paralipomènes, 29, 27. ― A Hébron. Voir Genèse, note 13.18.

En même temps Salomon prit possession du royaume de David, son père, et son règne s’affermit puissamment.

Alors Adonias, fils d’Haggith, vint trouver Bethsabée, mère de Salomon. Bethsabée lui dit : Venez-vous ici avec un esprit de paix ? Il lui répondit : Oui, j’y viens avec des pensées de paix.

Et il ajouta : J’ai un mot à vous dire. Dites, répondit Bethsabée.

Vous savez, dit Adonias, que la couronne m’appartenait, et que tout Israël m’avait choisi par préférence pour être son roi ; mais le royaume a été transféré, et il est passé à mon frère ; parce que c’est le Seigneur qui le lui a donné.

Maintenant donc je n’ai qu’une prière à vous faire ; ne me faites pas cette confusion que de me refuser. Bethsabée ajouta : Expliquez-vous.

Adonias lui dit : Comme le roi Salomon ne peut vous rien refuser, je vous prie de lui demander pour moi Abisag de Sunam, afin que je l’épouse.

Bethsabée lui répondit : Je le veux bien, je parlerai pour vous au roi.

Bethsabée vint donc trouver le roi Salomon, afin de lui parler pour Adonias. Le roi se leva, vint au-devant d’elle, la salua profondément, et s’assit sur son trône ; et l’on mit un trône pour la mère du roi, laquelle s’assit à sa main droite.

Bethsabée dit à Salomon : Je n’ai qu’une petite prière à vous faire ; ne me donnez pas la confusion d’être refusée. Le roi lui dit : Ma mère, dites ce que vous demandez ; car il ne serait pas juste de vous renvoyer mécontente.

Bethsabée lui dit : Donnez Abisag de Sunam à votre frère Adonias, afin qu’il l’épouse.

Le roi Salomon répondit à sa mère, et lui dit : Pourquoi demandez-vous Abisag de Sunam pour Adonias ? Demandez donc aussi pour lui le royaume : car il est mon frère aîné ; et il a déjà pour lui Abiathar, grand prêtre, et Joab, fils de Sarvia.

Salomon jura donc par le Seigneur, et dit : Que Dieu me traite dans toute sa sévérité, s’il n’est vrai qu’Adonias par cette demande a parlé contre sa propre vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que Dieu me fasse, etc. Voir Ruth, 1, 18. ― Contre son âme ; hébraïsme, pour contre sa vie, ou sa personne, lui-même.

Et maintenant je jure par le Seigneur qui m’a assuré la couronne, qui m’a fait asseoir sur le trône de David, mon père, et qui a établi ma maison comme il l’avait dit, qu’Adonias sera mis à mort aujourd’hui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

M’a fait une maison ; c’est-à-dire, m’a accordé une nombreuse famille. Comparer à Exode, 1, 21.

Et le roi Salomon ayant envoyé Banaïas, fils de Joïada, pour exécuter cet ordre, il perça Adonias, et le tua.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Envoya Banaïas ; littéralement : envoya par la main de Banaïas. Le mot main indique souvent en hébreu l’instrument, le moyen, l’entremise.

Le roi dit aussi à Abiathar, grand prêtre : Allez à Anathoth dans la terre qui vous appartient ; vous méritez la mort, mais je ne vous ferai pas mourir ; parce que vous avez porté l’arche du Seigneur, notre Dieu, devant David, mon père, et que vous avez accompagné mon père dans tous les travaux qu’il a endurés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un homme de mort, est un hébraïsme qui, comme un fils de mort, signifie : digne de mort. ― Anathoth, ville sacerdotale de Benjamin, près de Jérusalem, au nord-est de cette ville.

Salomon relégua donc Abiathar, afin qu’il ne fît plus les fonctions de grand prêtre du Seigneur, et que la parole que le Seigneur avait prononcée dans Silo touchant la maison d’Héli, fût ainsi accomplie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 2, 31. ― Afin que fût accomplie, etc. Voir 1 Rois, 2, 32.

Cette nouvelle étant venue à Joab, qui avait suivi le parti d’Adonias, et non celui de Salomon, il s’enfuit dans le tabernacle du Seigneur, et prit la corne de l’autel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et saisit la corne de l’autel. Voir 3 Rois, 1, 50.

On vint dire au roi Salomon, que Joab s’en était fui dans le tabernacle du Seigneur, et qu’il se tenait à l’autel ; et Salomon envoya Banaïas, fils de Joïada, et lui dit : Allez, et le tuez.

Banaïas vint au tabernacle du Seigneur, et dit à Joab : Le roi vous commande de sortir de là. Joab lui répondit : Je ne sortirai point, mais je mourrai en ce lieu. Banaïas fit son rapport au roi, et lui dit : Voilà la réponse que Joab m’a faite.

Le roi lui dit : Faites comme il vous a dit : tuez-le, et l’ensevelissez ; et vous empêcherez que ni moi ni la maison de mon père ne soyons chargés du sang innocent répandu par Joab.

Et le Seigneur fera retomber son sang sur sa tête, parce qu’il a assassiné deux hommes justes qui valaient mieux que lui, et qu’il a tué par l’épée, sans que mon père David le sût, Abner, fils de Ner, général de l’armée d’Israël, et Amasa, fils de Jéther, général de l’armée de Juda ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 3, 27 ; 20, 10.

et leur sang retombera pour jamais sur la tête de Joab et sur sa postérité. Mais que le Seigneur donne une éternelle paix à David et à sa postérité, à sa maison et à son trône.

Banaïas, fils de Joïada, étant donc allé trouver Joab, il l’attaqua et le tua ; et on l’ensevelit en sa maison dans le désert.

Alors le roi établit en la place de Joab, Banaïas, fils de Joïada, pour être général de l’armée, et Sadoc, pour grand prêtre en la place d’Abiathar.

Le roi envoya aussi appeler Seméi, et lui dit : Bâtissez-vous une maison dans Jérusalem, et demeurez-y, et n’en sortez point pour aller d’un côté ou d’un autre.

Si vous en sortez jamais, et que vous passiez le torrent de Cédron, sachez que vous serez tué au même jour, et votre sang retombera sur votre tête.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le torrent de Cédron qui forme la vallée à l’est et au sud-est de Jérusalem.

Seméi dit au roi : Cet ordre est très-juste. Ce que le roi, mon seigneur, a dit, sera exécuté par son serviteur. Seméi demeura donc longtemps à Jérusalem.

Mais trois ans s’étant passés, il arriva que les esclaves de Seméi s’enfuirent vers Achis, fils de Maacha, roi de Geth : et on vint dire à Seméi que ses esclaves étaient allés à Geth.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Geth, l’une des cinq grandes villes des Philistins.

Seméi fit donc aussitôt seller son âne, et s’en alla vers Achis à Geth pour redemander ses esclaves, et les ramena de Geth.

Salomon ayant été averti que Semei avait été de Jérusalem à Geth, et en était revenu,

l’envoya quérir, et lui dit : Ne vous ai-je pas averti auparavant, et ne vous ai-je pas juré par le Seigneur, en vous disant : Si vous sortez jamais pour aller d’un côté ou d’un autre, sachez que vous serez puni de mort au même jour ? et vous m’avez répondu : Rien n’est plus juste que ce que je viens d’entendre.

Pourquoi donc n’avez-vous pas gardé le serment que vous avez fait au Seigneur, et l’ordre que je vous avais donné ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le serment du Seigneur ; c’est-à-dire le serment fait au Seigneur.

Et le roi dit à Seméi : Vous savez tout le mal que votre conscience vous reproche d’avoir fait à David, mon père. Le Seigneur a fait retomber votre méchanceté sur votre tête.

Mais le roi Salomon sera béni, et le trône de David sera stable éternellement devant le Seigneur.

Le roi donna donc l’ordre à Banaïas, fils de Joïada, qui étant allé l’exécuter, frappa Seméi, et le tua.