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2 Samuel 24
LA colère du Seigneur s’alluma encore contre Israël ; et de là vint que pour les punir, il permit que David donna ordre que l’on comptât tout ce qu’il y avait d’hommes dans Israël et dans Juda.
Ce prince dit donc à Joab, général de son armée : Allez dans toutes les tribus d’Israël, depuis Dan jusqu’à Bersabée ; et faites le dénombrement du peuple, afin que je sache combien il y a d’hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dénombrez. Ce pluriel est mis ici, parce que Joab ne devait pas faire seul le dénombrement. ― Depuis Dan jusqu’à Bersabée. Voir Juges, note 20.1.
Joab répondit au roi : Que le Seigneur, votre Dieu, veuille multiplier votre peuple, et même le faire croître au centuple de ce qu’il est aux yeux du roi, mon seigneur ! mais que prétend faire mon seigneur par ce nouvel ordre ?
Néanmoins la volonté du roi l’emporta sur les remontrances de Joab et des principaux officiers de l’armée. Joab partit donc avec eux d’auprès du roi, pour faire le dénombrement du peuple d’Israël.
Ayant passé d’abord le Jourdain, ils vinrent à Aroër, au côté droit de la ville qui est dans la vallée de Gad,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aroër de Gad est différente d’Aroër sur l’Arnon ; elle était à l’est de Rabbath-Ammon.
et à Jazer. Ils allèrent de là en Galaad, et au bas pays d’Hodsi. Ils vinrent au bois de Dan, ils tournèrent autour de Sidon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jazer. Voir Nombres, 21, 32. ― Dans la terre inférieure d’Hodsi. Il faut corriger les noms propres qui ont été défigurés par les copistes et lire : à Cadès (ville) des Héthéens, dans la Cœlésyrie. ― Dan, au nord de la Palestine, à l’une des sources du Jourdain. ― Sidon, sur la Méditerranée, en Phénicie, au nord de Tyr.
Ils passèrent près des murailles de Tyr, traversèrent tout le pays des Hévéens et des Chananéens, et vinrent à Bersabée, qui est au midi de la tribu de Juda.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tyr, capitale de la Phénicie, sur la Méditerranée.
Ainsi ayant parcouru toutes les terres d’Israël, ils se rendirent à Jérusalem après neuf mois et vingt jours.
Joab donna au roi le dénombrement qu’il avait fait du peuple ; et il se trouva d’Israël huit cent mille hommes forts et propres à porter les armes ; et de Juda cinq cent mille.
Après ce dénombrement du peuple, David sentit un remords en son cœur ; et il dit au Seigneur : J’ai commis un grand péché dans cette action ; mais je vous prie, Seigneur ! de détourner de devant vos yeux l’iniquité de votre serviteur : car j’ai fait une très-grande folie.
Le lendemain matin lorsque David se fut levé, le Seigneur adressa sa parole à Gad, prophète, et voyant de David, et lui dit :
Allez dire à David : Voici ce que dit le Seigneur : Je vous donne le choix de trois fléaux ; choisissez celui que vous voudrez que je vous envoie.
Gad étant donc venu vers David, lui dit de la part du Seigneur : Ou votre pays sera affligé de la famine pendant trois ans ; ou vous fuirez durant trois mois devant vos ennemis qui vous poursuivront ; ou la peste sera dans vos États pendant trois jours. Délibérez donc maintenant, et voyez ce que vous voulez que je réponde à celui qui m’a envoyé.
David répondit à Gad : Je me trouve dans une étrange perplexité ; mais il vaut mieux que je tombe entre les mains du Seigneur, puisqu’il est plein de miséricorde, que dans les mains des hommes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 21, 13 ; Daniel, 13, 23.
Le Seigneur envoya donc la peste dans Israël depuis le matin de ce jour-là jusqu’au temps arrêté : et depuis Dan jusqu’à Bersabée il mourut du peuple soixante et dix mille personnes.
L’ange du Seigneur étendait déjà sa main sur Jérusalem pour la ravager, lorsque Dieu eut compassion de tant de maux, et dit à l’ange exterminateur : C’est assez, retenez votre main. L’ange du Seigneur était alors près de l’aire d’Aréuna, ou Ornan, Jébuséen.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Près de l’aire d’Aréuna, sur le mont Moriah. La colline sur laquelle fut bâti le Temple n’est nommé Moriah que dans 2 Paralipomènes, 3, 1, mais ce nom est passé dans l’usage courant, surtout à cause de la tradition qui identifie cette colline avec le nom Moriah où Abraham voulut offrir Isaac en sacrifice, voir Genèse, 22, 2.
Et David le voyant qui frappait le peuple, dit au Seigneur : C’est moi qui ai péché ; c’est moi qui suis le coupable : qu’ont fait ceux-ci qui ne sont que des brebis ? Que votre main, je vous prie, se tourne contre moi et contre la maison de mon père.
Alors Gad vint dire à David : Allez dresser un autel au Seigneur dans l’aire d’Aréuna, Jébuséen.
David, suivant cet ordre que Gad lui donnait de la part de Dieu, s’y en alla aussitôt.
Aréuna levant les yeux, aperçut le roi et ses officiers qui venaient à lui.
Il alla au-devant du roi ; il lui fit une profonde révérence en se baissant jusqu’en terre, et il lui dit : D’où vient que mon seigneur et mon roi vient trouver son serviteur ? David lui répondit : C’est pour acheter votre aire, et y dresser un autel au Seigneur ; afin qu’il fasse cesser cette peste qui tue tant de peuple.
Aréuna dit à David : Le roi, mon seigneur, peut prendre tout ce qu’il lui plaira pour offrir à Dieu. Voilà des bœufs pour l’holocauste, un chariot et des jougs de bœufs pour le bois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour servir de bois ; pour faire le bûcher.
Le roi Aréuna supplia le roi d’accepter toutes ces choses ; et il ajouta : Je prie le Seigneur, votre Dieu, d’agréer le vœu que vous lui faites.
Le roi lui répondit : Je ne puis recevoir ce que vous m’offrez : mais je l’achèterai de vous ; et je n’offrirai point en holocauste au Seigneur, mon Dieu, ce qui ne m’appartient pas. David acheta donc l’aire six cents sicles d’or ; et les bœufs, cinquante sicles d’argent ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pas du tout, etc. Construction elliptique. Voir 2 Rois, 18, 14. ― Cinquante sicles d’argent. Voir 2 Rois, note 18.11-12.
et il dressa là au Seigneur un autel, sur lequel il offrit des holocaustes et des hosties pacifiques. Ainsi le Seigneur se réconcilia avec Israël, et fit cesser la plaie dont il avait frappé son peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A la terre ; c’est-à-dire au pays d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 21, 1. ― Et il excita. Comme nous l’avons déjà remarqué, l’Ecriture dit souvent que Dieu fait ce qu’il permet seulement. D’ailleurs le dénombrement d’Israël n’étant point par lui-même un mal, Dieu a pu y exciter David, sans participer à la malice du démon, qui y porta ce prince, ni aux mauvaises dispositions par lesquelles il déplut à Dieu en l’exécutant. Dans l’endroit parallèle de 1 Paralipomènes, 21, 1), on lit : Satan au lieu de Seigneur.