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Genèse 4
OR Adam connut Eve, sa femme, et elle conçut et enfanta Caïn, en disant : Je possède un homme par la grâce de Dieu.
Elle enfanta de nouveau, et mit au monde son frère Abel. Or Abel fut pasteur de brebis, et Caïn s’appliqua à l’agriculture.
Il arriva longtemps après, que Caïn offrit au Seigneur des fruits de la terre.
Abel offrit aussi des premiers-nés de son troupeau, et de ce qu’il avait de plus gras. Et le Seigneur regarda favorablement Abel et ses présents.
Mais il ne regarda point Caïn, ni ce qu’il lui avait offert. C’est pourquoi Caïn entra dans une très-grande colère, et son visage en fut tout abattu.
Commentaire (versets 4 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 4 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
C’est la foi et la piété sincère d’Abel qui le rendirent, lui et ses dons, agréables à Dieu ; et c’est sans doute par le manque de ces sentiments que Caïn n’eut pas le même bonheur.
Et le Seigneur lui dit : Pourquoi êtes-vous en colère, et pourquoi paraît-il un si grand abattement sur votre visage ?
Si vous faites bien, n’en serez-vous pas récompensé ? Et si vous faites mal, ne porterez-vous pas aussitôt la peine de votre péché ? Mais votre concupiscence sera sous vous, et vous la dominerez.
Or Caïn dit à son frère Abel : Sortons dehors. Et lorsqu’ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 10, 3 ; Matthieu, 23, 35 ; 1 Jean, 3, 12 ; Jude, 1, 11.
Le Seigneur dit ensuite à Caïn : Où est votre frère Abel ? Il lui répondit : Je ne sais : suis-je le gardien de mon frère ?
Le Seigneur lui repartit : Qu’avez-vous fait ? La voix du sang de votre frère crie de la terre jusqu’à moi.
Vous serez donc maintenant maudit sur la terre qui a ouvert sa bouche, et qui a reçu le sang de votre frère, lorsque votre main l’a répandu.
Quand vous l’aurez cultivée, elle ne vous rendra point son fruit. Vous serez fugitif et vagabond sur la terre.
Caïn répondit au Seigneur : Mon iniquité est trop grande pour pouvoir en obtenir le pardon.
Vous me chassez aujourd’hui de dessus la terre, et j’irai me cacher de devant votre face. Je serai fugitif et vagabond sur la terre. Quiconque donc me trouvera, me tuera.
Le Seigneur lui répondit : Non, cela ne sera pas ; mais quiconque tuera Caïn, en sera puni très-sévèrement. Et le Seigneur mit un signe sur Caïn, afin que ceux qui le trouveraient, ne le tuassent point.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un signe. On ignore en quoi il consistait.
Caïn s’étant retiré de devant la face du Seigneur, fut vagabond sur la terre, et il habita vers la région orientale d’Eden.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le pays… Le texte original appelle ce pays la terre de Nod, mais la situation en est inconnue.
Et ayant connu sa femme, elle conçut et enfanta Hénoch. Il bâtit ensuite une ville qu’il appela Hénoch, du nom de son fils.
Hénoch engendra Irad, Irad engendra Maviaël, Maviaël engendra Mathusaël, et Mathuaaël engendra Lamech,
qui eut deux femmes, dont l’une s’appelait Ada, et l’autre Sella.
Ada enfanta Jabel, qui fut père de ceux qui demeurent dans des tentes, et des pasteurs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Abel paissait aussi ses troupeaux (verset 2) ; mais Jabel fut le premier qui fit profession particulière de conduire des troupeaux.
Son frère s’appelait Jubal ; et il fut le père de ceux qui jouent de la harpe et de l’orgue.
Sella enfanta aussi Tubalcaïn, qui eut l’art de travailler avec le marteau, et qui fut habile en toutes sortes d’ouvrages d’airain et de fer. Noéma était la sœur de Tubalcaïn.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toutes sortes d’ouvrages d’airain et de fer. Conformément à ce qui est dit ici, l’archéologie nous montre en Asie le berceau des arts métallurgiques.
Or Lamech dit à ses femmes Ada et Sella : Femmes de Lamech, entendez ma voix, écoutez ce que je vais dire : J’ai tué un homme l’ayant blessé : j’ai assassiné un jeune homme d’un coup que je lui ai donné.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le pronom personnel étant susceptible en hébreu du sens passif aussi bien que du sens actif, ma blessure, ma meurtrissure peuvent signifier indistinctement la blessure, la meurtrissure que j’ai faite ou que j’ai reçue.
On vengera sept fois la mort de Caïn, et celle de Lamech septante fois sept fois.
Adam connut encore sa femme, et elle enfanta un fils qu’elle appela Seth, c’est-à-dire, substitué, en disant : Le Seigneur m’a donné un autre fils au lieu d’Abel que Caïn a tué.
Il naquit aussi un fils à Seth, qu’il appela Enos. Celui-là commença d’invoquer le nom du Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le nom d’Abel, qui s’est conservé en assyrien sous la forme habal, signifie fils.