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Genèse 23
SARA avant vécu cent vingt-sept ans,
mourut en la ville d’Arbée, qui est la même qu’Hébron, au pays de Chanaan. Abraham la pleura, et en fit le deuil.
Et s’étant levé, après s’être acquitté de ce devoir qu’on rend aux morts, il vint parler aux enfants de Heth, et il leur dit :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les fils de Heth ; les Héthéens, descendants de Heth, fils de Chanaan. Comparer à Genèse, 10, 15.
Je suis parmi vous comme un étranger et un voyageur, donnez-moi droit de sépulture au milieu de vous, afin que j’enterre la personne qui m’est morte.
Les enfants de Heth lui répondirent :
Seigneur, écoutez-nous : Vous êtes parmi nous comme un grand prince ; enterrez dans nos plus beaux sépulcres la personne qui vous est morte. Nul d’entre nous ne pourra vous empêcher de mettre dans son tombeau la personne qui vous est morte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un prince de Dieu ; c’est-à-dire envoyé de Dieu, ou peut-être mieux, un très grand prince ; car, dans l’Ecriture, le mot Dieu est très souvent employé pour exprimer le superlatif le plus élevé.
Abraham s’étant levé adora les peuples de ce pays-là, qui étaient les enfants de Heth ;
et il leur dit : Si vous trouvez bon que j’enterre la personne qui m’est morte, écoutez-moi, et intercédez pour moi envers Ephron, fils de Séor,
afin qu’il me donne sa caverne double, qu’il a à l’extrémité de son champ ; qu’il me la cède devant vous pour le prix qu’elle vaut, et qu’ainsi elle soit à moi pour en faire un sépulcre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La caverne double. Cette caverne s’appelle en hébreu Makpelah. La caverne de Makpelah a été décrite par le voyageur juif Benjamin de Tudèle qui l’a visitée au XIIe siècle. On entre dans une première grotte où l’on ne remarque rien. On descend ensuite dans une seconde qui est également vide. On pénètre enfin dans une troisième où se trouvent six tombeaux qui, d’après les inscriptions, seraient ceux d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, de Sara, de Rébecca et de Lia. Benjamin vit là aussi un grand nombre de tonneaux remplis d’ossements d’anciens Israélites qu’on y avait transportés par dévotion.
Or Ephron demeurait au milieu des enfants de Heth ; et il répondit à Abraham devant tous ceux qui s’assemblaient à la porte de la ville, et lui dit :
Non, mon seigneur, cela ne sera pas ainsi ; mais écoutez plutôt ce que je vais vous dire : Je vous donne le champ et la caverne qui y est, en présence des enfants de mon peuple : enterrez-y celle qui vous est morte.
Abraham fit une profonde révérence devant le peuple du pays,
et il dit à Ephron au milieu de tous : Ecoutez-moi, je vous prie : Je vous donnerai l’argent que vaut le champ ; recevez-le, et j’y enterrerai ensuite celle qui m’est morte.
Ephron lui répondit :
Mon seigneur, écoutez-moi : La terre que vous me demandez vaut quatre cents sicles d’argent. C’est son prix entre vous et moi : mais qu’est-ce que cela ? Enterrez celle qui vous est morte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le sicle d’argent pur valait environ 1 franc 60 centimes (en 1 900 ?).
Ce qu’Abraham ayant entendu, il fit peser en présence des enfants de Heth l’argent qu’Ephron lui avait demandé, c’est-à-dire, quatre cents sicles d’argent en bonne monnaie, et reçue de tout le monde.
Ainsi le champ qui avait été autrefois à Ephron, dans lequel il y avait une caverne double qui regarde Mambré, fut livré à Abraham, tant le champ que la caverne, avec tous les arbres qui étaient autour,
et lui fut assuré comme un bien qui lui devint propre, en présence des enfants de Heth, et de tous ceux qui entraient dans l’assemblée à la porte de la ville.
Abraham enterra donc sa femme Sara dans la caverne double du champ qui regarde Mambré, où est la ville d’Hébron au pays de Chanaan.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 35, 27.
Et le champ avec la caverne qui y était, fut livré en cette manière, et assuré à Abraham par les enfants de Heth, afin qu’il le possedât comme un sépulcre qui lui appartenait légitimement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Arbée, Hébron. Voir Genèse, 13, 18.