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Genèse 15

APRÈS cela le Seigneur parla à Abram dans une vision, et lui dit : Ne craignez point, Abram ; je suis votre protecteur, et votre récompense infiniment grande.

Abram lui répondit : Seigneur, mon Dieu ! que me donnerez-vous ? Je mourrai sans enfants ; et ce Damascus est le fils d’Eliézer, intendant de ma maison.

Pour moi, ajouta-t-il, vous ne m’avez point donné d’enfants : ainsi le fils de mon serviteur sera mon héritier.

Le Seigneur lui répondit aussitôt : Celui-là ne sera point votre héritier ; mais vous aurez pour héritier celui qui naîtra de vous.

Et après l’avoir fait sortir, il lui dit : Levez les yeux au ciel, et comptez les étoiles, si vous le pouvez. C’est ainsi, ajouta-t-il, que se multipliera votre race.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 4, 18.

Abram crut à Dieu, et sa foi lui fut imputée à justice.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Romains, 4, 3 ; Galates, 3, 6 ; Jacques, 2, 23.

Dieu lui dit encore : Je suis le Seigneur qui vous ai tiré d’Ur en Chaldée, pour vous donner cette terre, afin que vous la possédiez.

Abram lui répondit : Seigneur, mon Dieu ! comment puis-je connaître que je dois la posséder ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Abraham ne doute pas des promesses divines ; il demande seulement à Dieu de lui faire connaître la manière de les exécuter.

Le Seigneur lui répliqua : Prenez une vache de trois ans, une chèvre de trois ans, et un bélier qui soit aussi de trois ans, avec une tourterelle et une colombe.

Abram prenant donc tous ces animaux les divisa par la moitié, et mit les deux parties qu’il avait coupées vis-à-vis l’une de l’autre ; mais il ne divisa point la tourterelle ni la colombe.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 34, 18.

Or les oiseaux venaient fondre sur ces bêtes mortes, et Abram les en chassait.

Lorsque le soleil se couchait, Abram fut surpris d’un profond sommeil, et il tomba dans un horrible effroi, se trouvant comme tout enveloppé de ténèbres.

Alors il lui fut dit : Sachez dès maintenant que votre postérité demeurera dans une terre étrangère, et qu’elle sera réduite en servitude et accablée de maux, pendant quatre cents ans.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 7, 6. ― Qu’on les réduira ; c’est-à-dire tes descendants ; mot représenté par la postérité.

Mais j’exercerai mes jugements sur le peuple auquel ils seront assujettis, et ils sortiront ensuite de ce pays-là avec de grandes richesses.

Pour vous, vous irez en paix avec vos pères, mourant dans une heureuse vieillesse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tu iras… vers tes pères. La mort, d’après les idées des Hébreux, mettait fin au pèlerinage terrestre ; mourir, c’était retourner à ses pères, se réunir à son peuple. Ces locutions remarquables, qui se lisent dans tous les livres de la Bible hébraïque et surtout dans le Pentateuque, « expriment plus qu’une inhumation ordinaire, dit M. Franz Delitzsch. De même que lorsqu’il est dit que les patriarches meurent rassasié de jours, on indique par là non seulement le dégoût des misères de cette vie, mais aussi les aspirations à une vie meilleure, de même la réunion avec les ancêtres n’est pas seulement la réunion des corps, mais aussi la réunion des personnes. »

Mais vos descendants reviendront en ce pays-ci après la quatrième génération, parce que la mesure des iniquités des Amorrhéens n’est pas encore remplie présentement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des Amorrhéens, peuple chananéen qui, avant la conquête de la Palestine par les Israélites, occupait les montagnes de Juda à l’ouest de la mer Morte, et le royaume de Basan avec celui de Séhon à l’est du Jourdain.

Lors donc que le soleil fut couché, il se forma une obscurité ténébreuse ; il parut un four d’où sortait une grande fumée, et l’on vit une lampe ardente qui passait au travers de ces bêtes divisées.

En ce jour-là, le Seigneur fit alliance avec Abram, en lui disant : Je donnerai ce pays à votre race, depuis le fleuve d’Egypte, jusqu’au grand fleuve d’Euphrate :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 12, 7 ; 13, 15 ; 26, 4 ; Deutéronome, 34, 4 ; 3 Rois, 4, 21 ; 2 Paralipomènes, 9, 26. ― Depuis le fleuve d’Egypte, le torrent qui sépare l’Asie de l’Afrique, l’ouadi el-Arisch. ― Jusqu’au grand fleuve d’Euphrate. L’Euphrate, un des plus grands fleuves de l’Asie occidentale, prend sa source dans l’Arménie, passe à Babylone et se mêle ensuite au Tigre avant de se jeter dans le golfe Persique. Son eau est bourbeuse, mais a un goût agréable, quand elle est purifiée. L’Euphrate est souvent appelé simplement dans l’Ecriture « le grand fleuve, » sans l’addition du nom propre.

tout ce que possèdent les Cinéens, les Cénézéens, les Cedmonéens,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Cinéens, tribu qui habitait au sud-est de Chanaan. Du temps de Saül, ils étaient mêlés aux Amalécites. D’autres vivaient en nomades au nord de la Palestine, à l’époque des Juges. Quelques-uns habitaient dans des villes.

les Héthéens, les Phérézéens, les Raphaïtes,

les Amorrhéens, les Chananéens, les Gergéséens et les Jébuséens.